lundi 6 juillet 2026
No menu items!
Accueil Blog Page 358

Un dimanche aux Aygalades

0

Pour son édition spéciale Noël, la manifestation concocte un programme hivernal. Outre le marché mensuel de producteurs locaux – légumes, pains, vins et whisky naturels –, le rituel « Mur du fond » y célèbrera sa 50e édition avec l’artiste GPL. Accessible toute la journée dans le jardin de la cascade, le parcours botanique quant à lui sera émaillé de deux propositions ponctuelles : à 10 h, diffusion du dernier volet de la série documentaire radiophonique de la chercheuse bruxelloise Pauline Bacquaert autour de l’accessibilité de l’eau à Marseille – ici, comment se laver en ville à travers les âges ; à 14h30, l’inénarrable Patrice Jouffroy de la compagnie jurassienne Théâtre Group’ exposera ses digressions autour du vin et de ses petits tracas, dans son récent solo M.Patrick.

3 décembre
Cité des Arts de la rue, Marseille 

Semaine Asymétrique

0

La Semaine Asymétrique, créée à Marseille en 2004 par Film flamme au Polygone étoilé, est une rencontre de cinéastes qui partagent avec le public et en public, leurs films et leurs recherches. Pas de sélection (il faut envoyer son film à temps), pas de remises de prix, l’ambition est d’« écouter les films, écouter les réalisateurs·trices et les spectateurs·trices, écouter un cinéma aussi pauvre que riche, que travaille le monde ». Au programme de cette 17e édition, du jeudi 30 novembre au dimanche 3 décembre, outre les films envoyés par les cinéastes : une soirée consacrée à la Palestine (30 novembre), les expérimentations artistiques et politiques des cinéastes marocains de l’école de cinéma de Lodz, et la redécouverte de Lettre à la prison de Marc Scialom hors les murs au Mucem (3 décembre). Entrée libre.

Du 30 novembre au 3 décembre
Polygone étoilé, Marseille

OCCITANIE : La contre-offensive poétique d’Ophélie

0
Institut Ophelie © Jean-Louis Fernandez

Zébuline. Pour quelle raison avez-vous décidé de reprendre Institut Ophélie, pièce que vous avez créée à l’automne 2022 aux 13 Vents ? 

Olivier Saccomano. La vie d’une pièce a plusieurs étapes. Quand les premières représentations ont eu lieu aux 13 vents en octobre 2022, après un long processus de répétitions, étiré par les épidémies, c’était, comme on dit pour les bateaux, la mise à l’eau. À partir de ces premières représentations, un nouveau travail a commencé pour nous, qui s’est poursuivi au fil de la tournée : nous découvrons dans la pièce des recoins inexplorés ou reprenons des zones momentanément laissés en friche. C’est un processus d’apparition, d’enquête. La reprise de la pièce cette saison fait partie de ce processus. Il est important, quand c’est possible, de faire vivre le répertoire : les œuvres et les artistes ont besoin de ce temps de mûrissement et de creusement. Et puis, cette reprise marque à la fois le retour de la pièce sur son lieu de naissance (ou sur le lieu du crime) et le début d’une deuxième saison de tournée. C’est une sorte de seuil symbolique qui est important. 

La pièce a-t-elle beaucoup évolué depuis sa création ? 

Nathalie Garraud. En réalité, le travail ne s’arrête jamais et la pièce vit des métamorphoses successives. On répète tous les après-midis avant de jouer, et dans chaque séance de travail, dans chaque représentation, se jouent des micro-déplacements parce qu’on se met à entendre, à comprendre des choses nouvelles. Alors disons que la structure d’ensemble de la pièce n’a pas changé mais qu’au cœur de son mouvement, des modifications se sont opérées, des gestes se sont précisés ou affirmés, et le mouvement lui-même s’en trouve peut-être approfondi ou amplifié. 

Institut Ophélie a été conçue en diptyque avec Un Hamlet de moins, qu’est-ce que cela dit de votre compréhension du personnage shakespearien d’Ophélie ? 

O. S. C’est d’abord une expérience de théâtre : l’actrice qui jouait Ophélie dans Un Hamlet de moins (Conchita Pas) joue ici une femme qu’on pourrait dire hantée par l’image d’Ophélie, c’est-à-dire par l’image de jeune fille sacrifiée, qui pèse lourdement sur les représentations féminines. Mais notre pièce, de ce point de vue, est une sorte de contre-offensive poétique : Ophélie nous sert de guide pour traverser et subvertir un héritage, et la façon dont il traverse l’histoire, du début du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Le nom d’Ophélie parcourt la pièce, mais ce n’est plus le nom d’un rôle ou d’une personne, c’est le nom d’une lutte féminine avec et contre les images qu’une époque institue. Le trajet de cette femme, qui n’est ni fille ni épouse, n’a rien de sacrificiel. Sa solitude conquise, peuplée de fantômes, de spectres, de figurants de l’histoire, de questions, est une solitude joueuse, violente, souveraine.

Entretien réalisé par ALICE ROLLAND

Institut Ophélie
Les 7, 8, 13, 14, 15, 19 et 20 décembre 
Théâtre des 13 Vents, Montpellier 

OCCITANIE : Retour aux sources plurielles

0
© studio-delestrade

Il reste très peu de ballets attachés à des maisons d’opéras, huit en France si l’on exclut Monaco et Paris. Celui d’Avignon est dirigé depuis 2021 par Emilio Calcagno, ancien danseur et pédagogue du Ballet Preljocaj, et très fin analyste des esthétiques et histoires de la danse et de la musique. 

Il n’est pas simple d’hériter d’un ballet d’opéra sans véritable répertoire, avec 12 danseurs aux techniques de corps classiques, et la mission de danser pour des productions scéniques où les ballets sont de plus en plus rares.  Il fallait cette finesse d’analyse pour emmener doucement le Ballet d’Avignon du répertoire opératique, romantique donc même si on le dit « classique », vers la création contemporaine. Pour cela, depuis son arrivée en 2021, Emilio Calcagno invite des chorégraphes prestigieux tels que Carolyn Carlson, Olivier Dubois, Hervé Kouby ou Leila Ka… et crée lui même des ballets sur mesure pour les corps de ses interprètes.

Au printemps du siècle

D’un matin de printemps, spectacle proposé par la Scène Nationale de Sète après le succès de ses pièces Catania et Isola données la saison dernière, a été créé en octobre à l’Opéra d’Avignon. Emilio Calcagno s’y attache à chorégraphier sa vision de la musique française du début du 20e siècle. Ravel, Debussy, Satie, Fauré et Lili Boulanger offrent une belle unité harmonique dans leurs modalités subtiles, au printemps d’un siècle qui se détachait du romantisme et des lyrismes italiens et allemands. Une musique qui regarde vers le jazz pour Ravel, l’impressionnisme pour Debussy, l’humour pour Satie, la nature pour Lili Boulanger, dont la pièce D’un matin de printemps donne son titre au spectacle…. jusqu’à Messian qui emmènera la musique française vers des ports plus exotiques, exaltés et contemporains. 

Attentif aux différents univers, et à leurs proximités, Emilio Calcagno a conçu un programme en tableaux successifs inspirés des diverses esthétiques chorégraphiques qui naissaient ou persistaient à l’époque : un trio néo-classique, une danse plus résolument moderne et libre, ou plus théâtrale, virtuose ou lascive… La création musicale de Matteo Franceschini relie les tableaux de ses nappes électroniques pulsées d’un autre rythme, dans une scénographie, faite de reflets et d’étages.

AGNES FRESCHEL

Un matin de printemps 
Le 3 décembre à 16h
Théâtre Molière, Scène Nationale de Sète

Le groove du tuba

0
Thomas Leleu © Thomas Ales

Création mondiale au GTP et pas banale ! Aucune œuvre concertante n’a jamais été écrite pour le tuba qui est relégué dans les derniers rangs de l’orchestre. Même en jazz, si certains solos lui sont confiés au même titre quà la contrebasse, rarement la composition d’une œuvre s’axera sur les notes pourtant d’une gravité parfois impressionnante de cet instrument ! Thomas Leleu souvent surnommé le « Mozart du tuba » a pourtant su le porter sur le devant de la scène. Ce premier prix de tuba du Conservatoire de Paris, élu Révélation soliste instrumental aux Victoires de la musique de 2012 nous a appris à écouter autrement cet instrument, à lui trouver une musicalité et une éloquence certaines. Le tuba groove, et pas seulement au fond des bois ! 

Thomas Leleu reprend son opus Born to groove avec l’Orchestre du conservatoire d’Aix en Provence pour une version nouvelle Born to groove symphonic, dirigé par Michel Durand Mabire. À ses côtés, jouent toujours Laurent Elbaz (piano, claviers), Yoann Schmidt (batterie), Kevin Reveyrand (basse), Jérôme Buigues (guitare), François Chambert (saxophone, flûte) sur des arrangements de Laurent Elbaz. Bientôt des femmes ? 

MARYVONNE COLOMBANI

Thomas Leleu
2 décembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
lestheatres.net

Fwad Darwich & the New Dialects

0

Encore quelques jours (jusqu’au 3 décembre) pour profiter de la 17e édition de Jazz sur la Ville, festival qui investit chaque année à l’automne pendant un mois les petits et grands lieux de la ville, du département et de la région. Jazz traditionnel, expérimental, fusion, l’ouverture des frontières musicales est de rigueur. C’est ainsi que l’on retrouve sur la scène de L’éolienne ce vendredi 1er décembre Fwad Darwich and the New Dialects qui revisite le quartet historique du jazz : piano, saxophone, basse et batterie avec un univers musical se déployant entre le Jazz et les musiques traditionnelles du Maroc. Le bassiste et compositeur, originaire de Casablanca, installé à Alès, est accompagné sur scène de la pianiste Alma Pinta-Tourret, du batteur Dawoud Bounabi et du saxophoniste Sylvain Artignan.

1er décembre
L’éolienne, Marseille

La musique, un jeu d’enfant 

0
La Cuisine Musicale © Cyrille Louge

La programmation, placée sous le signe des contes, essaime cette année dans dix-sept lieux répartis sur le territoire de Marseille, d’Aix-en-Provence et alentours et propose quatorze spectacles portés par treize équipes artistiques pour quarante-six représentations.

Une sacrée tambouille ! 

Création de cette année, La Cuisine Musicale de la Compagnie Minute Papillon convie le grand orchestre dans une cuisine, transformant les ustensiles culinaires en instruments de musique. Les mélodies empruntées aux opéras de Mozart, Puccini, Verdi, Rossini, Bizet se décalent côté rap (à fromage), techno, musiques du monde sur les accents de la grille du four/ harpe, de la poêle/contrebasse et toute une batterie du même acabit, inventive et déjantée, maniée par deux commis de cuisine, Stéphane Zubanu Diarra (« instruments ») et Violaine Fournier (chant) qui mijotent tout cela avec gourmandise et donnent de l’appétit pour l’opéra.  Coproduit par le Festival d’Aix, le spectacle accessible dès 4 ans sera créé les 9 et 10 décembre au Conservatoire de Marseille, puis joué le13 décembre à La Busserine (Marseille), le 15 à Pertuis et les 20 et 22 décembre à Briançon… 

Événement au Conservatoire de Marseille

Si Tous en sons rayonne jusqu’à Briançon et dure quinze jours, le temps fort se situe le week-end des 9 au 10 décembre : le festival investit le Conservatoire de Marseille pour une programmation festive et foisonnante. 

Le mandoliniste et compositeur Vincent Beer-Demander offrira l’exclusivité du premier mouvement de sa nouvelle création pour l’Orchestre de Mandoline des Minots de Marseille (une centaine de mandolinistes et guitaristes en herbe), Le Royaume des Géants, extrait des Légendes du Nord de Tolkien, le tout sous la direction de Catherine Arquez et au piano, Frédéric Isoletta (6-10 ans). 

Un atelier musical destiné à la tranche d’âge de zéro à trois ans permettra aux parents de vivre un moment ludique avec leurs enfants, aux côtés de Watsu Sound et sa Bulle de chant.   

Les plus grands (à partir de huit ans) seront invités à découvrir lors de l’atelier-concert, Au cœur des cordes de Piano and Co, les instruments à cordes et leur fabrication depuis l’arbre coupé. En compagnie de la luthière Marianne Ponz, de la violoniste Hélène Maréchaux et de la violoncelliste Marine Rodallec, une initiation passionnante, propre à éveiller des vocations ! 

Les élèves de la classe de composition à l’image, sous la houlette de Pierre-Adrien Charpy, nous feront entendre les sons de leurs animaux étranges, marcassin jazzy, crabe militaire, calamar poétique… Avec Sébastien Béranger on se livrera à l’expérience des Vents à emporter qui fusionne de manière étonnante le mouvement et le son grâce à des capteurs qui génèrent en temps réel trame sonore et visuelle, rendant chaque spectacle unique. 

 L’Oiseau de Feu de Stravinsky fera l’objet d’une répétition publique exceptionnelle, commentée par le chef d’orchestre Sébastien Boin à la tête de l’orchestre OSAMU&CO composé d’élèves d’Aix-Marseille Université et du Conservatoire. 

Enfin, La grande boom d’Élodie Rama donnera à vivre aux enfants dès trois ans un moment festif et jubilatoire, une « vraie boom » électro et rap !

Bonheur des contes

Les spectacles musicaux seront présents tout au long des deux semaines, et les mises en scènes musicales des contes ajouteront à leur magie. 

Les trois artistes du Collectif Ubique s’emparent du conte des frères Grimm, Hansel et Gretel et accordent leurs rythmes à celui de l’alexandrin, mêlant compositions originales et pièces du répertoire sur instruments anciens et modernes, scie musicale, théorbe, clarinette ou violon (dès six ans). Ils s’attaquent avec humour au récit de La Belle au bois dormant de Charles Perrault : les fées sont nulles en magie, la princesse n’est pas très commode et le prince est bien hésitant… Puis ils entraînent les plus de dix ans dans une plongée sous-marine où l’on découvre une Petite Sirène qui trépigne tant elle désire devenir marin…

Les tout-petits iront dormir sans hésitation après le poétique Dodo de Maïrol Compagnie (dès six mois). 

L’île aux chants mêlés de Marion Rampal voyage entre créolisations, blues, traditions musicales lointaines en une utopie vivante mise en scène par Jeanne Béziers.

Les six ans vont bouger avec la jeune combattante amérindienne Lozen par ARFI (Association à la Recherche d’un Folklore imaginaire), puis l’Eco-Friendly-Afro-Futuristic-Punk de Fulu Miziki Kolektiv

Enfin l’opéra de Marseille ouvrira ses portes à un concert pédagogique et une visite historique, immersion délicieuse où les coulisses seront ouvertes…

Au cœur du festival seront aussi organisées des rencontres professionnelles, l’éducation artistique sera mise en questions et démonstration par les artistes de la compagnie Minute Papillon.

MARYVONNE COLOMBANI

Tous en sons
Du 3 au 22 décembre
Divers lieux, Marseille, Aix-en-Provence et alentours
07 82 68 95 78
tousensons.fr

Hansel et Gretel

0

C’est un Hansel et Gretel (dès 8 ans) plus qu’alléchant, créé par l’Opéra de Dijon, qui est accueilli sur la scène du Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence du 30 novembre au 2 décembre. Au piano à quatre mains Nour Ayadi et Pierre-Marie Gasnier, à la voix Nadia Fabrizio, et aux illustrations, réalisées et projetées en direct, l’immense dessinateur Lorenzo Mattotti (et réalisateur du film d’animation La Fameuse Invasion des ours en Sicile). Les ingrédients du conte des Frères Grimm, adapté ici par Dominique Pitoiset et Nadia Fabrizio sont : deux enfants abandonnés dans une forêt, une maison en pain d’épice, et une sorcière inquiétante, le tout plongé dans un bain de peur. Sur la scène, des images vivantes, du noir et blanc, de la musique (Humperdinck,  Moussorgski) et du silence.

Du 30 novembre au 2 décembre
Théâtre du Jeu de paume, Aix-en-Provence

Moi, Capitaine, cap vers l’enfer

0
Copyright Greta De Lazzaris

Depuis trois ans, Arte Mare, le plus vieux festival corse de cinéma, quelque temps après sa clôture à Bastia, s’invite à l’Alhambra pour proposer en avant-première, un des films de sa sélection.

Cette année, ce fut le dernier Matteo Garrone,  Io capitano (Moi, Capitaine) Grand Prix Allindi et Petru Mare 2023. Par ailleurs, Lion d’argent et Premio Marcello Mastroianni du meilleur espoir pour le jeune acteur Seydou Sarr, à la dernière Mostra. Choisi pour représenter l’Italie aux Oscars parce que selon l’Anica (Association nationale des industries cinématographiques et audiovisuelles) ce film incarne « avec une grande force et maîtrise cinématographique le désir universel de recherche de la liberté et du bonheur ».

Moi, capitaine est né de la rencontre du réalisateur avec un jeune migrant de 15 ans à Catane qui lui raconte comment il s’est trouvé sans aucune compétence en la matière, pilote d’une embarcation chargée de clandestins. Matteo Garrone se documente, écoute d’autres migrants et décide de mettre sa vision de cinéaste au service de leurs récits de vie, comme un intermédiaire, un médiateur, en épousant leur perspective. Pour son scénario, il collabore avec de nombreux Africains dont l’ Ivoirien Mamadou Kouassi – qui a fui la guerre civile et travaille aujourd’hui comme médiateur interculturel à Caserta.

Une épopée homérique

Fort de ce background ancré dans une actualité tragique, au lieu de réaliser un documentaire comme on a pu en voir beaucoup, où des rescapés témoignent face caméra, le réalisateur de Gomorra choisit la fiction et l’épopée homérique, héroïse ses personnages, leur conférant une dimension universelle. Le visage de son protagoniste devenu capitaine, saisi de trois quarts, mangera la moitié du grand écran à la fin du film, rejoignant les figures romanesques d’un Jack London.

Le film commence à Dakar. En immersion dans une fête costumée. Une communauté pauvre mais joyeuse, riche d’enfants rieurs et turbulents. Seydou compose des chansons et rappe avec son cousin Moussa. Il rêve – à l’instar de millions d’ados de par le monde, de devenir une vedette internationale. La fenêtre de son portable s’ouvre sur les paillettes de l’Occident. Et malgré les avertissements de la mère de Seydou (Khadi Sy) « Sur la route de l’Europe, il y a des cadavres partout », les deux jeunes garçons préparent en secret leur départ. Comme Pinocchio, héros d’un précédent film de Garrone, le candide Seydou, guetté par les renards et les chats, quitte l’amour et la sécurité du foyer, pour un voyage initiatique et cruel.

Un contrechamp à l’horreur

Narration linéaire qui suit le long itinéraire des jeunes sénégalais, bien vite plongés dans l’enfer. Mali, Niger, Sahara, Lybie jusqu’à Zuera, lieu d’embarquement des migrants pour Lampedusa. La ligne rouge suivie par des milliers d’Africains, qui se matérialise sur une carte comme une saignée ou une plaie à vif. Des étapes-épreuves qui mettent en évidence à la fois la noirceur humaine mais aussi la solidarité entre les damnés. Soumis aux exactions de toutes sortes, rackettés, entassés dans des véhicules, débarqués dans le désert, contraints à une marche épuisante jalonnée des corps morts de ceux qui n’ont pas pu aller jusqu’au bout. Enlevés, jetés dans les prisons libyennes, torturés, vendus comme esclaves, maltraités comme des bêtes, malgré les doutes et les souffrances, Seydou et Moussa resteront humains. Le rêve ne quittera pas Seydou, deviendra même plus fort qu’il ne l’était au départ. Comme à son habitude, Garrone, introduit des scènes oniriques hallucinatoires. Belles, poétiques, elles surgissent au sein d’une réalité cauchemardesque. Sans incongruité. Car la photo confiée Paolo Carnera, superbe, fait contrechamp à l’horreur ou l’accentue.

ELISE PADOVANI

Moi, Capitaine, de Matteo Garrone
En salles le 3 janvier

Sideral

0

Sébastien Ly a fondé sa compagnie Kerman en 2005, et développe son travail chorégraphique autant sur scène qu’in situ. Après une trilogie sur la mémoire qui l’a ramené vers ses origines vietnamiennes, il s’est tourné vers une écoute attentive de son environnement, en interrogeant dans un cycle de travail débuté en 2018 la notion d’ « Habiter le monde ». C’est-à-dire la manière d’être présent à soi, aux autres, au monde qui nous entoure et dont nous faisons partie. Après Nhà (2019) et NOW (2021), voici donc Sideral, création 2023, un voyage en orbite, avec pour point de départ le cosmos et comme destination, la Terre. Deux artistes circassiennes suspendues jouent avec les forces de l’attraction terrestre tout comme avec celle d’un corps vers l’autre, au gré d’une partition musicale créée et interprétée par Loïc Guénin et Éric Brochard, eux-mêmes suspendus.

1er décembre
Le Zef, scène nationale de Marseille