Le lieu, ouvert il y a trois ans entre la Plaine et le Cours Julien, est rapidement devenu indispensable pour toute une communauté. Le bar dont les jeunes LGBTQI+, les racisé·es, les handi·es, avaient besoin, pas pour s’informer ou défendre leurs droits, mais simplement pour boire un verre et voir des spectacles queer sans voyeur·euses importun·es. Pas seulement un bar friendly mais un endroit où on est safe. Traaanquille, diraient les Marseillais.
Amal Froidevaux et Théo Challande-Névoret, qui en sont les créateurices et les directeurices bénévoles, savent aujourd’hui que le modèle de départ, sans subvention, sans mécène, et fonctionnant sur les seules recettes du bar et de la billetterie, n’est plus tenable. Victimes de leur succès, ils n’imaginaient pas, au départ, devoir ouvrir presque tous les soirs, et recevoir autant de sollicitation d’artistes.
Malgré l’engagement de l’équipe et le succès du lieu, la recette de départ n’est pas tenable à cette échelle : 90% des soirées sont gratuites, les prix au bar sont très abordables pour toustes, et la jauge des spectacles est insuffisante pour payer les salaires des bar·wo·men, les charges courantes et les cachets des artistes, fixés pourtant à 100 euros seulement. Dans un milieu artistique queer où la précarité est de rigueur, ces 100 euros sont pourtant, pour certain·es, essentiels.
Crise de croissance, pas de confiance
Il s’agit donc de grandir pour assumer le succès : d’aménager la salle pour augmenter la jauge, hausser et agrandir la scène dans un premier temps. Pour cela, 10 000 € sont nécessaires, et un crowdfunding lancé le 12 mai a déjà réuni 1650 €. Les travaux sont programmés, le Boum ferme début juin pour une réouverture très festive le 6 juin, avec 14 artistes, 3 DJ qui se succèderont…
Mais la deuxième tranche des travaux, tout aussi cruciale pour agrandir la salle du bar, n’est pour l’heure pas financée : 10 000 € de plus devront être collectés pour envisager de remplacer la devanture, ouvrir deux baies vitrées sur la rue et insonoriser correctement ce nouvel espace – le Boum est très soucieux de son bon voisinage, dans un quartier qui aime faire la fête mais aussi dormir.
Pour cela il faudra changer de modèle, et obtenir des subventions d’équipement au-delà du financement participatif. Et des subventions de fonctionnement pour pérenniser l’équipe des salariés, et augmenter les cachets.
Les 750 performances par an, les 300 jours d’ouverture, la réelle utilité publique d’un lieu inclusif, et le petit coût qu’il représente, devraient convaincre les collectivités publiques, et peut être quelques mécènes : dans une ville qui a si longtemps nié et réprouvé les LGBTQI+, la visibilité nouvelle des queers ne peut pas, ne doit pas reculer. Et le Boum en est devenu un maillon essentiel à Marseille.
AGNÈS FRESCHEL
Pour participer au financement, suivez le lien
helloasso.com/associations/laboratoire-des-diversites/collectes/grandir-pour-survivre
Retrouvez nos articles Politique culturelle ici







