25 ans, un âge mature pour un festival. Cependant, chaque édition offrant une promesse nouvelle, Cinehorizontes, grâce à la source de jouvence des passions, garde sa force vive intacte.
L’affiche, imaginée par un étudiant, affirme : j’ai 25 ans, être jeune à l’espagnole ! À la clé, une sélection de 9 films sur cette jeunesse des années 60 à nos jours, des tables rondes, où on parlera de la rencontre Dali/Lorca/Bunuēl à la Residencia de Estudiantes en 1920, de l’écrivain José Ángel Mañas consacré à 25 ans, et de trois jeunes réalisateurs émergents, en lice pour l’Horizon d’or.
Marraine de l’édition, Anna Saura Ramón, fille de Carlos Saura, réalisatrice d’un premier long métrage sur son père, donnera une masterclass.
Commencer, finir
Le festival ouvre le 8 octobre, à l’Artplexe, avec un spectacle sévillan surprise, puis un comédie avec Les Jurés premier long métrage de Jorge A. Lara et Fer Pérez qui imaginent neuf jurés d’un procès contre la corruption soumis à la tentation d’être eux-mêmes corrompus.
Le 16 octobre, au Prado, en clôture : La Cena de Manuel Gomez Pereira. L’histoire un peu folle d’un banquet exigé par Franco après sa victoire en 39 et préparé par un groupe de prisonniers républicains, experts en cuisine, encadrés par un maître d’hôtel et un jeune lieutenant.
Grande compétition
Elle fusionne cette année fictions et documentaires. Son jury, présidé par Paul B. Preciado, penseur du genre, des politiques de l’identité et réalisateur d’Orlando, primé à Berlin, départagera sept longs métrages, dont le film d’ouverture.
Trois mettent en scène des amours queer. Le premier, proposé par Cinehorizontes deux mois avant sa sortie en salle, Prix de la mise scène à Cannes, sélectionné pour représenter l’Espagne aux Oscars, Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi, entrelace les destins convergents de trois jeunes homosexuels dans trois époques différentes. Le deuxième, le joyeux et tonique Queer me de Irene Bailo Carramiñana nous conduit dans un squat toulousain et sa projection se prolongera par une fantasma party. Le dernier,Iván Y Hadoum de Ian de la Rosa, donne comme décor à la délicate romance entre un homme trans et une hispano marocaine, une serre industrielle d’Almería.
La Luz de Fernando Franco revient sur les crimes d’un prêtre, cachés par l’Église. Et la famille est au cœur des deux derniers : La Lucha de José Angel Alayon capte les relations entre un père et sa fille, unis par un deuil et la lutte canarienne, et, Je ne mourrai pas d’amour de Marta Matute raconte un dilemme, entre devoir filial et accomplissement de soi.
Jeunesse, Cuba
On retrouvera les compétitions étudiants et lycéens : la Compétition Belle Jeunesse, la Compétition Courts métrages, dont trois films réalisés par d’anciens lauréats de la Résidence d’écriture du festival. Et nouveauté : une série Arte en avant-première : Anatomía de un instante d’Alberto Rodríguez.
Exceptionnelle, la Sélection Panorama réunira, entre autres, Jonás Trueba, Pedro Almodóvar, Rodrigo Sorogoyen, Isabel Coixet… le meilleur du cinéma espagnol de l’année !
Et après la Fenêtre cubaine offrira deux films et des gourmandises, ouvrant les perspectives au-delà de la péninsule ibérique, vers un pays trop abandonné par nos regards européens.
ELISE PADOVANI
Du 8 au 17 octobre dans plus de 20 salles, à Marseille et en Région Sud
Retrouvez nos articles Cinéma ici






