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Château de Servières : Jérémie Setton et Elias Kurdy dans l’incertain

Au Château de Servières à Marseille, le Printemps de l’art contemporain fait éclore deux expositions : Délais et autres courants d’air de Jérémie Setton et Mémoire en transit d’Elias Kurdy

Délais et autres courants d’air de Jérémie Setton s’inscrit dans une réflexion au long cours de l’artiste sur la perception et les limites du visible, qu’il met en œuvre à travers des dispositifs qui interrogent la matérialité de l’image, qui semble toujours échapper à la saisie. Un rappel « archéologique » de cette recherche est placé au début de l’exposition autour du Bureau, installation de 2010, espace rouge dans lequel toutes les ombres portées des objets présents étaient annulées, hormis celle du visiteur se déplaçant dans l’installation, qui lorsqu’elle croisait les ombres disparues, les faisaient apparaître.

Parmi la quinzaine d’autres œuvres présentées, élargissant et approfondissant de façon diverse cette même recherche, une vidéo Marseille, Nice, les faux papiers, nos chimères… qui montre le défilement d’un paysage vu à travers ses ombres portées qui semblent chuter indéfiniment. Les Disparus, une série de 10 dessins à partir de l’image projetée de l’affiche du film du même nom de Bob Misiorowski : l’artiste a modifié, entre chaque dessin, la distance du projecteur, sans ajuster la mise au point. Ou encore une installation de la série Modules Bifaces, au sein de laquelle figure un volume anguleux peint sur lequel apparait, par des jeux de lumières et de peinture, dans sa partie supérieure, une surface de couleur monochrome, qui n’existe pas physiquement.

« Ce que l’on croit être »

Avec Mémoire en transit, présentée dans les autres salles du Château de Servières (exposition labellisée « Saison Méditerranée »), l’artiste syrien Elias Kurdy convoque lui l’incertain à travers un ensemble d’œuvres qui évoquent des vestiges archéologiques exhumés. La plupart en lien avec une légende, affichée à l’entrée, sur la rencontre, « bien avant l’élévation des cités humaines », de deux déesses : Tadmora, maîtresse des oasis de Syrie, et Massalia, souveraine des rivages de l’Occident. La plupart des objets exposés sont ensuite introduits sur leurs cartels respectifs par l’expression : « Ce que l’on croit être » – « une statuette en bronze aux ailes d’or, de nature décorative ou rituelle, représente un agneau ailé » ; « une statue en pierre représentant une gazelle du désert » ; « des fragments de bas-reliefs en bronze, représentant la mer », … Objets situés et datés de façon tout aussi imprécise – par exemple : « Bassin Méditerranée, vers 100 av. J.-C. – 2026 apr. J.-C. »

Une façon pour l’artiste, en brouillant les frontières entre document historique et invention, d’interroger la manière dont les sociétés fabriquent leurs récits collectifs. Mais aussi une « archéologie du futur », permettant de regarder ces objets délicats, poétiques comme des matériaux permettant d’imaginer d’autres possibles.

MARC VOIRY

Délais et autres courants d’air,Jérémie Setton

Mémoire en transit, Elias Kurdy

Jusqu’au 4 juillet

Château de Servières, Marseille

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