lundi 15 juin 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour faire un donspot_img
AccueilCritiques« Wishes Tree » : les vœux colorés de Raeda Saadeh 

« Wishes Tree » : les vœux colorés de Raeda Saadeh 

Dans le cadre du lancement de la Saison Méditerranée, l’artiste palestinienne Raeda Saadeh a déployé sa robe blanche de vestale dans l’effervescence dominicale du Vieux-Port 


D’un bord de la Méditerranée à l’autre, Raeda Saadeh déploie régulièrement autour d’elle son immense robe blanche de vestale, pour recueillir les voeux et souhaits des passants. En 2012, c’était à l’orée de la médina de Tunis durant le festival Dream City, dans une capitale bouleversée par la récente révolution. Au printemps suivant, c’était à l’Estaque dans le cadre de Marseille-Provence 2013. Pour sa deuxième venue à Marseille, c’est sur le Vieux-Port que l’artiste palestinienne a posé son dispositif, dans le cadre d’un temps fort de l’ouverture de la Saison Méditerranée, fomenté notamment par Lieux Publics. 

Sublime point de vue, qui magnifie et décuple la portée de sa performance Wishes Tree. Interpellés par l’installation, les badauds de passage se voyaient invités à écrire leurs voeux sur des papiers de tissus colorés, puis à les déposer aux pieds de l’artiste. Peu à peu, la robe immaculée se parait ainsi de pigments, récoltant symboliquement les aspirations d’une communauté à un instant T. Un instantané poétique, un rituel psychomagique appelant à conjurer le sort, comme l’espace public sait en inventer pour faire communion de manière éphémère. 

En matière de symbole, Raeda Saadeh s’y connaît, elle dont la vidéo Vacuum a déjà fait le tour du monde : véritable Sisyphe moderne, l’artiste y passe l’aspirateur en plein désert, dans une boucle spatiale suspendue, entre Jéricho et la mer Morte, s’attelant avec ténacité à une tâche perdue d’avance. Rappelons qu’une poignée de semaines auparavant, c’était dans les jardins du Pharo que l’artiste Ari Hamot, dans le cadre de la Biennale des arts du réel, procédait à la lecture de lettres rédigées par des spectateurs à l’adresse de leurs ancêtres, avant de les envoyer à la mer (une étape du cycle Mange tes maux, création 2027). Face à elle et aux spectateurs assemblés, la flottille en partance pour Gaza, faisant escale temporairement dans le bassin du J4, donnait une résonance particulière à ces actes artistiques prenant la Méditerranée comme miroir, en appelant à la résistance comme à la réconciliation. 

JULIE BORDENAVE 

Whishes Tree se tenait le 17 mai sur le Vieux-Port de Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

[Les Fadas du Monde] Au fil de l’eau à Martigues

Ils n’aiment pas du tout qu’on dise « festival ». Les Fadas du monde ont été conçus, et restent un état d’esprit. Celui de la Venise...

[Musées de Nîmes] Peintures à l’huile et eau en peinture

Depuis leurs débuts à la fin des années 1990, sous des faux airs de barbouille nonchalante, la peinture virtuose du duo formé par Ida...