mercredi 20 mai 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour faire un donspot_img
AccueilArts visuels« AFRICA » au Mac de Marseille : mémoire et imaginaire d’une déesse antique

« AFRICA » au Mac de Marseille : mémoire et imaginaire d’une déesse antique

Entre archéologie, fiction et mémoire, Louisa Babari propose au Musée d'art contemporain de Marseille une installation où se rencontrent cultures berbères et numides, imaginaire antique, création sonore et photographie contemporaine

Présentée jusqu’au 3 janvier 2027, AFRICA, de Louisa Babari, prend place dans la « project room » du Musée d’art contemporain de Marseille. Un espace plongé dans la pénombre, un ensemble de photomontages, quelques objets archéologiques, un diaporama et une composition électro-acoustique. Une atmosphère cinématographique, théâtrale, cérémonielle, pour une installation conçue spécialement pour le musée, labellisée à la fois par la Saison Méditerranée, les Rencontres d’Arles (Grand Arles Express), et par le Bicentenaire de la photographie.


Ifri ou Ifru

C’est en se penchant sur les origines anciennes de son patronyme, Babari, que l’artiste, d’origine russo-algérienne, née à Moscou, s’est intéressée à l’Afrique du Nord antique ainsi qu’à la conquête romaine. Période pendant laquelle a été adoptée par les colonisateurs (qui intégraient à leur panthéon, en les romanisant, les divinités locales), la déesse berbère Africa – Ifri ou Ifru en berbère. Une déesse du feu, de la guerre, des marchands, de la fertilité et de la fécondité, dont le nom sera ensuite utilisé pour désigner l’ensemble du continent.

Après un sas d’entrée présentant trois objets archéologiques choisis par l’artiste dans la collection du Musée d’Archéologie Méditerranéenne, on pénètre dans l’espace plongé dans une pénombre trouée par les halos blancs émanant des huit collages et photomontages de l’artiste. Ils sont agrandis et imprimés sur des bâches tendues sur châssis, par deux colonnes brisées évoquant les vestiges de l’architecture romaine en Algérie, et par un diaporama projeté en fond de salle.

Ésthétique de l’apparition

Les photomontages et collages sont constitués, à partir d’images de revues dédiées au monde antique nord-africain, de fragments d’architectures, bas-reliefs ou statues antiques mêlées à des chevaux, cavaliers, des silhouettes contemporaines. Un chaos temporel, des figures hybrides blanches sur fond noir, agglomérats suspendus dans des compositions que l’artiste qualifie de « constructiviste ».

Le diaporama, de 2 minutes diffusé en boucle, est lui constitué d’une trentaine de photographies réalisées en lumière naturelle en Algérie ou au sein de collections muséales françaises par l’artiste, et fait se succéder des figures uniques : statue, bustes, stèles d’empereurs, de gens du peuple, de divinités, le cavalier numide de Canosa…

Des présences fantomatiques et minérales, entre apparitions et effacements, archives et fictions, accompagnées par une composition électroacoustique spatialisée de vingt-cinq minutes, Vent lointain, réalisée avec la classe d’électro-acoustique du Conservatoire Pierre Barbizet de Marseille, au sein de laquelle on entend de façon récurrente des chevaux, du vent et des épées qui se croisent.

MARC VOIRY

AFRICA

Jusqu’au 3 janvier 2027

Musée d'Art Contemporain de Marseille

Retrouvez nos articles Arts Visuels ici

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

« Déplacer le silence » : aux Ateliers Jeanne Barret, la création gazaouie en pleine lumière

Il y a du monde dans le grand hall des Ateliers Jeanne Barret à Marseille. En ce printemps, cet espace d’expérimentation et de fabrique...

De l’Inquisition à Goa, un voyage sonore et spirituel

Julien Grassen Barbe, pianiste, compositeur et ethnomusicologue, bercé dès l'enfance par la liturgie des communautés judéo-portugaises de Bordeaux et de Bayonne, est allé à...