mercredi 1 juillet 2026
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Together 

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Together © Simon Gosselin

Dennis Kelly, scénariste à succès et dramaturge anglais, excelle à écrire des dialogues incisifs, qui recèlent aussi des décrochages, des soliloques adressés au public. Together place un couple dans une situation de vaudeville : un couple, elle travaillant dans une ONG, lui cadre ultralibéral, se confrontent, en plein confinement, à leurs différences, frustrations et mensonges accumulés. Que leur reste-il en commun ?  Le duo Emmanuel Bercot et Thomas Blanchard est mis en scène par Mélanie Leray : deux comédiens de haut vol qui parlent du couple contemporain dans une forme pas si traditionnelle.

AGNÈS FRESCHEL

13 et 14 décembre
Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

Les quatre saisons 

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Résidence de création cirque de la Cie AKOREACRO © X-DR

Formée à l’école des cabarets allemands, la compagnie Akoreacro cultive un cirque virevoltant, dans lequel acrobaties au cordeau, musique live et panache du collectif se taillent la part du lion. Après Dans Ton Cœur et Arrêt d’Urgence accueillis les saisons passées, les artistes reviennent au Pôle y peaufiner leur nouvelle création : Les quatre saisons, une digression sur le temps et l’amour, la vie et la mort, autour de la notion de cycle et de boucle. Avec espièglerie toujours, la scénographie astucieuse prévoit de jouer sur le mouvement perpétuel, la confusion et le trouble des sens. À l’issue de trois semaines de résidence, une étape de travail de vingt minutes sera présentée sous chapiteau.

JULIE BORDENAVE

12 décembre
Espace chapiteaux de la mer, La Seyne-sur-Mer

Cabaret Nono

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Cabaret Nono © Jean-François Galeron

Repas-spectacle de fin d’année emblématique du Théâtre des Calanques, le Cabaret Nono se ré-invente à chaque édition, mais avec des constantes : un dîner gastronomique de 2h30, arrosé de vins et de champagne (80 €), des convives attablés au centre d’un chapiteau de bois sous un lustre de 3500 glaçons, encerclés par une piste de cirque surélevée. Et un spectacle de cabaret qui propose déclamations, tubes musicaux revisités avec fantaisie (tarif solidaire, de 1 à 40€). Cette année, le tout est annoncé sous l’influence des peintres du début du siècle, et celle d’un « théâtre populaire hautement stylé ». Et la volonté affichée par Serge Noyelle et la vingtaine de membres de sa tribu NoNo d’associer fantaisie, jubilation et incorrection.

MARC VOIRY

Les 13 et 14 décembre
Théâtre des Calanques, Marseille

Bob et moi

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Alexandre Virapin © Loewen Photographies

Bob Marley est né en Jamaïque, où il est aussi mort en 1981 à l’âge de 36 ans. Alexandre Virapin est né en 1991, en banlieue parisienne, à Clamart. Membre fondateur du Collectif Bajour, associé au Théâtre Public de Montreuil, il raconte dans ce premier seul en scène, Bob et moi, créé en 2019, accompagné à l’écriture et à la mise en scène par Jules Meary, sa découverte de Bob Marley à l’âge de 11 ans. Muni de sa guitare, il décrit l’itinéraire d’un fan, et propose un voyage captivant de Kingston à Miami, via l’Europe et l’Afrique. Une plongée dans l’univers musical de Bob Marley, dans le reggae qui est bien plus qu’une musique, dans le mouvement rastafari et ses messages pacifiques, mais aussi dans la Jamaïque des misères et des violences fratricides.

MARC VOIRY

13 décembre
Forum de Berre

Le Liban au Bois de l’Aune

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Mayssa Jallad © Alex Davidson

En partenariat avec la Biennale d’Aix, le Bois de l’Aune propose ces 13 et 16 décembre deux rendez-vous dédiés au Liban, avec un concert et un spectacle. Le concert est celui de la chanteuse Mayssa Jallad (le 13), accompagnée de Julia Sabra (guitare et claviers) et de Pascal Semerdjian (batterie). Ils joueront les morceaux de l’album Marjaa: La bataille des hôtels, sorti en 2023, né des deux vocations de la chanteuse/compositrice libanaise : la musique et l’architecture. Des chansons imprégnées de contestation sociale, qui mêlent musiques savante et populaire, accompagnées de projections vidéo, autour des combats qui ont eu lieu dans le centre-ville de Beyrouth pendant la guerre civile, qui ont mené à l’établissement de la ligne de démarcation de 1975 à 1990, qui a coupé la ville en deux. 

Le 16 décembre c’est le spectacle baTEAU qui sera sur la scène du Bois de l’Aune : l’histoire d’un projet artistique entre Marielise Aad, artiste-clown libanaise et Paul Pascot, acteur et metteur en scène de la compagnie Bon-qu’à-ça, avec Omar, Dima et Hussein, trois jeunes artistes syriens, réfugiés au camp de Chatila, à Beyrouth. Clown, danseur, marionnettiste, dessinateur, et photographe, des pratiques artistiques qu’ils cultivent envers et contre tout. Paul Pascot est allé à Chatila pour travailler avec eux, suite au refus administratif de leur venue à Aix-en-Provence. Un spectacle pour « essayer de recoller les morceaux de ce que la guerre éclate », et où on « parle de monter de plus en plus haut pour voir les oiseaux prendre le large ».

MARC VOIRY

13 et 16 décembre
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Travelling(s) : Dans les voyages de Sharon Tulloch

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Sharon Tulloch en pleine lecture sauvage à l’occasion de la manifestation contre l’habitat indigne le 3 novembre 2024 à Marseille © X-DR

« Depuis que cette histoire m’est arrivée, il se passe des surprises toutes les semaines ». L’histoire, c’est celle qu’a commencée Sharon Tulloch le 6 mars 2019, quand on lui a demandé de rassembler ses affaires en deux heures et de quitter son logement mis en péril. Les « surprises », c’est toutes les embûches et les joies que l’illustratrice a connues depuis ce chamboule-tout dans sa vie : la petite chambre d’hôtel, les logements provisoires, mais aussi son livre intitulé Un voyage accidentel paru en janvier 2024, puis une lecture musicale, et aujourd’hui une pièce de théâtre.

Ce vendredi 6 décembre – jour de son anniversaire – cette marseillaise d’origine jamaïco-britannique est en plein préparatifs pour sa résidence qui commence le lendemain : « C’est drôle, je n’ai jamais été aussi busy de ma life». Pendant une semaine, elle va monter la pièce Travelling(s), qu’elle présentera vendredi 13 décembre à la Distillerie d’Aubagne, bien aidée par son « groupe de badass ». 

« Plein de choses à voir »

Dans ce groupe, il y a notamment Déborah Nambodokana, son amie – « il faut bien la mentionner » –, avec qui elle a cofondé la compagnie Déraciné, à l’initiative de cette pièce. Emmanuel Reymond également, à la contrebasse et à la composition musicale, déjà présent avec elle pour les lectures musicales présentées ces derniers mois. Des figures de la scène contemporaine participent aussi au projet : l’autrice et metteuse en scène Eva Doumbia proposera son regard extérieur, la chorégraphe Adina Secretan aidera à la dramaturgie, et la comédienne Zita Hanrot, sa fille, passera pour l’occasion à la mise en scène : « Là on met vraiment le paquet », tranche-t-elle.

Du contenu de la pièce, elle préfère ménager le suspens : «  ça, il ne faut pas le dire… » Mais elle entend voyager « entre plusieurs histoires de déracinement. Pas forcément liées à la rue d’Aubagne, pas forcément liées au [s]ien. Il y aura aussi des allers retours historiques, sociaux, et politiques ». On y entendra de la musique avec Emmanuel Reymond, des images seront projetées, et Sharon jouera les textes : « Je ne sais pas ce que ça va donner, mais il y aura plein de choses à voir ».

Ce sera en tous cas dans le prolongement du travail qu’elle a commencé en 2019, en crayonnant « sa famille de déracinés » pour un article dans le magazine Marie-Claire. Le premier pas d’un long chemin créatif qui lui a permis de prendre la parole, et la donner aux personnes concernées par ces délogements : « Tout ce qu’on se disait entre nous, je l’ai documenté et archivé ». Alors le passage du livre à la scène était déjà une évidence : « Les mots dans le livre sont écrits pour être lus à haute voix ». 

Après la représentation à la Distillerie d’Aubagne, Sharon espère qu’elle pourra la présenter ailleurs à Marseille : « C’est important que ces choses-là soient entendues ». D’autant plus important que se déroule en ce moment le procès des effondrements de la rue d’Aubagne, que Sharon suit avec attention, et auquel elle assistera dans quelques jours. Un drôle d’écho des planches d’Aubagne jusqu’au prétoire du tribunal correctionnel de Marseille d’ailleurs, mais comme Sharon le dit elle-même : « un voyage ça peut t’emmener… waouh ».

NICOLAS SANTUCCI

Travelling(s)
13 décembre
La Distillerie, Aubagne

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Les archives fêtent l’Opéra

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Expo L’Opéra de Marseille, une première ! (1924-2024) aux Archives Municipales de Marseille © A.-M.T

L’inauguration de l’exposition s’est déroulée le 7 décembre en présence du directeur de l’Opéra Maurice Xiberras, d’Olivier Muth, directeur des archives, d’Isabelle Aillaud, commissaire d’exposition et de Jean-Marc Coppola, adjoint au maire en charge de la culture. Ce dernier s’est d’abord félicité du concert « grandiose » donné à l’Opéra le 3 décembre pour l’anniversaire de l’institution. Celui-ci a dressé un rapide historique du grand théâtre, victime d’un incendie le 13 novembre 1919, à l’issue d’une répétition de L’Africaine de Giacomo Meyerbeer, ne laissant subsister que les structures extérieures. C’est l’histoire de cette reconstruction sous la direction de l’architecte Gaston Castel, que présente la première salle de l’exposition. Celui-ci va imaginer un opéra à l’italienne avec une machinerie située dans les toitures et un aménagement sans piliers centraux afin de ne pas gêner la vision des spectateurs. Le nouvel opéra sera inauguré le 3 décembre 1924 en présence du sénateur-maire socialiste Siméon Flaissières avec une représentation du Sigurd d’Ernest Reyer. 

© A.-M.T.

La deuxième salle est consacrée aux spectacles qui ont marqué la scène comme ceux montées sous la direction de Louis Ducreux dans les années 1960 : programmes, photos dédicacées, tableaux feront le bonheur des passionnés d’art lyrique tout comme les robes somptueuses ayant été portées par certaines divas comme Régina Rizviek dans Carmen en 1962 et dont Bernard Buffet a signé les décors ou ceux de Tannhauser de Wagner de 1971.

Un spectacle idoine

L’après-midi s’est enchaînée avec une représentation de la compagnie de l’Ajmer : Offenser la mort – un théâtre des années folles (Marseille 1919-1929). La troupe de Franck Dimech, au mieux de sa forme dans un spectacle drôle, loufoque et poignant, retrace les samedis soirs d’un cabaret durant les années qui ont suivi la première guerre mondiale. Après la boucherie, le carnage, il s’agit de faire un pied de nez à la mort. Sur cette scène populaire, ubuesque et souvent poétique, on croise Miss Maud, dompteuse de lions et de mâles qui joue de l’accordéon en chantant Mon homme de Mistinguett, Nedjima, liseuse de pensées hallucinée, le pétomane Jacky Norman dans son show le train sifflera quatre fois, Barbette le travesti dépressif. On rit et on pleure devant la splendeur et la misère des bas-fonds du « quartier réservé » sur lequel règnent les nervis tandis que les garçonnes et les dandys investissent la rue Paradis. Sur l’air de Lili Marleen et de Sombre dimanche, on entrevoit que cette ivresse de vie interlope et gouailleuse va bientôt voler en éclats.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

L’Opéra de Marseille, une première ! (1924-2024)
Jusqu’au 26 avril
Archives municipales de Marseille

« La Chanson d’Aïda », douce et amère

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« Un gadjo est en train de me filmer ! » Le gadjo c’est Giovanni Princigalli qui a déjà filmé Aïda, 20 ans auparavant. « En 2001, j’ai fréquenté pendant une année, une famille de Roms roumains très traditionnaliste, patriarcale et marginalisée. Cette famille vivait dans des baraques dans une banlieue de Bari [en Italie… 20 ans après je les retrouve. »

Aïda était alors une adolescente lumineuse, pleine de rêves, souriant à la vie. Amoureuse de Léonardo Di Caprio, elle voulait devenir mannequin. Giovanni Princigalli donne à voir ses yeux pétillants et son sourire. 20 ans plus tard, c’est une femme, fatiguée, comme prisonnière du clan et de Zeus, l’homme à qui ses parents l’ont mariée, de force. Le mariage ressemblait à des funérailles, commente-t-elle. Zeus qui ne l’aimait pas non plus, la maltraite, la trompe, et l’insulte, même par téléphone quand il est loin, entre l’Angleterre et Craiova où il construit la maison. Hors de question qu’elle divorce pour ses parents qui, pourtant, représentés la gauche dans une élection locale – où ils étaient d’ailleurs les premiers roms à s’y présenter. Aïda, de plus en plus dépressive, enfermée dans cette vie, dans son manque d’amour, fait un troisième enfant pour « retrouver l’envie de vivre »

La chanson d’Aïda qui oscille entre passé et présent, entre lumière et ombre, non seulement nous plonge en immersion, dans le camp de Roms, sans cesse nettoyé, balayé, rangé, par les femmes de la communauté qui assument bien des tâches, mais aussi dans l’intimité de ceux et celles qui y vivaient déjà 20 ans auparavant. Ils sont toujours là. Le père d’Aïda, le chef du camp dont il se sent responsable, toujours amoureux de sa femme. Pour elle, Ligia, qui n’a pas eu le choix de son mari, tout comme sa fille, l’important est d’être sincère l’un envers l’autre. Une mère qui confie à sa fille qu’elle aussi a eu une dépression : une belle séquence de complicité tendre. Le regard de Giovanni Princigalli sur ses protagonistes toujours bienveillant et incisif, ne juge pas et laisse aux spectateurs le choix de plaindre et/ou d’admirer Aida : « Je te jure que je lutte pour mes 3 enfants. Je ne veux pas les voir souffrir comme j’ai souffert. Je veux pouvoir les aider ! »

Habilement tricoté, entre les images de son premier documentaire consacré aux Roms, Japigia Gagi, celles qu’il a tournées en 2021 et quelques séquences d’animation, ponctuées par quelques chansons dont l’entrainante Rumelaj de Faraualla ou la délicieuse Nié bouditié de Bratsch et Lhasa lors de la veillée autour du feu, La chanson d’Aïda est aussi une histoire de lutte. Celle d’un peuple qui, depuis des années, tente d’exister, de se battre contre les préjugés. Un carton à la fin nous rappelle que dans les années 1940, le régime fasciste a bâti sur le territoire italien 23 camps de concentration pour les Roms et qu’entre 500 000 et un million d’entre eux ont été massacrés. « Aujourd’hui encore l’Italie semble être le pays où les sentiments anti-Roms sont les plus généralisés malgré une population rom assez faible »

Giovanni Princigalli a dédié son film, d’une grande humanité, au sociologue et député Franco Cassano, né à Bari et décédé fin 2021, dont il a été l’élève. La Chanson d’Aîda a obtenu le Prix du meilleur documentaire au Salina Doc Fest qu’organise chaque fin d’été Giovanna Taviani et a été presnté dans le cadre du PRIMED.

ANNIE GAVA

Festival Manip ! : la magie nouvelle entre en scène

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HEKA - Gandini Juggling © Camilla Greenwell

« Mettre de l’extra dans son ordinaire, ré-enchanter le présent » c’est avec ses mots que la directrice de La Garance Chloé Tournier et son équipe avait annoncé la création du festival de magie nouvelle Manip ! en décembre 2022. Un projet conçu en lien avec l’artiste complice Thierry Collet, chercheur dans le domaine de la magie, et diplômé du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. La magie, une discipline à la croisée des arts et des sciences, du palpable et de l’impalpable, interrogeant notre rapport au réel. Car souvent, on n’en croit pas ses yeux… Et pourtant ! 

Deux créations

À côté d’ateliers d’initiation à la magie, de « main et machine poétique », et de « magie et mentalisme », et de l’exposition Un étrange ordinaire qui s’intéresse aux objets magiques (jusqu’au 16 février 2025) Manip ! cette année est le lieu de deux créations : Heka de Gandini Juggling (avec la complicité de Yann Frisch) et Croire aux Fauves des Arts Oseurs (avec la complicité d’Étienne Saglio). Heka (11 décembre) est un spectacle alliant jonglage et magie. Fruit de la rencontre des jongleurs de Gandini Juggling, groupe composé de jongleurs virtuoses (ils sont 7 pour ce spectacle) et de Yann Frisch, l’un des membres phares du mouvement Magie nouvelle, illusionniste et circassien, révélé au grand public avec Baltass, numéro mêlant justement illusionnisme et jonglage. Dans Heka (nom du dieu égyptien de la magie) ce sont des tours de « passe-jonglage » : une façon d’aborder la magie en tant que langage chorégraphique où les objets apparaissent et disparaissent, flottent, se multiplient ou changent de couleurs. 

Croire aux Fauves des Arts Oseurs est une adaptation, sous forme de spectacle nocturne en extérieur (14 déc. – à Barbentane – soupe offerte – prévoir de bonnes chaussures, des vêtements chauds, des couvertures ou des plaids…) du texte éponyme de Nastassja Martin, à la croisée de la littérature, de l’anthropologie et du chamanisme. Inspiré de sa rencontre violente avec un ours, qui l’a attaquée aux confins de la Russie, où elle travaillait avec les Évènes, peuple de chasseurs nomades du Kamtchatka. Selon leurs croyances, suite à cette attaque, l’anthropologue est devenue « mi-femme, mi-ours ». À la lumière vacillante de bougies à travers les paysages naturels et les forêts des Alpilles, une comédienne (Florie Guerrero Abras) incarne cette histoire, accompagnée d’un musicien (Renaud Grémillon), la magie intervenant de façon discrète mais troublante, proposant une nouvelle appréhension du monde et de la place de l’humain en interaction avec les autres espèces.

Jongleur du temps

À noter également Tout Rien (à partir de 7 ans – 12 et 13 déc.) de la Cie Modo Grosso, un cirque d’objets proposé par Alexis Rouvre, artiste belge se qualifiant de jongleur du temps, plutôt que de la gravité. Inspiré par une phrase de l’astrophysicien Carlo Rovelli : « Les corps se meuvent naturellement là où le temps passe plus lentement » Avec des chaînettes, des aiguilles et de la laine, des pierres volcaniques, du sable, des aimants et des balanciers, il créé un poème visuel sans paroles, aux variations subtiles, ingénieuses, fascinantes et drôles. (spectacle programmé également à Visan le 14 déc., en partenariat avec le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse).

MARC VOIRY

Manip !
Du 10 au 14 décembre
La Garance, scène nationale de Cavaillon

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Les fronts populaires et Léon Blum

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Léon Blum, une vie héroïque © Vincent Berenger

« La marche de l’histoire est parfois facétieuse. Le contexte donne un parfum particulier à cet événement participatif », confirmait le producteur Philippe Collin, lors de sa présentation au public. Né de l’enregistrement d’un podcast original de France Inter, écrit et raconté par le producteur avec Charles Berling dans le rôle de Léon Blum, le spectacle met en scène la production radio et son ballet de signes (Violaine Ballet) commentée par les dessins effectués en direct par Sébastien Goethals. Après Toulon et Aix, Marseille invite le 14 décembre lecteurs, danseurs et choristes à participer à une expérience, où le public est impliqué activement : dans des discussions avec l’historien Nicolas Rousselier,, lors d’un bal et d’un banquet républicain partagés dans les grandes tablées installées à l’extérieur du théâtre. 

La conception même de l’événement, qui dure de 14 à 23 heures, fait vivre intensément les aspirations démocratiques et populaires, rappelant l’effervescence des « grèves joyeuses » qui ont suivi l’élection de la coalition du Front Populaire de 1936. 

Un peu d’histoire

Léon Blum © X-DR

En cinq temps de récit, entrecoupés par des chants et des bals populaires, est retracée la vie de Léon Blum et tout un panorama de son époque, de la fin du XIXe aux années 1950. On le suit, brillant, lettré, nourri de l’esprit de justice par son éducation, ayant pour modèles les héros de Stendhal, auxquels il sera souvent comparé, ses amitiés, son essai Du mariage… À son Panthéon brille aussi l’étoile de Barrès avec lequel il rompra au moment de l’affaire Dreyfus. C’est alors qu’il prend vraiment conscience de ce qu’est l’injustice. Ce qui compte pour lui c’est la résistance, que ce soit pour Dreyfus ou plus tard dans l’après-Vichy. Sa rencontre avec Jean Jaurès sera déterminante. Homme de l’union et du consensus, il se présente pourtant au congrès de Tours comme le « gardien de la vieille maison », refusant en bloc les 21 mesures de la IIIe Internationale bolchévique, ce qui amène à la scission SFIO (socialiste), SFIC (communiste), alors majoritaire. 

Des parallèles glaçants

Bien sûr, le public est particulièrement attentif à l’élection du Front Populaire : ce gouvernement d’union qui n’a duré qu’un an et a pourtant apporté les congés payés, les 40 heures… plaçant l’État comme arbitre du contrat social. « La réforme est révolutionnaire, la révolution est réformatrice » affirme celui qui scande : « Il y a quelque chose qui ne me manquera jamais c’est la résolution, c’est le courage, c’est la fidélité ». 

Des analogies s’instaurent avec notre temps présent : aujourd’hui, les forces de gauche se rassemblent sous le nom de Nouveau Front Populaire. Mais l’historien précise la différence entre la démocratie présidentielle actuelle, concentrée autour d’un chef suprême et celle parlementaire de 1936 où les assemblées contrôlent l’essentiel du pouvoir législatif et dominent l’action du gouvernement… 

Aux lendemains de la guerre de 39-45, selon Blum, le programme du Conseil national de la Résistance n’allait pas assez loin. C’était pour lui le moment d’installer un socialisme humaniste permettant à chacun d’oser l’aventure d’être soi-même. Quel écho aujourd’hui ? 

MARYVONNE COLOMBANI

Léon Blum, une vie héroïque a été vu le 15 juin au Bois de l’Aune, Aix-en-Provence.
À venir
14 décembre
La Criée, Théâtre national de Marseille

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