mercredi 1 juillet 2026
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Les Messagères

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TEATER - LES MESSAGERES after Sophocles' Antigone, directed by Jean Bellorini with the Afghan Girls Theater Group: Hussnia Ahmadi, Freshta Akbari, Atifa Azizpor, Sediqa Hussaini, Shakila Ibrahimi, Shegofa Ibrahimi, Tahera Jafari, Marzia Jafari, Sohila Sakhizada at TNP Théâtre National Populaire on June 24, 2023. THEATRE - LES MESSAGERES d’après Antigone de Sophocle, mise en scène de Jean Bellorini avec L’Afghan Girls Theater Group : Hussnia Ahmadi, Freshta Akbari, Atifa Azizpor, Sediqa Hussaini, Shakila Ibrahimi, Shegofa Ibrahimi, Tahera Jafari, Marzia Jafari, Sohila Sakhizada au TNP Théâtre National Populaire le 24 juin 2023.

Les neuf jeunes comédiennes de l’Afghan Girls Theater Group sont arrivées en France en août 2021, après avoir fui leur pays (re)tombé le joug des talibans. Accueillies par le Théâtre National Populaire à Villeurbanne, le metteur en scène et directeur du lieu Jean Bellorini leur propose, suite à plusieurs mois de rencontres et d’échanges, de travailler sur Antigone de Sophocle, l’histoire d’une femme qui dit non. Tout comme elles, qui ont fui l’Afghanistan pour continuer à exister, à grandir, à découvrir. Ainsi est né Les Messagères, pièce qui raconte comment elles en sont venues ensemble à être Antigone. Une aventure artistique, politique et humaine, conjuguée à la retraversée d’un classique. Le spectacle est interprété en langue dari surtitré en français. 

MARC VOIRY

5 décembre
Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

Festival Tous Courts Aix : du court à l’horizon  

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My beautiful doll de Hesam Dehgani (C)persian Magic ArtGroup

Au fil de ses pépites cinématographiques, le festival provençal plonge chaque année ses spectateurs dans un programme riche entre rencontres, projections et compétitions officielles. Organisé par l’association Rencontres Cinématographiques d’Aix-en Provence, Tous Courts propose de nouveaux paysages filmiques, avec cette année une sélection officielle qui réunit 79 films.

Court-métrage, long voyage

Au menu : découvertes, partages et échanges autour de courts métrages en tout genre. Entre fiction, animation, documentaire et expérimental, le festival propose des séances thématiques diffusées en treize programmes, projetés dans différents lieux d’Aix-en-Provence, du Cézanne au Mazarin en passant par la Manufacture. Dix programmes en « compétition internationale » et trois en « compétition expérimentale », laquelle fêtera sa 10e édition cette année.

Deux cartes blanches marqueront aussi le festival, l’une par Oxfam France, l’autre dédiée au cinéma africain, en collaboration avec Africapt, le festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt.

L’autrice Émilie Tronche sera également à l’honneur avec la diffusion de sa série tubesque Samuel lors d’une soirée spéciale, tandis que les masterclass et les films hors compétitions – Films en Régions, les Objets singuliers, Femmes et Cinéma – viendront enrichir cette édition.

LILLI BERTON FOUCHET

Festival Tous Courts
Jusqu’au 7 décembre
Divers lieux, Aix-en-Provence

Tout ça tout ça

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Tout ça tout ça © X-DR

Pour sa deuxième mise en scène, Thomas Resendes s’intéresse au regard que portent les enfants sur le monde qui les entoure avec Tout ça tout ça, une pièce de Gwendoline Soublin. Au départ du récit, la disparition volontaire du jeune Ehsan, 12 ans, qui a laissé pour seul indice une lettre sur son lit, expliquant son angoisse face à la crise écologique. Sa sœur, ses amis et sa baby-sitter se mettent alors à sa recherche avant d’avoir à prévenir les adultes. Un texte écrit à partir d’entretiens réalisés avec des enfants de 4 à 14 ans à propos de leurs « réclamations d’avenir » lors d’une résidence en Suisse, et qui cherche à porter à la scène leur parole et notamment leurs peurs, sans naïveté mais avec espoir, comme un pamphlet joyeux en faveur de l’engagement chez les plus jeunes. 

CHLOÉ MACAIRE

Les 4 et 5 décembre 
Les Salins, scène nationale de Martigues

Midnight mood

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Café Zimmermann © C. Renucci

Ensemble musical en résidence au Théâtre du Jeu de Paume, Café Zimmermann s’est donné pour mission de promouvoir la musique du XVIIIe siècle auprès d’un public élargi, par des actions de sensibilisation inventives. Tout en se produisant en même temps dans les salles de concert et les festivals internationaux parmi les plus renommés, et réalisant des enregistrements discographiques récompensés par plusieurs Diapasons d’Or et Chocs de Classica. Avec Midnight mood, inspiré par des visions de la nuit, à la fois repos et aventure, menace et tentation, veille et rêve, Café Zimmerman invite le public à venir s’immerger dans un assortiment de musiques nocturnes, composé d’arrangements des plus beaux airs des cantates de Bach, des opéras de Haendel ou de Charpentier. 

MARC VOIRY

5 décembre
Jeu de Paume, Aix-en-Provence

Frustration

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FRUSTRATION © Blaise ARNOLD

C’est un totem du rock français, dans ce qu’il a de plus percutant, brutal et authentique. Une aventure sonore qui se balade entre les bas-fonds de Londres et la banlieue froide parisienne. Depuis 21 ans, Frustration ne promet pas de soleil, pas de mélodie accrocheuse, seulement l’énergie de leur punk-cold-wave qui semble inlassablement accroché à l’air du temps. Ce 6 décembre au 6mic, ils sont accompagnés par une autre signature de Born Bad Records, l’envoûtant Vox Low et son panaché de krautrock, cold-wave et dub. N.S.

6 décembre
6mic, Aix-en-Provence

Cartoon

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Cartoon © Christophe Raynaud de Lage

Sur la scène, la famille Normal : il y a les parents, Norman et Norma, Jimmy, Dorothy, un bébé, un chien et un poisson rouge. Apparemment, tout ce qu’il y a de plus normal ! Sauf que pas du tout… Ce sont des « toons », personnages de dessins animés, dont les vies répondentaux règles du genre : par exemple, les animaux parlent, et chaque matin, tout redémarre à zéro. Ils ne ressentent jamais la douleur, ne vieillissent pas et ne meurent jamais. Une situation imaginée pour le théâtre par l’auteur anglais Mike Kenny, qui écrit surtout pour le jeune public, mise en scène par Odile Grosset-Grange, comédienne et directrice artistique de La Compagnie de Louise, qui travaille sur les textes de Mike Kenny depuis plusieurs années (elle a monté cinq de ses pièces). Et s’adresse aussi principalement au jeune public, en cherchant à aborder, à hauteur d’enfants, des thématiques graves et actuelles, avec humour, sens du rythme, et mélange des genres. Plus grosse production de la compagnie à ce jour, Cartoon mêle théâtre d’objets, marionnettes, tours de magie, comédie musicale, et jeux de lumière. Un récit initiatique qui entend prendre des airs de conte, autour de l’acceptation de notre passage éphémère sur Terre, de la normalité et de la fantaisie, de la victime et du bourreau, et de la magie du spectacle vivant ! 

MARC VOIRY

7 et 8 décembre
Les Salins, scène nationale de Martigues

Jour de fête 

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© X-DR

À l’occasion de la 4e édition des Rencontres de l’éducation populaire, Friche La Belle de Mai accueille Jour de fête, un spectacle chorégraphique en plein air mis en scène par la Cie F/Arthur Perole, avec pour décor principal un carrousel conçu par les Ateliers Sud Side. Sur ce manège, les chevaux de bois sont remplacés par des créatures comme un requin-chaussure ou un pingouin judoka. De drôles d’animaux que les enfants seront invités à fréquenter de plus près à l’issu de la représentation, en montant à bord du carrousel en compagnie des danseur·euse·s. Originellement créé à l’occasion de l’arrivée de la flamme olympique dans la cité phocéenne, cette fête spectaculaire et machinique est une célébration de la ville de Marseille, avec un versant écologique dans son propos.

CHLOÉ MACAIRE

7 décembre 
Friche La Belle de Mai, Marseille 

Ma couleur préférée 

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Ma couleur preferée © Arnaud Bertereau

Qu’est ce que notre couleur préférée dit de nous ? Et plus largement, que provoque en nous la perception des couleurs ? Voilà les questions que pose l’auteur Ronan Chéneau dans sa pièce jeune public Ma couleur préférée [Lire notre article ici], mise en scène par David Bobée. Partant d’une situation tout à fait banale – trois amis doivent choisir une couleur pour repeindre leur maison – ce texte développe un discours qui fait directement appel aux sensations des enfants. Et à la façon dont iels appréhendent le monde pour aborder une diversité de sujets ayant attrait aussi bien aux arts, aux émotions ou à des questions de société comme l’écologie ou le racisme. Une pièce qui invite les plus jeunes à l’esprit critique.

CHLOÉ MACAIRE

Du 5 au 7 décembre 
La Criée, théâtre national de Marseille

« Specky Clark », la fresque fantastique d’Oona Doherty

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Specky Clark © Luca Truffarelli

Les références, dans Specky Clark, abondent. Et prennent toutes leur sens une fois conjuguées les unes avec les autres. Il y a, bien entendu, l’histoire de cet ancêtre, Edward, auquel Oona Doherty entend rendre hommage. Le folklore irlandais unissant le passé au présent, les vivants aux morts, l’animal à l’humain ; la fable, aux accents orwelliens, empruntant à la ferme un imaginaire et une symbolique ; le cinéma tragi-comique de Neil Jordan, marqué par Patrick McCabe, et sa description, dans The Butcher Boy, de l’Irlande des années troubles ; et bien sûr le prolétariat britannique et sa fureur dansée, immortalisée par les pas enragés de Billy Elliot. Cela fait beaucoup à embrasser pour Oona Doherty (Lire notre entretien ici)qui, avec ce ballet de grande ampleur narrative et formelle, entend s’imposer comme chorégraphe après avoir marqué la scène en tant que danseuse. 

Redistribution des cartes

Mais la jeune nord-irlandaise étreint sans peine et avec passion son sujet et ses moyens, nombreux et souvent surprenants, de l’explorer. On retrouve ici intacts son goût de l’image, du ralenti, et cette danse marquée par la violence, la virilité et la colère du prolétariat, d’une grande physicalité et d’une expressivité plus grande encore. Cette danse si reconnaissable dont l’impressionnante Faith Prendergast s’empare en endossant brillamment le rôle d’Edward Doherty : un jeune adolescent rebaptisé Specky (« binoclard » en anglais) en raison de ses épaisses lunettes, forcé, à la mort de sa mère, de devenir garçon boucher. Ces ensembles où apparaît dans un élan collectif la possibilité d’enfin faire corps, dans une redistribution des cartes, des rôles et même des genres. Mais aussi cette place plus grande que jamais accordée au texte signé par Doherty elle-même, faisant ici entendre une langue acérée, pleine de grandiloquence, d’humour mais aussi de tendresse pour ses personnages. Le théâtre occupe ici une place importante, servi par des interprètes rompus à différents modes de jeu, dont l’étonnant Gerard Headley dans un beau rôle de revenant. 

SUZANNE CANESSA

Specky Clark a été joué les 22 et 23 novembre au Pavillon Noir d’Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Scènes ici

Fascisme et rigolade au Domaine d’O

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Edelweiss © Jean-Louis Fernandez

Il faut du culot pour aborder frontalement le sujet de la Collaboration française au théâtre, encore plus pour en faire une comédie qui prend ses membres éminents comme protagonistes. Et il faut du génie pour créer un spectacle qui mobilise théâtre, vidéo, musique live, humour guignolesque et éléments documentaires, dans lequel les acteur·ice·s endossent chacun·e plusieurs personnages, et ne jamais perdre son public. 

Ce culot et ce génie, ce sont ceux de Sylvain Creuzevault. Avec Edelweiss [France Fascisme] le metteur en scène propose une fresque satirique, féroce et efficace, qui dissèque les mécanismes idéologiques des milieux collaborationnistes, avec un humour tranchant, tout en mobilisant des références pointues relatives aux milieux collaborationnistes, sans se priver d’anachronismes évidents.

La pièce s’ouvre sur le procès pour « intelligence avec l’ennemi » de Robert Brasillach (Charlotte Issaly), rédacteur en chef du journal collaborationniste Je suis partout. Celui-ci, loin de s’excuser, encaisse sa condamnation à mort en entonnant une Strasbourgeoise véhémente. Le ton est donné. 

Délires et nuances 

La suite de la pièce consiste en un long flashback, parsemé de vidéos stroboscopiques et de scènes délirantes, qui débute le 22 novembre 1941, un an après l’armistice. Deux heures durant, on suit le parcours des journalistes de Je suis partout et d’hommes politiques tels que Marcel Déat, Jacques Doriot et Pierre Laval, tous trois plus ou moins notoirement venus de la gauche. On croise avec eux des travailleurs, des ambassadeurs, quelques opposants politiques ou encore Jeanne Rebatet, mère de l’auteur Lucien Rebatet. La relation de cette dernière, maurassienne germanophobe, avec son fils pro-nazi, illustre subtilement les divergences profondes de l’extrême droite de l’époque. 

La mise en scène, pourtant tape-à-l’œil et imprévisible, n’aliène presque jamais le sens de la pièce, ni son objectif de mise en garde contre les dérives fascistes. De manière générale, la pièce nuance l’homogénéité idéologique de l’époque de façon à illustrer la citation de Bertold Brecht « Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, mais son évolution en temps de crise », cité par Creuzevault lui-même comme référence. 

CHLOÉ MACAIRE 

Edelweiss [France Fascisme] a été joué du 13 au 15 novembre au Domaine d’O, Montpellier

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