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L’art, la diplomatie, Marseille

La Saison Méditerranée a été lancée lors d’une cérémonie brillamment dominée par les joueurs locaux

Lieux Publics, le Mucem, les Musées de Marseille, La Friche, et d’autres opérateurs, plus modestes, comme Jeanne Barret ou la Citadelle [voir comptes rendus pages suivantes], ont lancé l’ouverture de la Saison Méditerranée. Leur programmation met en lumière nationale et internationale des problématiques familières au public de la région. C’est tout le talent de Julie Kretzschmar, commissaire de la Saison mais aussi créatrice des Rencontres à l’échelle et co-directrice de LaMaM (ex-Toursky), d’avoir conçu cette ouverture avec des acteurs culturels qu’elle connait bien, et qui lui font confiance.

Le 15 mai, lors de la cérémonie inaugurale, elle affirmait « Je viens rendre à cette ville ce qu’elle m’a apporté. Sa pluralité est véritable, jusque dans les risques qu’elle comporte. Elle seule peut retisser des liens entre les peuples, si l’on accepte de communiquer sur nos désaccords ». Un discours longuement applaudi par les acteurs culturels qui connaissent son entêtement à faire entendre sur les scènes, depuis plus de 25 ans, la langue arabe, et à faire venir à Marseille des artistes silencié·es dans leur pays.

Le choix de Julie Kretzschmar par l’Institut français est donc courageux, et politique. Pourtant l’État n’a pas toujours brillé durant la cérémonie d’ouverture. Catherine Pégard, ministre de la Culture, a su rappeler, dans un discours convenu, « l’identité méditerranéenne de la France et le lien qui l’attache à la rive Sud de la Méditerranée ». Mais Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, s’il a concédé que « La France est un pays méditerranéen par sa géographie et son histoire » a enchainé en répétant son refus du boycott d’Israël à l’Eurovision. Faisant ainsi une analogie étrange avec la Saison Méditerranée, comme si toutes deux prônaient la « liberté artistique » et le « dialogue entre les peuples ». Un rapprochement qui révèle une méconnaissance de la création – personne de sérieux ne défendra la qualité artistique des compétiteurs de l’Eurovision – et confond allègrement dialogue entre les peuples et opération de communication nationaliste.

Marseille, capitale française de la Méditerranée

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a quant à lui élargi les horizons, en remerciant l’État pour l’ouverture à Marseille mais en employant dès l’entrée un « nous » méditerranéen. Il affirmait, avec le lyrisme qui le caractérise quand il parle de la diversité de sa ville, que « les civilisations vivent par ce qui les unit » et que « lorsqu’une bombe frappe Gaza ou Beyrouth, nous sommes atteints. »

Citant Faïrouz en arabe, il avance aussi que Marseille est méditerranéenne « parce qu’elle accueille tous ceux qui y débarquent », arrivés là pour fuir « la misère ou la violence », « juifs venus de toute part, arméniens, africains, comoriens », tous marseillais, tous méditerranéens, quelle que soit leur origine.

Assurant que les échanges artistiques sont « un des leviers les plus puissants pour arrêter les guerres », il conclut par une anaphore : « Je crois profondément à la diplomatie. Je crois profondément que les mots justes, puissants et forts sont écoutés ». Les musiques, les corps qui dansent, les images fortes, tout autant.

AGNÈS FRESCHEL

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