lundi 15 juin 2026
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La Biac, un départ en beauté 

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BIAC Ouverture à la Friche © Pierre Gondard

C’est toujours un bonheur de constater combien le cirque remporte les suffrages, toutes générations confondues, avec une fréquentation record à chaque ouverture de la Biennale internationale des arts du cirque : près de 15 000 personnes ont bravé le froid polaire pour assister aux propositions gratuites sélectionnées par Archaos. Parmi les temps forts du week-end, la performance de Tatiana Mosio-Bongonga, une habituée du festival. Toujours des riffs noisy pour accompagner sa traversée sur un fil sonorisé, et quelques nouveautés – arpenter le fil en binôme, ou encore… la tête en bas. Autant de figures mettant en relief la spécialité de la compagnie Basinga : faire de l’ascension du funambule une prouesse participative, requérant la force motrice du public – l’action se voyant en temps réel sur la tension du fil, et donc l’élévation de l’acrobate ! Samedi, le mistral et les étourneaux étaient de la partie, créant de ces images éphémères à la fulgurante beauté, comme seuls savent le faire les propositions en espace public, à fortiori en hauteur. Autre complice de la BIAC, la Franco-Brésilienne Alice Rende livrait son irrésistible Passages – contorsions dans un tube de plexiglas géant – dans un nouvel écrin adapté : sous le dôme du GMEM. 

Poésie bruitiste 

Édition après édition, la Biac se fait aussi tête chercheuse, célébrant des esthétiques très différentes. Ôde à l’authenticité et à la sobriété, les acrobaties sur chaises de la Cie Allégorie reflétaient l’alchimie discrète et facétieuse régnant entre ses trois membres : deux acrobates et une chanteuse. Une parfaite maîtrise de la montée en tension, faisant frissonner de concert les premiers rangs ! Plus tard dans l’après-midi, l’acte avant-gardiste de Club optimiste se réservait aux plus âgés. Un « élan de musique et d’acrobatie, entre transe et performance exutoire » revendiquée par sa créatrice Fanny Alvarez. FEU : comme une décharge électrisante, une expérience radicale et bruitiste mettant parfois les nerfs à rude épreuve – les bouchons d’oreille n’étant pas superflus –, et réussissant son pari : célébrer l’ambivalence du feu, à la fois festif et menaçant, chaleureux et brûlant, rassembleur et clivant… Une manière encore inédite d’exploiter la verticalité minérale de la cour Jobin, suspendant sans distinction acrobate comme grosse caisse à l’imposant porte à faux de la Tour Panorama ! Quant aux acrobates de la Cie Rhizome, explorant un agrès inédit avec la nouvelle création Rouge Merveille, on les retrouvera dès le 9 février sur une monumentale spire haute de 6m, lors du final dominical Au bout la mer sur la Canebière. 

JULIE BORDENAVE

Quel cirque ! jouait les 11 et 12 janvier en ouverture de la Biac à la Friche Belle de Mai, Marseille.  

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La Mélodie du bonheur

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© Ars Lyrica

Génération après génération, on ne se lasse pas de cette comédie musicale créée à Broadway en 1959 par Richard Rodgers et immortalisée au cinéma par Julie Andrews. C’est l’histoire pleine d’espoir de Maria envoyée par son couvent comme gouvernante dans la famille du capitaine Von Trapp à la veille de la Seconde Guerre mondiale et alors que le nazisme s’empare de l’Autriche. À l’inverse de l’éducation rigide du père veuf, Maria prône les joies du chant et de la musique et va permettre à la famille de fuir dans la poésie la montée de l’État totalitaire. 35 chanteurs et musiciens se produisent sur scène dans une version moderne proposée par Ars Lyrica en prise avec l’actualité. On y retrouvera des chansons éternelles comme Do, ré, mi à entonner en famille.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Du 16 au 18 janvier 
Grand théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Le Village des sourds

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LE VILLAGE DES SOURDS 2023 © Emilie Brouchon

Créé en 2023 devant un public entendant et malentendant, Le Village des sourds célèbre le pouvoir des mots, qui permettent de faire face à l’ignorance tout en s’ouvrant au monde. Sur un texte de Léonore Confino, mis en scène par Catherine Schaub et interprété par Jérôme Kircher et Ariana-Suelen Rivoire, l’action se déroule à Okionuk, petit village polaire. Mais son existence paisible va être ébranlée par l’arrivée d’un marchand inquiétant, vendant des objets terriblement désirables contre des mots. Achat après achat, les habitants se dépossèdent de leur langue tandis que le marchand étend son emprise sur eux… L’histoire est racontée par Youma, une adolescente sourde, la seule avec son interprète Gurven à avoir conservé une langue secrète – la langue des signes. 

MARC VOIRY

Du 15 au 18 janvier
Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

L’amante anglaise

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L'Amante Anglaise, Sandrine Bonnaire © Pierre Grosbois

Inspiré par un fait divers survenu en 1949 à Savigny-sur-Orge qui passionna Marguerite Duras, L’amante anglaise met en scène les interrogatoires de Pierre et Claire Lannes, après le meurtre sanglant d’une cousine sourde-muette hébergée par le couple. L’épouse assume avoir assassiné sa parente, mais demeure incapable d’expliquer son geste, et son mari cherche à la faire passer pour folle. Ce dispositif de l’interrogatoire place la parole et ses silences comme seul point de focal de la narration, ce que cherche à magnifier Jacques Osinski dans sa mise en scène en proposant une scénographie épurée, au plus proche du public, avec Sandrine Bonnaire dans le rôle de la tueuse. 

CHLOÉ MACAIRE

16 et 17 janvier 
Le Liberté, scène nationale de Toulon

Pourquoi un arbre est une poule ?

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© Pierre Planchenault

C’est encore un cran au dessus de l’éternelle question sur « l’oeuf ou la poule ». Un arbre n’est pas une poule, c’est évident, et pourtant pouvoir décrire ce qui n’existe pas fait partie des joies du langage humain. Le chorégraphe Marc Lacourt et l’illustratrice Delphine Perret s’autorisent – et donc autorisent autrui – à suspendre la rationalité le temps d’une représentation. Et d’autres règles aussi : avec eux, on peut dessiner par terre ou sur les murs, ce qui ne manquera pas de ravir les enfants de 4 à 7 ans auquel ce spectacle est destiné. « Parce que le monde est un grand théâtre que l’on apprend très tôt à regarder et à ordonner, amusons-nous à construire d’autres mondes. » Mais oui !

GAËLLE CLOAREC

15 et 18 janvier
Théâtre Massalia, Marseille

L’art peut-il changer le monde ?

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Le 4e Mur (C) Le Pacte

Le « quatrième mur » au théâtre ou au cinéma, est le mur imaginaire qui sépare le lieu de la fiction, l’illusion, de la salle, le lieu du réel. C’est aussi le titre d’un roman de Sorj Chalandon, prix Goncourt des lycéens 2013, que vient d’adapter David Oelhoffen. Un livre dense dont il va mettre en scène la deuxième partie, qui pour lui pose la question essentielle du pouvoir de transformation de l’art : comment un projet artistique peut-il réellement changer la réalité ?

Samuel Akounis rêvait de monter Antigone d’Anouilh sur la ligne verte à Beyrouth, en faisant jouer des acteurs de toutes les communautés. Tombé malade, il fait jurer à Georges (Laurent Laffite) son ami, de prendre la suite, de rassembler les acteurs et de monter la pièce. En 1982 Georges part donc au Liban. Le choc est brutal pour lui qui ne connait ni le Liban, ni la guerre. Il parcourt la ville en compagnie de Marwan (Simon Abkarian) son guide, peu convaincu par le projet : « C’est plus pour vous donner bonne conscience que pour régler nos problèmes ! »En effet, n’est-ce pas naïf, voire indécent, de penser que le temps d’une représentation théâtrale, les tensions vont s’apaiser alors que le fracas de la guerre est partout, que les gens manquent de tout.

Mais Georges a fait une promesse, il ne croit plus à la politique, il veut essayer de transformer le monde par l’art. En créant un microcosme utopique : pour lui, le théâtre se fait résistance en faisant cohabiter des acteurs des différents clans en conflit : Charbel (Pio Chahine), chiite maronite, sera Créon, Imane la sunnite (Manal Issa) sera Antigone, le jeune druze, Nakad (Tarek Yaakoub) sera son fiancé Hémon, Khadija la chiite (Kitham Al Lahham) Eurydice… Chacun doit laisser sa religion au vestiaire !

L’Antigone d’Anouilh qui avait été jouée pour la première fois en 1944 en pleine occupation et collaboration, ne représente-t-elle pas la résistance ? Néanmoins, la guerre est là, partout, et le cinéaste a décidé de nous la montrer dans toute son horreur aussi bien dans le théâtre où ils se retrouvent pour répéter que dans les camps de Sabra et Chatila : « La guerre est une chose abominable et mon objectif était de la filmer comme quelque chose de terrible, la rendre insupportable aussi bien moralement que visuellement. » La mise en scène est soignée : le travail du directeur de la photo Guillaume Deffontaines est remarquable, ainsi que le travail de l’ingénieur du son, Pierre Mertens.

Quant aux acteurs, ils sont étonnants de justesse, en particulier Laurent Laffite qui incarne Georges, ce metteur en scène, toujours entre le théâtre et le réel, entre l’illusion politique et le tragique de la guerre, qui veut y croire jusqu’au bout, malgré tout. Les scènes de répétition, plus légères, plus joyeuses, dans ce théâtre à moitié détruit pouvaient donner l’espoir que l’art pouvait changer le monde… Tout comme ce film tourné en 2022, deux ans après l’explosion du port de Beyrouth, deux ans avant le déclenchement de la guerre ! « L’art, c’est des défaites magnifiques ! » On en sort bouleversé…

ANNIE GAVA

Le Quatrième mur, de David Oelhoffen
En salles le 15 janvier

Women in Troy 

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Women of troy© Sanne Peper

Cette création du metteur en scène et dramaturge portugais Tiago Rodrigues – pour le collectif néerlandais Dood Paard – revisite le mythe de la guerre de Troie à travers le prisme des femmes, et plus particulièrement celui des mères. Cette version de l’histoire ne provient pas des héros classiques de la mythologie grecque, mais de voix souvent ignorées : les femmes et les mères, qui portent un regard intime et intergénérationnel sur les souffrances, les pertes et les conflits. Sur scène, les comédien·ne·s confectionnent un immense couvre-lit au crochet tout en dialoguant avec leurs propres mères. Les figures d’Hélène, Hécube, Cassandre et Andromaque prennent vie, et offrent une perspective féministe sur l’Histoire en interrogeant la marginalisation des voix féminines dans les récits de guerre.

CÉLIANE PERES-PAGÈS

14 et 15 janvier
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Une peur de loup ? 

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© L.B.-F.

Pour sa création annuelle, le Badaboum a laissé carte blanche à la metteuse en scène Sandra Trambouze, connue aussi pour ses rôles dans le théâtre jeunesse. Elle y a présenté L’enfant qui n’avait pas peur des loups mais très peur de grandir, un spectacle à cheval entre chorégraphie, musique et comédie, où elle s’inspire des contes de son enfance, comme de ses propres peurs.

Sur scène, un drap d’hôpital, et une pancarte « J’ai PAS peur ». À côté, quelques mouchoirs en tissu et une maison en carton décorent la scène. Perché dans son enclos, le mouton (Éric Bernard) accompagne le spectacle de bruitages (de cris, de souffles, de notes de musique) pour animer les scènes du spectacle. Et puis un loup (Jean-Marc Fillet), mais à contre-emploi de nos récits d’enfance : c’est ce dernier qui sauvera la petite fille (Jeanne Peltier Lanovsky) de sa peur de grandir.

Normaliser la peur

Sandra Trambouze réinterroge la peur – sujet classique de la création jeunesse –qu’il s’agit ici d’avouer : il faut « accepter d’enlever son masque pour oser montrer sa fragilité »,explique la metteuse en scène. Une réflexion que l’on retrouve aussi dans la chanson donnée au cœur du spectacle intitulée La force d’être soi. Puisque accepter sa peur, c’est s’accepter soi-même. Message reçu par les enfants… qui n’ont pas eu si peur !

LILLI BERTON-FOUCHET

Le spectaclea été donné du 30 novembre au 21 décembre. 

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Trente-cinq ans de Badaboum

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Le Badaboum © L.B.-F.

Le Badaboum s’est construit avec peu de financements publics, sous l’impulsion de Laurence Janner, fondatrice et directrice des lieux jusqu’en 2019, aujourd’hui présidente de l’association. C’est Anne-Claude Goustiaux, comédienne et metteuse en scène, qui a repris la direction, dans un esprit de fidélité et d’innovation, animée par la conviction du théâtre populaire. Entretien

Zébuline. Combien de spectacles présentez-vous aux enfants ? 

Anne-Claude Goustiaux. Nous avons cette année 19 spectacles à l’affiche dans notre salle, avec toujours une création maison en décembre, et des productions dans lesquelles nous nous investissons à hauteur de nos moyens. Nous accueillons les spectacles dans des conditions difficiles, que je regrette : notre salle est petite et les compagnies sont à la recette, avec un minimum garanti. C’est difficile de dire aux artistes « venez partager notre misère », mais depuis que nous avons la salle de résidence nous leur offrons au moins un espace de répétition, qui permet des créations et un répertoire plus varié.

Votre offre pour les enfants ne s’en tient pas aux spectacles…

Non, pendant les vacances scolaires nous avons des stages, deux de théâtre et deux de cirque chaque semaine, et durant l’année des cours réguliers pour tous les niveaux. En juin dernier nous avons eu 30 spectacles de fin d’année, à raison d’une douzaine d’enfants par ateliers. On a une équipe de profs formidables, des garçons d’ailleurs, ce qui est bien pour un théâtre qu’on dit maternel ! Ce sont des profs qui sont aussi comédiens, avec un vrai plaisir et désir d’enseigner le théâtre et le cirque. 

Vous avez aussi des activités à l’extérieur…

Oui, nous jouons nos spectacles dans les écoles maternelles et primaires, les centres sociaux. On a plus d’une centaine de représentations, que l’on vend à prix coutant, à partir de 700 euros… les écoles ne sont pas riches ! On fait aussi des stages dans les écoles. Et on a quelques projets nouveaux auxquels je tiens beaucoup. D’abord l’atelier, que je mène avec le collège Renoir et sa classe de NSA, des enfants « non scolarisés antérieurement ». Cela fait trois ans  que nous intervenons dans ces classes, et qu’ils viennent au théâtre. Ils ont de 12 à 17 ans, ce sont « Nos  Spectateurs Associés », une autre façon de décliner le sigle. On fait des bouts de spectacles avec eux, et c’est toujours miraculeux… J’ai aussi mon atelier d’écriture pour grands-parents, des grands-mères en fait, une quinzaine, il n’y a que des femmes. Elles écrivent avec des auteurs et lisent dans les écoles, et là aussi le rapport de génération est miraculeux. 

Cette année on travaille aussi avec le Festival de Marseille pour la Manifête, une manifestation des enfants. On va dans les écoles, on cherche des slogans pour leurs banderoles et leurs revendications d’enfants dans la ville. 

Qu’est-ce que cela signifie pour vous, faire du théâtre pour enfants ?

Du théâtre avec les enfants, pas pour ! Je ne suis pas là pour former les citoyens de demain mais pour vivre des moments précieux avec les enfants. Jouer face aux enfants, c’est un thermomètre, quand ils s’ennuient, quand ils gigotent, c’est que le spectacle flotte. On fait des spectacles pour leur apporter de la joie, au présent. 

ENTRETIEN REALISE PAR AGNES FRESCHEL

Contes pour tous 
Pour les fêtes le Badaboum a offert aux tout petits, à partir de 6 mois, un joli duo dansé de la compagnie Zita la Nuit, experte pour attraper l’attention, brève mais intense, des bébés fascinés par un bruit de papier, une chanson, un bras qui danse, un livre qui s’ouvre... Au fil des livres est un des rares spectacles qui tourne dans les crèches.
Pour les plus grands, à partir de 5 ans, un classique du Badaboum, mis en scène par Laurence Janner : Tabagnino le petit bossu déjoue les ogres et les rois sur un rythme enjoué, un décor tournant plein de surprises, et trois comédiens formidables. Jusqu’au 11 janvier. A.F.

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Les Chroniqu’Heureuses : Wilko et les minots

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Wilko répond aux questions des jeunes de l’association Because U Art © X-DR

 Les chroniqu’Heureuses. Comment avez-vous commencé le rap ? 

Wilko. J’ai commencé vers quinze ans. J’ai grandi dans la musique, mon frère et mon père en faisaient. J’aimais le fait qu’on puisse exprimer des choses par la musique, et comme je ne jouais pas d’instrument et que je ne savais pas chanter, j’ai choisi le rap ! On a commencé ensemble, avec des amis, on avait des choses à dire. 

Quelle a été votre première expérience sur scène ? 

Au Centre culturel René Char [à Digne-les-Bains, ndlr], je faisais la première partie de mon frère Andy, j’étais avec mon premier groupe, Deuxième Ligne, j’avais seize ans. C’était incroyable, c’est la première fois où je me suis senti pousser des ailes. 

Quand et comment avez-vous appris à faire de la musique électronique ? 

J’ai tout de suite voulu faire mes instrus moi-même. J’ai fait des ateliers de MAO [Musique Assistée par Ordinateur, ndlr] dans une MJC près de là où j’ai grandi. Mon professeur venait de l’électro, il m’a donc appris comment en faire. 

Que ressentez-vous devant le public, en concert ?

C’est une sensation unique. Le public te met toujours un peu sur un pied d’estale, tu sens que tu peux maîtriser ton show, mener les gens dans ton univers, leur demander des choses comme crier ou se taire. C’est excitant et stressant à la fois. Généralement, cinq minutes avant, on n’a pas du tout envie ! Et une fois dedans, on ne veut pas que ça s’arrête. C’est une des meilleures sensations qui soit. 

Pourquoi avez-vous arrêté de faire de la musique avec votre frère Andy, alias N’dy ? 

Andy a décidé d’arrêter et moi de continuer seul. On avait fait le tour de ce qu’on faisait avant et on n’était plus animés par la même chose. J’aimais bien l’idée d’explorer mon univers en solo, mais cela n’a rien changé à nos rapports. 

Comment décririez-vous votre projet solo ? 

C’est de l’électro rap aux influences UK, drum’n’bass, techno… Sur les textes, on va dire que c’est basé sur mes émotions, sur la nostalgie. C’est un méli-mélo de sentiments. 

En effet, le clip du titre VHS est sombre et le texte nostalgique. Pourquoi toute cette tristesse ? 

Ce n’est pas que de la tristesse, même s’il y a beaucoup de nostalgie. C’est un regard sur le passé, plutôt bienveillant, qui mélange mes relations amicales et amoureuses. 

Pourquoi avoir choisi une pochette d’album en noir et blanc, avec des personnages effrayants autour de vous ? 

Les personnages sont mes démons. Ils représentent tout ce que je peux penser, tout ce qui me touche, me hante. J’aimais le noir et blanc pour aller avec cette image.

Pourquoi aimez-vous parler de votre mélancolie ?

Ce sont des choses qui me remplissent, les écrire et les chanter me permet de les libérer et de ne pas les garder en moi. C’est comme écrire ses ressentis pour qu’ils te hantent moins. J’évacue. 

Quels sont vos projets dans les mois à venir ? 

Je travaille sur un autre EP 4 titres que j’aimerais sortir en mai, puis travailler le live pour faire des concerts. 

Les Chroniqu’heureuses :  Khadija, Iza, Yamina, Ala, Himda et Ibrahim. 

PROPOS RECUEILLIS PAR LUCIE PONTHIEUX BERTRAM


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