mardi 30 juin 2026
No menu items!
Accueil Blog Page 230

Fest’hiver : À la recherche du moi perdu

0
ADN-histoires-de-familles © P. Gherdoussi

On sait depuis Freud, et sans doute depuis Montaigne, que faire le récit de soi révèle, au-delà de notre conscience, des secrets enfouis par nous-mêmes. L’autobiographie et les autofictions romanesques tournent autour de ces matériaux personnels depuis plusieurs siècles, mais le théâtre s’en est emparé depuis peu. Linda Blanchet, aidée ici à l’écriture par Faustine Noguès, en a fait la matière première de son art, avec énormément de délicatesse. 

Car entrer dans l’intimité des gens, qu’ils soient ou non acteurs, nécessite du tact, de la douceur. Pour y parvenir le public est séparé en quatre groupes et muni de casques. Les premières histoires sont comme susurrées à l’oreille par chacun des comédiens qui emmènent dans la salle. Assis sur le plateau, resserrés autour d’un espace scénique de la taille d’un salon particulier, les spectateurs s’installent dans une sorte d’effraction consentie, qui ressemble aux tests ADN dont il va être question. 

Ces tests « récréatifs », interdits en France pour des raisons d’éthique, se commandent sur internet : vous crachez dans un tube à essai que vous envoyez aux États-Unis, ou en Angleterre, pour qu’ils y comparent votre génotype à d’autres génotypes recueillis auparavant par le même moyen. 

Effraction consentie

Les Histoires de familles auxquelles on assiste tournent donc autour des révélations que son test ADN provoque, pour chacun, dans son propre récit autobiographique. L’une, Italo-Indonésienne, conforte son attachement à un pays qu’elle ne connaît pas ; l’autre, que le test révèle Allemand plutôt qu’Anglais comme sa mère, se met à douter de sa filiation ; et la troisième, qui se croyait issue d’une famille de paysans de l’Allier profondément sédentaires, se découvre une demi-sœur et des origines espagnoles… 

Une partie du spectacle tourne autour de l’enquête, quasi policière, sur ses origines. Les spectateurs, qui sont confrontés au choix de poursuivre ou abandonner l’enquête, reprennent leurs casques, et suivent cette enquête à choix multiples plongés, à nouveau, dans les voix murmurées. Puis le dénouement survient… 

Mais le quatrième comédien, d’origine congolaise, a refusé de faire le test. Parce qu’il sait que les classifications ethniques sont artificielles et peuvent conduire au génocide, ou à l’eugénisme. Il sait aussi qu’aucun des habitants de sa région congolaise n’a les moyens de passer le test, et qu’il n’a aucune chance de se découvrir des cousins, qu’il n’a d’ailleurs pas envie de connaître. 

Chercher, cacher, ou dire. Les origines espagnoles de l’une reposent sur un joli secret, la germanité de l’autre sur une erreur. Quand à Linda Blanchet, descendante de la Shoah, elle porte en elle l’histoire d’une diaspora, et un désir de savoir qui traverse tous les exilés. Bien souvent en vain : elle n’a pas fait le test.

AGNÈS FRESCHEL

ADN/ Histoires de familles a été vu par Zébuline en mai 2023 au Théâtre Joliette, Marseille. et sera joué le 1er février, au Théâtre des Halles, Avignon

Retrouyvez nos articles Scènes ici

Coline et Ô77

0
La Cie Ô77 © Margaux Begis

La compagnie Coline est formée de danseureuses contemporain·e·s en formation professionnelle  de perfectionnement. La promotion 2024-2026 se produira au Théâtre de Fos pour une création que le chorégraphe néerlandais Arno Schuitemaker écrit pour les 14 interprètEs dans sa danse très physique et très plastique. La Compagnie Ô77, formée de trois danseureuses (Emilia SaavedraPaelle, Hugues Rondepierre et Erwin Le Goallec) issu·e·s de la promotion précédente de Coline, présentera pour sa part le trio Oculta, où les relations se tissent entre les corps, les cercles concentriques, et la musique de jouée en live de Charles Antoine Hurel. Un spectacle offert aux abonnés de Scènes & Cinés, et aux écoles de danse. 

AGNÈS FRESCHEL

25 janvier 
Théâtre de Fos

Nuit Liberté : une soirée all inclusive

0
© X-DR

Voilà maintenant douze ans que le festival Vrrraiment propose chaque année un festival à la croisée des esthétiques : dessin, musique et performances emplissent ainsi divers lieux de la ville de Toulon trois jours d’automne durant. Visant la visibilité et l’accessibilité des arts contemporains, il est imaginé par le Metaxu (signifiant “entre-deux”, en grec) : un lieu hybride recevant des ateliers, expositions, performances et concerts dans le centre ville, et ayant à coeur de faire éclore la créativité de tout type de rencontres artistiques, pour tous les publics. C’est à cette image qu’est construite la proposition de la soirée Nuit Liberté, le 24 janvier, au cœur de la scène nationale de Toulon. 

Belles perfs

En accès libre et installée dans le hall du Théâtre Liberté, elle propose cette fois une rencontre entre musique, dessin et poésie. Portées par un collectif d’artistes créé pour l’occasion, sept performances questionnent les liens entre le mot, le trait et la note. Les dessins seront imaginés par Sidonie Bilger, Louis Clais et Elias Hosni, tandis que l’auteur et comédien Thomas Astegiano les mettra en poésie. La bande son, quant à elle, est confiée à Benoît Bottex, fondateur du Metaxu, spécialiste des synthétiseurs modulaires et des mises en musique de performances artistiques ; ainsi qu’à la plasticienne sonore Cassandra Felgueiras, reconnue pour ses inventions d’instruments comme par exemple la body basse (qui permet aux personnes sourdes de ressentir les vibrations de lamusique). Tel un accord « œuvres et vins », un sommelier invité par le Conseil interprofessionnel des vins de Provence proposera un atelier de dégustation ludique. 

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM 

Nuit Liberté
24 janvier  
Théâtre Liberté, Toulon

Retrouvez nos articles Arts visuels ici

Matt Elliott

0
Matt Elliott © Jolann Ambrosio

Parfait et intimiste écrin pour les musiques qui s’écoutent (aussi) avec le cœur, la Mesón recevra Matt Elliott, ce vendredi, sur une proposition de la Responsabilité des Rêves. Les programmateurs, dont nous devinons un certain amour pour la folk et affiliés, invitent un spécialiste de la dark folk à offrir les notes mélancolico-poétiques de son opus Drinking Songs, sorti il y a vingt ans. Le guitariste anglais propose depuis les années 2000 un univers musical introspectif digne d’un voyage initiatique sur les rives méandriques de nos spleens. Une voix murmurée ou chantée gravement qui se pose sur les habiles mélodies frottées ou pincées.

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

24 janvier 
La Mesón, Marseille

Alexandra Grimal 

0
Alexandra Grimal © Denis Rouvre

Du jazz à l’heure du thé. Voilà la dernière proposition de l’Ajmi à Avignon. Ce dimanche, il convie la musicienne Alexandra Grimal. Déjà bien remarquée avec ses deux premiers opus The Monkey in Abstract Harden (2015) et Refuge (2020), elle présente désormais son nouveau projet, en solo, au saxophone ténor – elle ne manque pas d’air, ni de courage. Dans sa musique, on retrouve les voyages de l’artiste, elle qui est née en 1980 au Caire, grandi à Paris, étudié le saxophone à La Haye puis à Helsinki. De quoi bien remplir son bagage musical, qu’elle posera cette fois à Avignon.

NICOLAS SANTUCCI   

26 janvier 
Ajmi, Avignon

Guinguette Sonore à l’Usine

0
Catchy Peril © Margaux Mullet

C’est d’habitude sur le sable de la plage de la Romaniquette, sous les dernières lueurs estivales, que se tient le festival Guinguette Sonore. Mais cette fois, il passe ses habits hivernaux, et s’installe le temps d’une soirée pas très loin de-là, à l’Usine d’Istres. Fidèle à sa programmation rock indé, il invite trois jolis représentants de la jeune scène française. D’abord les excellents marseillais de Catchy Peril et leur disco-punk – plus punk que disco. Puis deux groupes bordelais. Le post punk de Nasty Joe, et l’indie rock de Moloch/Monolyth. Le tout à un tarif plus que raisonnable 12 euros (8 en tarif réduit).

NICOLAS SANTUCCI

25 janvier
L’Usine, Istres 

Biac : Fora

0
Fora - Alice Rende © Clara Pedrol

Le solo de cirque d’Alice Rende est une petite merveille de simplicité et d’intensité. Enfermée dans un tube de verre haut et étroit, la contorsionniste se débat pour en sortir, aller Dehors, Fora. Un argument simple qui tient en haleine, pourtant, tant les changements de rythme, les émotions, sont palpables, et leur sens symbolique infini. Le visage d’Alice Rende s’écrase contre les vitres, on entend le grincement de ses mains, de ses pieds qui cherchent à adhérer à la paroi glissante, en vain. Et surtout, on se demande, qu’arrivera-t-il quand elle sera dehors, en haut, libérée enfin ? Un solo programmé dans le cadre de la BIAC

AGNÈS FRESCHEL

22 janvier
Théâtre Comoedia, Aubagne
24 janvier
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence
31 janvier
Théâtre du Briançonnais
4 février
Théâtre Durance
Scène nationale Château-Arnoux

Ali Zare Ghanatnowi

0
Ali Zare Ghanatnowi © X-DR

En plus d’être un formidable outil pour les artistes réfugiés en France, les Ateliers des artistes en exils c’est aussi l’occasion de découvrir une multitude de talents, de toutes les origines. Ils s’allient cette fois avec La Cimade, autre asso au travail salvateur, qui défend depuis 70 ans la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes. Ensemble ils présentent le travail du cinéaste iranien Ali Zare Ghanatnowi au Vidéodrome 2 (Marseille). Trois courts et moyens métrages sont à découvrir : La Grenade NoireThe Fence et Frontières invisibles (tiens, tiens). 

NICOLAS SANTUCCI

23 janvier
Vidéodrome 2, Marseille

Wagner à Toulon

0
Elisabeth Teige © Simon Pauly

Pour bien commencer 2025, l’Opéra de Toulon convie deux solistes exceptionnels pour un concert consacré aux grandes pages de l’opéra allemand. Spécialiste de ce répertoire, la soprano wagnérienne Elisabeth Teige, habituée des plus grandes scènes dont le Festival de Bayreuth, interprètera les quatre derniers Lieder de Strauss et la Liebestod de Tristan et Isolde de Wagner. Le baryton russe Mikhail Timoshenko qui malgré son jeune âge est déjà un habitué de la scène de l’Opéra de Paris, chantera les Kindertotenlieder de Mahler, poignants chants aux enfants morts. L’ouverture du célèbre Tannhäuser et le prélude de Lohengrin de Wagner complèteront ce programme ambitieux. L’Orchestre de l’Opéra sera dirigé par son directeur musical, Victorien Vanoosten. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

22 et 23 janvier 
Palais Neptune, Toulon

Lignes de fuite 

0
Lignes de fuite © X-DR

Accueillie quelques jours en résidence au Vélo Théâtre, la jeune compagnie Basses fréquences y présente cette semaine sa création Lignes de fuite qui traite de l’univers carcéral, de l’enfermement et du désir d’évasion. Pour explorer ces sujets, les comédiennes et metteuses en scène Clémence Bucher et Sara Louis s’appuient sur une matière à la fois documentaire et artistique. Ainsi, elles mêlent des archives radiophoniques, des entretiens avec des spécialistes et des témoignages avec des extraits de films ou de romans d’évasion. À partir de cette accumulation de documents, elles font émerger une forme singulière qui joue à la fois sur les codes du théâtre et de la radio, qu’elles accompagnent avec une création sonore au thérémine, un instrument de musique électronique.

CHLOÉ MACAIRE

23 janvier 
Vélo Théâtre, Apt