Le Théâtre Liberté accueille la Palestinienne Hend Jouda, pour dire son poème, Gaza ô ma joie, qui a ému celles et ceux qui ont pu le lire et l’entendre. Elle a d’abord publié Que signifie être poète en temps de guerre sur des réseaux sociaux, et le long poème, écrit après le 7-Octobre et les attaques sur Gaza, est rapidement devenu viral. Puis a été traduit, lu sur plusieurs scènes, au Festival d’Avignon l’an dernier…
Il est bouleversant. Parce que le quotidien, les gestes qui doivent persister, les êtres aimés à protéger, la volonté d’écrire, la sororité, les sensations, nous sont familières, mais que les cadavres, le sifflement des bombes, les cris, les immeubles qui tombent, la faim, la douleur, la peur, la panique, la terreur, y deviennent d’autant plus palpables. Réels, insoutenables.
Lorsqu’ on l’entend en français, la force des métaphores discrètes, le rythme des versets, est aussi le signe d’une grande écriture. En arabe, même lorsqu’on ne le comprend pas, sa musicalité apparait d’évidence. Gaza ô ma joie permet d’entendre le poème dans les deux langues : en arabe, par la poétesse elle même, qui vit désormais en Egypte avec ses enfants, mais continue de crier son amour pour Gaza ; en français, comme une traduction directe, par la poétesse marocaine Soukaina Habiballah. Comme si la douleur de Gaza trouvait ici une traduction, un écho, capable de tracer un avenir possible, si ce n’est une joie. A.F.
Les 18 et 19 mai
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon
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