Née d’une rencontre entre les danseurs de Via Katlehong et ceux de la Cia Gente sur le parvis du Théâtre de Tremblay-en-France, tamUjUntU conserve de son origine une qualité d’élan précieuse. Le chorégraphe brésilien Paulo Azevedo, fondateur de la Cia Gente, prolonge cette impulsion initiale en élaborant une pièce qui fait de la complicité et de l’entente un principe d’écriture autant qu’un horizon.
Réunissant des interprètes venus d’Afrique du Sud et du Brésil, la pièce ne repose pas sur une juxtaposition de styles mais sur une mise en relation de gestes situés. Le pantsula, ancré dans l’histoire des townships sud-africains, dialogue avec des pratiques urbaines brésiliennes, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Le hip-hop cher à Paulo Azevedo affleure, bien sûr, mais sans saturer l’espace ni réduire la diversité des langages.
Récits en partage
Ce qui se joue alors tient moins d’une démonstration que d’une circulation. L’ensemble privilégie l’élan, le rythme, mais aussi une précision du geste qui inscrit la pièce dans une écriture rigoureuse, presque contenue. Quelques motifs et échanges esquissent des formes de narration : une main retournée à la Beyoncé, un micro mimé « à l’américaine », une station debout bras en l’air évoquant davantage un trajet en bus qu’une manifestation collective. Ces fragments n’organisent pas un récit linéaire mais ouvrent des pistes, des situations, des manières d’habiter l’espace ensemble. On pourrait souhaiter une appropriation plus marquée du plateau ou un travail de lumière accentuant les ruptures ; la pièce trouve cependant sa cohérence dans ce choix d’une géographie à ciel ouvert.
SUZANNE CANESSA
tamUjUntU aété dansé le 28 mars au Théâtre de l’Olivier (Istres), les 31 mars et 1er avril au Théâtre Durance (Château-Arnoux-Saint-Auban), le 4 avril au Théâtre de l’Esplanade (Draguignan) et les 7 et 8 avril au Pavillon Noir (Aix-en-Provence).
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