mercredi 20 mai 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour faire un donspot_img
AccueilSociétéPolitique culturelle20 000 euros pour grandir tranquille

20 000 euros pour grandir tranquille

Le Boum lance un crowdfunding financer les travaux nécessaires à son agrandissement. Car la salle marseillaise est toujours bondée, 300 jours par an !

Le lieu, ouvert il y a trois ans entre la Plaine et le Cours Julien, est rapidement devenu indispensable pour toute une communauté. Le bar dont les jeunes LGBTQI+, les racisé·es, les handi·es, avaient besoin, pas pour s’informer ou défendre leurs droits, mais simplement pour boire un verre et voir des spectacles queer sans voyeur·euses importun·es. Pas seulement un bar friendly mais un endroit où on est safe. Traaanquille, diraient les Marseillais.

Amal Froidevaux et Théo Challande-Névoret, qui en sont les créateurices et les directeurices bénévoles, savent aujourd’hui que le modèle de départ, sans subvention, sans mécène, et fonctionnant sur les seules recettes du bar et de la billetterie, n’est plus tenable. Victimes de leur succès, ils n’imaginaient pas, au départ, devoir ouvrir presque tous les soirs, et recevoir autant de sollicitation d’artistes.

Malgré l’engagement de l’équipe et le succès du lieu, la recette de départ n’est pas tenable à cette échelle : 90% des soirées sont gratuites, les prix au bar sont très abordables pour toustes, et la jauge des spectacles est insuffisante pour payer les salaires des bar·wo·men, les charges courantes et les cachets des artistes, fixés pourtant à 100 euros seulement. Dans un milieu artistique queer où la précarité est de rigueur, ces 100 euros sont pourtant, pour certain·es, essentiels.

Crise de croissance, pas de confiance

Il s’agit donc de grandir pour assumer le succès : d’aménager la salle pour augmenter la jauge, hausser et agrandir la scène dans un premier temps. Pour cela, 10 000 € sont nécessaires, et un crowdfunding lancé le 12 mai a déjà réuni 1650 €. Les travaux sont programmés, le Boum ferme début juin pour une réouverture très festive le 6 juin, avec 14 artistes, 3 DJ qui se succèderont…

Mais la deuxième tranche des travaux, tout aussi cruciale pour agrandir la salle du bar, n’est pour l’heure pas financée : 10 000 € de plus devront être collectés pour envisager de remplacer la devanture, ouvrir deux baies vitrées sur la rue et insonoriser correctement ce nouvel espace – le Boum est très soucieux de son bon voisinage, dans un quartier qui aime faire la fête mais aussi dormir.

Pour cela il faudra changer de modèle, et obtenir des subventions d’équipement au-delà du financement participatif. Et des subventions de fonctionnement pour pérenniser l’équipe des salariés, et augmenter les cachets.

Les 750 performances par an, les 300 jours d’ouverture, la réelle utilité publique d’un lieu inclusif, et le petit coût qu’il représente, devraient convaincre les collectivités publiques, et peut être quelques mécènes : dans une ville qui a si longtemps nié et réprouvé les LGBTQI+, la visibilité nouvelle des queers ne peut pas, ne doit pas reculer. Et le Boum en est devenu un maillon essentiel à Marseille.

AGNÈS FRESCHEL

Pour participer au financement, suivez le lien 

helloasso.com/associations/laboratoire-des-diversites/collectes/grandir-pour-survivre

Retrouvez nos articles Politique culturelle ici

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

Saison Méditerranée : trois voix du maghreb résonnent au Pharo

Un violon commence à jouer, suivi par une batterie, une darbouka et un clavier. Devant le Palais du Pharo, une petite foule se regroupe...

Les Goûteuses d’Hitler : Sept femmes à table

Prusse Orientale. Novembre 1943. L’Allemagne est en train de perdre la guerre. Rosa arrive épuisée, affamée, dans la ferme de ses beaux-parents et s’effondre...