Zébuline. Qu’est ce qui vous a donné envie de créer ce festival, et mettre en avant les artistes de la région ?
Jean-Pierre Soares. Je gravite dans le milieu de la bande dessinée depuis 30 ans. En arrivant à Marseille en 2020, j’ai commencé à faire des interviews d’auteurs·ices que je ne connaissais pas. De fil en aiguille, je me suis rendu compte qu’il y en avait beaucoup plus que ce que je pensais. Et je me suis dit que c’était pertinent de faire un événement. Depuis, il y a eu encore beaucoup d’autres auteurs et autrices qui sont arrivés, notamment des jeunes.
Comment décririez-vous le monde de la BD et de l’illustration à Marseille ?
Il y a des grands anciens, comme Anouk Ricard. Elle n’est pas très connue du très grand public, mais dans le milieu oui. Après, il y en a beaucoup de sa génération qui sont présents à Marseille, comme Delphine Durand et Bruno Salamone. Il y a aussi énormément d’artistes émergents. Par exemple cette année au festival il y a Marie Boisson, qui fait un travail très intéressant, à la fois personnel et en même temps très accessible.
Comment choisissez-vous les artistes programmés ?
On va vers des artistes pour leur proposer un projet. Ou alors des propositions viennent des artistes eux-mêmes, soit de librairies ou de maisons d’édition qui nous disent qu’ils aimeraient organiser quelque chose. Ça permet aussi d’ouvrir à d’autres. C’est une formule qui me semble assez vivante.
Quels sont les temps forts de la programmation ?
Il y en a beaucoup. On démarre avec un préambule le week-end du 27-28 et le lancement de deux livres d’autrices : Sophie Couderc et Léa Djeziri. Ce sont deux BD de science-fiction décalées. À partir du 3 juin, on fait un lancement au cinéma Les Variétés. On projettera Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda. À la sortie du DVD de ce film, dans les années 2000, les producteurs avaient demandé à l’illustrateur Sempé de réaliser une dizaine de dessins. Et puis, pour finir, le 27 juin, au Couvent Levat, on fait l’exposition d’Anouk Ricard et une soirée avec une vingtaine de stands d’éditeurs et de micro-éditeurs, collectifs, artistes, tous basés à Marseille.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR FANTINE LAMBEY
Festival BIM
Jusqu’au 27 juin
Divers lieux, Marseille
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