Zébuline. Qu’est-ce qui caractérise ce millésime 2026 ?
Laurent Sondag. Fidèle à ses cinq piliers – résidences et soutien à la création, diffusion, action culturelle jeunes publics et adultes et la réflexion – le festival porte cette année une ambition forte formulée par notre directeur artistique Frank Tenaille : « Par temps d’actualités délétères, nous avons un besoin vital de réensemencer nos imaginaires. Les musiques ont le pouvoir, non seulement de dispenser du bonheur d’oreille, mais aussi de nous ouvrir à d’autres univers, de nous remplir de possibles. » Le regard se pose cette année sur des cultures sous le feu de l’actualité comme l’Iran et toujours dans le cadre exceptionnel de Correns, village du tout bio, où l’on préserve le Vivant. « C’est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde », disait Mandela. C’est l’esprit de ce rendez-vous.
Quels sont les temps forts des soirées au théâtre de verdure ?
Dès le vendredi soir, DJ Milena ouvre le bal avec un set électropical depuis La Fraternelle. Mais auparavant, le Kóskina Trio nous emporte dans les sillons de l’Anatolie – airs de Turquie, lamentations kurdes, chants ottomans – précédé d’une création d’élèves du Collège Paul-Cezanne de Brignoles, accompagnés par la chanteuse Julie Lobato dans le cadre des Fabriques à musique. Le samedi monte en puissance : le chœur mixte MezzeM ouvre à 18 heures 30 avec ses chants du monde – basque, zoulou, macédonien, brésilien, arabe… – puis Ahamada Smis plonge le public dans l’océan Indien entre rythmes swahilis et comoriens, durant un concert partagé avec 100 élèves de la Provence Verte. Le Duo Bourry-Rouch assurera ensuite un balèti pyrénéen enflammé avant que No&Mi et son accordéon ne clôture avec ses valses et mazurkas. Le dimanche est sublime : Alex Eghikian, en piano solo, explore l’Amérique du Sud et l’Europe orientale dès 18h30 puis Sur le fil mêle flûtes méditerranéennes de Miquèu Montanaro et électro onirique d’Audioroom. Le sextet 100 % féminin What Elle’s décline toutes les nuances du jazz, funk. Enfin, le duo Abstraxion & Schön Paul clôt en beauté avec un DJ set de musiques électroniques.
Le festival, ce sont aussi des animations en journée. Qu’y trouve-t-on ?
Dès le samedi matin, le danseur, rappeur et slameur Wadee Alkhouri propose un stage de dabkeh, danse syrienne et palestinienne inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco, suivi d’un repas syrien à La Petite Corrensoise. L’après-midi, une balade commentée sur les traces du patrimoine de Correns part du Fort Gibron à 14h30, avant un café-concert en accès libre sur la place du village. Le dimanche, Frank Tenaille propose au Centre d’art contemporain de Châteauvert une sieste musicale consacrée aux récits sonores de peuples ostracisés. Là encore, entrée libre, comme beaucoup d’événements diurnes, parce que la fête doit être accessible à tous.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNE-MARIE THOMAZEAU
Les Printemps du monde
22 au 24 mai
Correns
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