Le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (moins de 60% du revenu médian) à Avignon est effarant : 35 % des Avignonnais sont pauvres, plus d’un tiers. Un taux plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale (15%), à celle de PACA (19%) à celle de Vaucluse (20%) et même à celle du Grand Avignon (27%), dont le taux est légèrement modéré par quelques communes riches comme Villeneuve-lès-Avignon.
Cet état de fait, qui s’aggrave, peut être nié, invisibilisé par les édiles, ou étudié et combattu. Le maire d’Avignon, après avoir voulu promulguer un arrêté anti-mendicité cet été, s’attaque aujourd’hui à la précarité étudiante. L’Agoraé, épicerie solidaire étudiante qui met en vente des produits essentiels à 10% de leur prix habituel, a cessé son activité à Avignon faute de local : la Ville a mis fin à la mise à disposition pour l’épicerie rue de la Carreterie, et ne prévoit pas de solution de repli.
Affamer la jeunesse ?
L’Agoraé est un réseau national, des épiceries solidaires existent dans toute la France grâce à des locaux mis à disposition, du bénévolat étudiant, des services civiques. Ces épiceries permettent simplement aux étudiant·es de manger à peu près à leur faim. Le taux de pauvreté des étudiants est de 30% en France, 40% pour ceux qui ne sont pas hébergés par leurs parents. Un taux sujet à de fortes disparités en France : il n’est pas mesuré dans la population étudiante Avignonnaise, mais est sans doute bien plus élevé que la moyenne nationale.
Refuser la solidarité à ses jeunes, les laisser avoir faim semble donc l’option retenue par la Ville. Mais dans une cité où de nombreux équipements culturels sont fermés en dehors du festival, il s’en trouvera peut-être un pour accueillir l’épicerie solidaire ?
AGNÈS FRESCHEL







