Zébuline. Dans les deux semaines à venir, vous créez ce Diptyque familial au Théâtre d’Arles, puis le présentez à Marseille, Aix et Martigues. C’est un début de tournée intense !
Adèle Royné. C’est vrai, je ne m’en rends pas compte ! On a créé la première partie du diptyque au Festival d’Avignon (en 2024, ndlr), donc avec des représentations quotidiennes, ce qui permet de revoir des choses tous les jours, de continuer à créer.
Pourquoi avoir voulu mettre en scène une famille ?
Je viens d’une famille nombreuse, et j’avais envie de porter ce brouhaha familial au plateau. Ce qui m’intéresse surtout, c’est la fratrie entre 25 et 30 ans. C’est un âge d’entre-deux, où on grandit beaucoup dans nos vies personnelles, professionnelles, mais où on n’a pas vraiment envie d’être adulte. Et c’est aussi le moment où certains commencent à venir avec leur compagne ou leur compagnon, ce qui crée une nouvelle dynamique.
Vous abordiez déjà le thème de la famille dans votre seule-en-scène Forget me not.
Pour le coup c’était vraiment mon histoire. Guillaume Vincent était déjà intervenu dans l’écriture, pour me guider. Et justement, on trouvait marrant de prendre le contre-pied de ce que je raconte de ma vie dans Forget me not. Dans le diptyque Louise déteste sa mère, et il y a de vrais conflits dans sa famille, tandis que tout se passe plutôt bien dans la mienne.
Pourquoi créer une série théâtrale autour de cette famille ?
On trouvait ça chouette de retrouver les personnages à différents moments de leur vie. Dans l’idée, on aimerait en faire une tétralogie, avec deux autres pièces. On est aussi très attachés au genre de la comédie, et on avait envie de la voir sous différents registres. Fête des mères est plutôt une tragi-comédie, mais qui lorgne un peu du côté du théâtre de boulevard et des pièces de Jaoui et Bacri, tandis que Vive la Mariée ! est vraiment conçu comme une comédie anglo-saxonne, à la Quatre mariages et un enterrement. Et on déjà pensé à d’autres modèles comiques pour les autres.
Comment s’articulent les deux parties ? Avez-vous dû modifier certains éléments de Fête des mères ?
Ce sont deux parties distinctes qui se répondent. Il y a par exemple des codes couleurs dans Fête des mères, et qu’on retrouve dans Vive la Mariée. On a aussi réimaginé le décor de Fête des Mères. On l’a rétréci et surélevé avec l’idée que ce salon à vivre se déploie et que le public découvre un décor beaucoup plus grand dans la deuxième partie. Pareil pour les costumes. On a fait appel à une costumière, Lucie Durand, et au Théâtre des Célestins, qui ont conçu plusieurs costumes, notamment parce qu’il y a un effet comique sur les robes de mariée. Elles sont soit trop courtes, soit beaucoup trop volumineuses et il fallait que ce soit fait sur mesure.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE
Fête des mères, Diptyque familial de la Cie MidiMinuit
1er et 2 octobre
Théâtre d’Arles
Du 6 au 10 octobre
Théâtre des Bernardines, Marseille
12 et 13 octobre
Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues
14 et 15 octobre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence




