dimanche 22 février 2026
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Toux pour la musique

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Gauthier Toux trio © Gérard Tissier

« Ce morceau est sorti de nulle part. Au début, il y avait un rythme sans mélodie, du verbe sans doute… voilà une façon de commencer », sourit Gauthier Toux alors qu’il salue, après son entrée en matière musicale, le public massé dans la salle du Moulin à Jazz qui affiche complet. Les trois musiciens complices depuis plus de dix ans, Gauthier Toux (piano), Simon Tailleu (contrebasse) et Maxence Sibille (batterie) forment un trio de choc sur la scène du jazz français. Le premier cumule les distinctions : lauréat La Défense Jazz Festival, Tremplin Jazz à Vienne, Révélation Jazz Magazine, Talents Jazz Adami … Le dernier album du trio, The Biggest Steps (une petite merveille à écouter en boucle), né d’un long mûrissement lors des années de pandémie, voit de nombreux morceaux cités au cours du concert, tissés avec les pièces nouvelles. « Durant notre résidence ici, on a cherché et trouvé en expérimentation ce que vous allez entendre, explique le pianiste. Si notre dernier album est très acoustique, notre musique est aussi au cœur des influences du hip-hop et de l’électro, avec beaucoup d’improvisations que nous avons creusées ». Sur les nouveaux morceaux se posent des titres, « peut-être pas définitifs » : La pente, ruisseau délicat de notes soutenues par une batterie aérienne, Patience et son piano séraphique conjugué aux perles de temps immuables de la contrebasse, Sur le fil et l’époustouflante indépendance rythmique des mains sur le clavier… 

Subtiles variations
Sans compter quelques pépites à paraître sur le vinyle prochain, bâti avec des musiques de Biggest Steps dont les constructions envoûtent par leurs répétitions ostinato aux subtiles variations, leurs montées en puissance comme dans l’hypnotique Turning around, ou la luxuriance de The Biggest Steps où la main gauche du pianiste s’accorde aux rythmiques de la batterie tandis que la droite se fond dans les notes perlées de la contrebasse. Un hommage à Paul McCartney, Jenny Wren, flirte avec les ragas de l’Inde et les accents du duduk arménien. Twelve, solo de piano délicatement onirique, est une chanson sans paroles, « composée pour ma femme avant qu’elle le soit », raconte Gauthier Toux. À l’ovation des spectateurs répondent la chanson des Beach Boys Wouldn’t be nice et A secret place, « écrit un dimanche matin à Marseille, chez Hélène Dumez qui nous a accueillis en résidence alors que tout était fermé », dédicace sous la forme d’un paysage d’âme, comme toutes les pièces de ce trio qui sait si bien inventer de nouveaux modes en abolissant les frontières entre les genres musicaux et dessinant ses propres labyrinthes.

MARYVONNE COLOMBANI

Le concert de Gauthier Toux Trio a eu lieu le 24 février, au Moulin à Jazz, Vitrolles.

Scandale nucléaire

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La Syndicaliste © 2022 Guy Ferrandis - Le Bureau Films

Des enjeux économiques majeurs, de l’espionnage industriel, des millions d’euros sur et sous les tapis, des mensonges d’État, des luttes intestines dans les coulisses du pouvoir et…une lanceuse d’alerte un peu trop opiniâtre qui devient gênante. À n’en pas douter, tous les ingrédients d’un thriller politique sont présents dans La Syndicaliste, un livre que la journaliste Caroline Michel-Aguirre a consacré, en 2019, à l’affaire Maureen Kearney. Jean-Paul Salomé l’a bien compris, qui l’adapte au cinéma, conservant son titre et sa structure d’ensemble.

Areva dans la tourmente
Pour ceux qui ont oublié l’ « affaire » ou n’en ont jamais entendu parler : Maureen Kearny, Irlandaise, mariée à un ingénieur du son français, est engagée comme professeur d’anglais chez Areva, fleuron de la technologie nucléaire française, au début des années 2000, devient représentante syndicale CFDT, et se bat bec et ongles pour défendre les intérêts des 50 000 employés du secteur. En 2012, la patronne « de gauche » de l’entreprise, Anne Lauvergeon, avec laquelle Maureen collaborait étroitement, est évincée au profit de Luc Oursel. Maureen apprend que ce dernier s’est associé aux négociations secrètes entre Henri Proglio, directeur sarkozyste d’EDF, et la CGNC, visant à un transfert de technologie à la Chine. L’accord signerait la fin d’Areva et la suppression de milliers d’emplois. Maureen enquête, fouille, interpelle, exige la transparence sur ces transactions, demande appui aux politiques, qui dans le contexte du changement de présidence, se dérobent ou lui mentent éhontément. La syndicaliste a-t-elle fait trop de vagues ? Le 17 décembre 2012, sa femme de ménage la retrouve, un matin, ligotée à une chaise, un bonnet enfoncé jusqu’à sa bouche bâillonnée. Sur le ventre, un A majuscule scarifié. Entre ses cuisses ouvertes, un couteau dont le manche a été enfoncé dans le vagin. L’enquête, étiquetée « sensible » par le procureur, conclut à une affabulation et transforme la victime en coupable. Deux procès aux conclusions opposées suivront, à cinq ans d’intervalle. Hormis sa famille, seuls ses amis syndiqués la soutiendront jusqu’au bout.

Mise en scène efficace
Tout en ménageant le suspense et en conservant une certaine opacité, le réalisateur démonte une procédure à charge empêtrée dans des préjugés masculins. Il s’attache surtout à brosser le portrait d’une femme dont on se sert, qu’on manipule peut-être, puis qu’on piétine et oublie. Une syndicaliste a-typique, à l’approche plus anglo-saxonne que française, arborant des vêtements de couleur et des bijoux fantaisie, loin d’une grise réserve, s’adressant aux dirigeants sur un pied d’égalité, se mêlant de tout. « Mais pour qui vous prenez-vous ?» lui lancera le colérique Luc Oursel. Une victime qui n’a pas, selon les policiers, le « bon profil » : elle ne pleure pas assez ! Et puis, pourquoi ne s’est-elle pas débattue ? n’a pas crié ? Comment croire d’ailleurs une ex-alcoolique déjà violée dans sa jeunesse, suivie par un psy, lisant des romans policiers et bluffant aux cartes ?  

Dans le rôle titre, Isabelle Huppert, qui interprétait la Daronne dans le précédent film de Jean-Paul Salomé, plus mimétique que jamais, frange blonde et chignon Vertigo, colle impeccablement à son modèle. Excellent casting avec une mention spéciale pour Grégory Gadebois, dans le rôle du mari de Maureen, qui offre en rempart contre l’adversité, son corps massif, et la délicatesse pudique de ses sentiments. 

Le film à la mise en scène efficace, suit le calvaire de celle qu’on n’écoute pas. Une femme fragile dont le réalisateur révèle la force.

ÉLISE PADOVANI

La Syndicaliste, de Jean-Paul Salomé
En salle depuis le 1er mars

L’âge d’or d’Opio

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Si tu es un homme © JHR films

C’est un joli mot « orpailleur ». Et l’or brille depuis toujours dans nos imaginaires. Les mines d’Afrique de l’Ouest  nous ramènent à une réalité moins aimable, à la poussière de la terre aride, aux exploitations sans normes de sécurité, à la pauvreté des familles et au travail des enfants. Après un court métrage en 2015 tourné dans une mine d’or illégale au Bénin, Simon Panay, pour son premier long métrage documentaire, retrouve son filon aurifère. Au Burkina Faso cette fois, dans la mine artisanale de Perkoa, choisie parmi des dizaines d’autres du même type. Là, il rencontre Opio Bruno Bado, jeune garçon d’une dizaine d’années, au charisme exceptionnel. Il a 13 ans au moment du tournage. Trop jeune pour descendre dans des trous non étayés, à plus de 200 mètres sous terre, il travaille en surface. Il remonte les mineurs suspendus à une corde, en actionnant un treuil. Il vit dans le campement des mineurs, à 5 kilomètres du village où résident son père, les deux épouses de ce dernier et la fratrie nombreuse. Une famille à laquelle il abandonne ses maigres revenus. Payé par des sacs de cailloux, il doit, en effet, broyer, mouiller, tamiser, chauffer ces pierres, pour parfois tirer un peu de poussière d’or. Une miette de pépite qu’il devra encore réussir à vendre au bon prix. Opio a quitté l’école au CE1. Il ne sait ni lire ni écrire. Son père voudrait qu’il  intègre un centre d’apprentissage pour s’assurer un avenir plus sûr mais les frais de scolarité sont trop importants. Opio doit se débrouiller tout seul pour réunir l’argent. Il demande alors à son chef une dérogation pour descendre dans les galeries souterraines, où, avec l’aide de Dieu, de la chance ou de la magie d’un marabout, on peut devenir riche, dit-on. 

Dans le trou noir de la mine
Simon Panay ne le lâchera pas. Dès les premières images, caméra épaule, il suivra le jeune Burkinabé de dos, se découpant sur un environnement flou, ouvrant le chemin et le cadre. Il le filmera de face dans la dernière séquence, affirmant avoir voulu l’« insérer dans le décor…  trop absorbé par cet univers pour pouvoir s’en détacher ».  Il l’accompagnera lors de la première descente dans le trou noir de la mine, passant d’un plan sursaturé de lumière blanche à la nuit souterraine éclairée à la torche. On verra Opio dans les gestes du travail, dans les moments familiaux, et ceux de détente avec ses compagnons. Trop petit pour le vélo qu’on lui prête, les bras trop peu puissants pour tirer les adultes hors du puits, ou pour attaquer la paroi au marteau et  au burin. Trop enfant pour subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. Et pourtant assez grand, assez fort, assez adulte pour tout ça. Si tu es un homme, dit le titre… Il reste à Opio assez d’enfance pour se balancer sur les branches d’un grand arbre dans un rare moment de grâce. Et un regard sans âge, si triste. Aucun misérabilisme ni complaisance dans ce film. Aucun pathos, ni jugement. La photo en lumière naturelle saisit la beauté âpre de ce « pays des hommes intègres », signification de Burkina Faso, où tant de Mozart sont assassinés.

ELISE PADOVANI

Si tu es un homme, de Simon Panay
En salle depuis le 1er mars

Voyage en Lettonie

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Orchestre symphonique national de Lettonie © Janis Porietis

C’est un public nombreux, divers et enthousiaste qui est venu assister au concert proposé par le Grand Théâtre de Provence, le 22 février. On n’y trouvait à l’affiche que des tubes : le Roméo et Juliette de Prokofiev dans sa version suite, et surtout le Concerto pour piano n°2 en do mineur de Rachmaninov, interprété par l’immense Andrei Korobeinikov. Un programme particulièrement alléchant pour les initiés comme pour le grand public. Loin de se contenter de remplir leur cahier des charges, les musiciens ont très vite outrepassé toutes les attentes. Et ce dès l’ouverture du concert, sur la pièce de Peteris Vasks, Musica Serena, composée en 2015. Car c’est une tout autre star qui se révèle : l’Orchestre national symphonique de Lettonie, dirigé à la perfection par Andris Poga. L’œuvre composée uniquement pour cordes évoque la « tintinnabulation » chère à Arvo Pärt, l’émotion pure d’un Barber. Tâtonnante sur ses premières mesures, elle se fait de plus en plus mélancolique et touffue. Cette partition assez passionnante se voit vite sublimée par la technique ahurissante de la phalange, qui donne de l’épaisseur au moindre trait, et du sens à chaque impulsion. 

Goût du chant et de l’épure
Ses qualités d’écoute, d’entente se révèlent encore plus impressionnantes sur le concerto de Rachmaninov. L’œuvre, souvent réduite à son lyrisme échevelé et à ses tonalités sucrées, est ici traitée comme un dialogue à armes égales entre le piano tendre de Korobeinikov et l’orchestre, attentif et précis, et d’une sensibilité tangible. Les vents, absents chez Vasks, se révèlent sur des passages solistes impeccables : le cor, sur le premier mouvement, la flûte sur le second. Le même goût de la simplicité, le même penchant pour la pudeur dominent sur ce concerto qu’on aura rarement entendu aussi bien interprété. Son troisième mouvement, galopant et déchaîné, déploie son fugato avec grâce. En bis, la Valse Triste creuse ce même sillon, que le bis de l’orchestre, la Valse Mélancolique du letton Emīls Dārziņš, explorera de plus belle : le goût du chant et de l’épure qui nous emmène tout droit vers la mer Baltique. Mais aussi et surtout le tragique et l’inquiétude qui pointent dans cette Lettonie encore fragile. Au retour de l’entracte, la terre fait son retour sur Prokofiev et ses danses à des années lumières d’une interprétation germanisante appuyant sa parenté avec le Tristan et Isolde de Wagner. L’amour impossible des amants cède ici le pas au goût de la danse, du mouvement et de l’énergie vitale, auxquels l’orchestre sait prêter sa vélocité et la finesse de ses contours. Une merveille de plus.

SUZANNE CANESSA

Ce concert a été donné le 22 février au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Mars en baroque, et ça repart !

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Mars en baroque - La Stagione Armonica ©Fabrizio Zani

Comme chaque année, Mars en baroque axe sa programmation sur une thématique forte et assez large pour fédérer au-delà du simple cercle d’initiés. Il s’agira, pour cette 21e édition, de la voix et son apport considérable à la musique. C’est en effet à partir de la voix et de la polyphonie que la musique baroque s’est épanouie et complexifiée. Et s’est érigée autour d’une forme nouvelle : l’opéra. Le Dafné de Caldara sera notamment chanté dans son intégralité le 21 marsau Théâtre de la Criée par le Concerto Soave. Les chefs-d’œuvres du genre seront également de la partie, de même que les pièces plus confidentielles, bien que tout aussi passionnantes. Les friands de Renaissance pourront se ruer à l’église Saint-Théodore, le 18 mars, pour un concert de La Camerata Chromatica célébrant le chiaroscuro napolitain. Les fous de Buxtehude pourront également, entre autres, se délecter des cantates Membra Jesu Nostri interprétées le 14 marsà l’abbaye Saint-Victor par l’Ensemble Correspondance, sous la direction de Sébastien Daucé. Ou encore le 28 marsau temple Grignan pour un concert de l’Ensemble Inalto, accompagné par l’organiste Bernard Foccroulle.

À la croisée des mondes
On attend également de pied ferme la Missa in illo Tempore de l’immense Monteverdi, qui posa en 1610 les jalons d’une nouvelle esthétique, d’une nouvelle école de composition et de ce nouveau genre vocal. Sa sublime messe sera interprétée par l’ensemble Musicatreize, accompagné à l’orgue par Mathieu Valfré et Jean-Marc Aymes, directeur artistique du festival, le 17 mars, encore à l’Église Saint-Théodore. En regard de ce monument, une pièce très prometteuse du compositeur Dominique Lièvre sera créée sur un texte de l’autrice Kévaly Kheuanesombath. Ce Noir Lumière et Outrenoir pensé comme un hommage à Pierre Soulages rassemblera les membres du chœur et le violoncelle de Frédéric Audibert, sous la direction de Roland Hayrabedian. Ce désir d’ouverture trouvera également dans le travail de la chorégraphe Agostina D’Alessandro un écho original. Son spectacle The Nature of Intimacy, pensé autour d’œuvres vocales de la compositrice italienne Francesca Caccini et de musiques originales de Selma Mutal, sera donné au Ballet National de Marseille les 18 et 19 mars. De quoi se souvenir que les compositrices, avant de se voir poliment oublier, officiaient dès le XVIIe siècle…

Célébrer Marseille
Mars en baroques’attache une fois de plus à célébrer ses forces locales, ainsi qu’à proposer nombre d’actions culturelles. Outre plusieurs ateliers, projets pédagogiques et autres répétitions ouvertes à destination des publics scolaires et étudiants, le festival accorde une place de choix au Conservatoire Pierre Barbizet. En témoignent les préludes orchestrés par ses soins du 4 au 13 mars. On a notamment hâte d’entendre la Messe de Noël de Marc-Antoine Charpentier, donnée le 4 mars, les Cantates et Chorals de Bach, donnés respectivement les 6 et 13 mars … Et bien d’autres programmes alléchants. Belle idée également que de donner cinq concerts, du 7 au 10 mars, dans différentes unités des Hôpitaux de Marseille. Dont celui du 7 mars à 14 heures, ouvert au public.

Un programme exigeant
Comme chaque année, les amateurs d’orgue et de musique instrumentale auront de quoi faire, en dépit de la thématique choisie. Emmanuel Arakélian et Jean-Marc-Aymes uniront leurs forces le 12 mars sur un programme consacré intégralement à Buxtehude. L’éolienne accueillera l’ensemble Ici en Deux pour un programme Bach transcrit pour orgue et flûte à bec. De nombreuses conférences seront également données tout au long du festival au Conservatoire, à la salle Musicatreize, aux Archives départementales et à la bibliothèque de l’Alcazar pour faire la lumière sur les compositeurs, compositrices, lieux et époques traversés par ce festival foisonnant. Avec un souci intact de partage et d’exigence.

SUZANNE CANESSA

Mars en baroque
Du 4 au 31 mars
Divers lieux, Marseille
marsenbaroque.com

Maculée connexion 

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Là © Francois Passerini

L’agenda culturel fait bien les choses. Quelques jours avant de présenter leur fresque Falaise, à Marseille, le premier volet du diptyque de la compagnie catalane Baro d’evel était de passage à Aix-en-Provence. éblouit d’abord par son enceinte blanche sur un plateau nu. Pas longtemps. Les parois en papier immaculés sont vite transpercées par l’intrusion d’un homme d’abord (Blaï Mateu Trias), d’une femme ensuite (Camille Decourtye), vêtus de noir. Un tableau bichromatique à l’instar du plumage du troisième personnage, un corbeau-pie. Phrase hésitante et incomplète pour l’un, onomatopées, spasmes et logorrhée pour l’autre, le binôme humain en totale déconnexion apparente va cheminer pendant l’heure dix du spectacle, d’incompréhension en évitement, jusqu’à admettre une attraction convergente devenue évidente et qui les dépasse. Par ses sautillements de cour à jardin ou un survol de ses protégés, l’oiseau ne manquera pas de les guider dans leur rapprochement. Tout en leur rappelant une urgence. Celle sans doute de s’apprivoiser pour refaire société, sur les ruines d’un monde manichéen dont ils viendraient de s’affranchir. Au fur et à mesure qu’ils se frottent aux murs y apparaissent des traînées noires quand le noir des costumes se teinte lui de blanc. Allégorie du dialogue, du métissage.
Quels messages ont-ils à nous transmettre dans ce langage imprécis, pourtant limpide dans son désir de communiquer, de faire un pas vers l’autre, de donner du sens à leur humanité ?
Les lignes que lui dessine sur les murs sont-elles là pour délimiter le nouvel espace, le nouveau monde qu’ils ont à inventer avant de l’occuper ? A moins qu’elles incarnent le trait de la création artistique, dans une société capable de considérer la culture non essentielle. Le chant lyrique – une autre corde à l’arc de Camille Decourtye – et la musique de Purcell accompagnent les figures acrobatiques, discrètes mais présentes, du couple circassien qui, dans sa quête et son apprentissage, n’en oublie pas de détourner les codes de la discipline. Et quel que soit le mystère à percer, la force poétique et symbolique de , elle, est éclatante. Conte fantastique dont le récit épuré et recentré tranche avec le foisonnement de Falaise, nous dit avec espoir la simplicité du monde quand celui-ci peut nous en faire douter. Une simplicité qui n’est pas dans la binarité mais dans l’hybridation et le mélange. Des couleurs, des genres et des disciplines.

LUDOVIC TOMAS

 a été joué les 25 et 26 février, au Pavillon Noir, Aix-en-Provence.

Courir pour vivre

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La jeune Thérèse court dans la forêt. Elle se répète les paroles de son frère, apprises par cœur, lui indiquant l’itinéraire à suivre. Elle court sans se retourner, pour mettre le plus de distance possible avec celui qui va sûrement la poursuivre, comme il poursuit toujours ses proies, ses « trophées », les animaux sauvages qu’il capture et séquestre. Quand Thérèse était arrivée à la ferme, le Chasseur avait pensé pouvoir en faire la nourrisseuse des bêtes. Cela l’a probablement sauvée. S’acquittant bien de sa tâche, elle a été nourrie. Maltraitée mais vivante, avec vrillé au cœur, le souvenir de son frère, Jean, perdu dans la cohue de l’Exode. Il avait eu le temps de lui donner rendez-vous à Valchevrière, dans le Vercors, après la guerre. C’est l’espoir de le retrouver qui lui donne courage et énergie. Elle court donc, elle a enfin réussi à s’enfuir dans la nuit, un croûton de pain dans la poche. Cette course lui rappelle celle de l’Exode, quatre ans plus tôt, où elle a pu monter dans un wagon à bestiaux alors que la cohue des fuyards la séparait de Jean. 

Orpheline sans frère
Tout au long de son court récit, Fanny Wallendorf alterne les deux temporalités : celle de la séparation et celle de la fuite, celle de l’anéantissement et celle de l’espoir. En juin 1944, le débarquement en Normandie vient de commencer, cela a donné a donné à Thérèse l’élan pour s’évader. Elle court vers son frère maquisard. Elle arrive sur le plateau. Puis c’est Valchevrière. L’image de son frère se fait plus violente. Mais au lieu de la bergerie, des animaux, de la vie, c’est l’absence, « la coulée noire de la guerre », qu’elle trouve. Il ne reste rien. Orpheline sans frère. Dans cette désolation, Thérèse fait la rencontre de ce qu’elle croit d’abord être un loup. Il s’agit en fait d’un magnifique renard noir que l’on ne voit que très rarement et peut-être uniquement en imagination. Cette apparition la sort de sa torpeur, la sauve. Elle va pouvoir descendre dans la vallée, trouver la ville où elle devait s’installer avec Jean…

Le récit émeut. Proche des contes de l’enfance avec cet ogre-chasseur cruel et la nature protectrice et amie, il montre la prise de conscience de la noirceur et de la mort mais aussi la force vitale qui redonne le souffle.

CHRIS BOURGUE

Jusqu’au Prodige, de Fanny Wallendorf
Finitude - 14,50 €

Béziers/Lafore : « Une bulle entre oxygène et champagne »

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David Lafore et Jeanne Béziers © Pierre Béziers

Les deux artistes, l’une autrice, metteure en scène et comédienne, l’autre auteur, compositeur, chanteur, poète, partagent l’amour des mots et de la scène. Entretien avant que tout ne commence. (Lire notre article sur le spectacle ici)

Zébuline. Comment avez-vous décidé de travailler ensemble ?
David Lafore
. (à Jeanne Béziers) Je t’attendais et tu es venue ? (Rires)
Jeanne Béziers. Je suis allée écouter David Lafore que je ne connaissais pas à Avignon, l’été dernier. J’y étais en touriste et j’avais coché son spectacle dans le programme sans savoir si j’irais vraiment, c’était à onze heures du soir. Et puis, je suis tombée sous le charme de ce type avec ses grandes chaussettes, en familiarité complète avec le public. À la fois original et inattendu, un artiste que j’ai tout de suite pensé pour l’Ouvre-Boîte qui s’intéresse non à programmer des choses toutes faites mais à offrir des temps de travail et d’expérimentation.  
D.L. Je joue beaucoup tout seul et fabriquer quelque chose de rapide à deux m’a intéressé. La scène c’est fait pour ça. Certes, un spectacle a des ficelles, mais en le montant rapidement on échappe à la lourdeur des grosses mises en scène. On a trois jours, presque quatre pour mettre en place le spectacle. C’est une bulle entre oxygène et champagne.
J.B. Mon dernier spectacle a mûri longtemps durant la période du Covid. Ici s’annonce une partie de plaisir, car tout sera dans la rapidité de l’improvisation.

Vous avez déjà pensé à une trame, un thème ?
(Rires)
J.B. Non ! Cet entretien peut être considéré comme notre première étape de travail !
D. L. Si nous n’avons pas d’idée, on prendra mon concert comme solution de repli.
J.B. Oui, on peut faire entendre David et moi je mettrai les pieds dans le plat. Je peux, par exemple faire du play-back pendant que tu chantes derrière moi, ou établir un dialogue entre chanson et théâtre. J’ai commencé par le chant lorsque j’ai débuté.
D.L. Et moi, j’ai commencé par le théâtre. En croisant tout cela, ça nous fait un bain de jouvence !

Pourriez-vous nous parler du titre du spectacle ?
D.L. Le titre est ultra- simple : la scène c’est pour faire des trucs. Les trucs nous renvoient à la magie. Nous sommes deux magiciens, plus forts en apparitions qu’en disparitions.
J.B. Quoique… On pourrait échanger des parties de nos corps, fabriquer une espèce de chimère. C’est une blague, mais c’est aussi très sérieux.
D.L. J’aime bien l’idée du play-back, du doublage de cinéma. Par rapport aux trucs théâtraux, rien n’est décidé pour l’instant. On pourrait suivre la piste d’une chanson.
J.B. On se lance dans le vide avec l’expérience de chacun derrière. Le théâtre, c’est là où je me sens le plus chez moi, où je n’ai plus d’angoisses, et pour David, c’est pareil. On vit au théâtre l’expérience du moment présent, on en a pleinement conscience dans cette communion profane. Que les spectacles me plaisent ou pas, ils m’apportent une entrée différente dans le monde, un autre regard. 
D.L. De toute façon, c’est toujours une situation étrange de penser que des gens viennent me voir. Le quatrième mur me dérange un peu.
J.B. Il va falloir penser à la règle du jeu, au pacte que l’on passe pour ce spectacle avec le public. La musique peut être ce quatrième mur. Le spectacle est toujours un endroit métaphysique, une aire de jeu ; ce qui n’empêche pas la gravité. Il faut qu’on se laisse de l’espace pour que cela joue.
D.L. On ne pourra pas faire un truc où il n’y a pas de jeu dans les gonds. Avec le jeu du doublage, on peut arriver à des choses assez drôles, à des questions inédites, comme définir ce qu’est une voix. On est parfois surpris de s’entendre parler… La voix donne des indices sur notre origine, notre classe sociale, c’est un endroit où l’on peut s’amuser.

La voix comme un masque ?
J. B. Oui, c’est aussi notre endroit de fragilité. Ce que j’aime chez les grands chanteurs, c’est la conjugaison entre la sûreté des notes et la fragilité des interprètes.

Un mot de la fin ?
Ensemble. Non, car c’est un début.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARYVONNE COLOMBANI

David Lafore et Jeanne Béziers font des trucs ensemble
3 et 4 mars
L’Ouvre-Boîte, Aix-en-Provence
04 42 38 94 38
theatredumaquis.com 

Tout feu tout flamme

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Exposition Grillée, de Tamar Hirschfeld, au musée des Beaux-arts de Marseille

Née à Jérusalem, installée à Bruxelles et Tel-Aviv, Tamar Hirschfeld a été accueillie durant deux ans au Cirva*. Une résidence ultra fructueuse si l’on en juge par l’exposition Grillée qui redéfinit la notion de chef-d’œuvre. Qui nous fait regarder la « grande » peinture autrement et communiquer avec les objets du quotidien à travers de mini mises en scène. 

Jeu de piste

Imprégnée de culture française, notamment sa propension à parler de gastronomie à l’heure du déjeuner, l’artiste invente un personnage fortement inspiré par sa vie marseillaise, Madame Kebab, dont le corps en terre est un héritage du passé antique de la ville, agrémenté d’aubergines et de tomate en verre coloré. Évocation décalée de la féminité et de la mère nourricière. Plus explicite, la série Les Croissants fertiles aux teintes translucides et multicolores attire la convoitise et la gourmandise, leur brillance pastel faisant écho à la peau diaphane des chérubins peints par Philippe de Champaigne dans L’Assomption de la Vierge. Quant à Monsieur Covid qui marmonne des propos inaudibles, il est encore hébété par la pandémie : il faut donc s’approcher, tendre l’oreille, rester attentif, une démarche que l’artiste aime particulièrement provoquer. De la même manière qu’elle nous invite à décrypter les correspondances entre les objets archéologiques découverts au musée d’Histoire, réinventés par ses incises et ses colorations, les peintures de la Renaissance du musée des Beaux-arts et ses créations réalisées par les maîtres verriers. Il n’y a donc pas de hasard dans l’installation au pied de la toile de Rubens, La Chasse au sanglier, de son Canard guerrier inspiré par une pièce de la collection du musée d’archéologie méditerranéenne. Celui-ci tient dans son bec un bébé lové dans un filet de pêche faisant entendre un discret « coin-coin » ! Pas de hasard non plus dans Le Balai qui balaye ses propres cendres, subrepticement posé entre les portraits austères de deux bourgeois hollandais peints par Jan Van Bylert. Brosse aux mille fils rouges, manche brûlé, cendre éparpillée au sol… Le temps de faire table rase est arrivé.

De la subversion à la révolt

Par l’humour, la dérision ou le décalage, elle insuffle un vent subversif à ses œuvres issues de la culture populaire de masse. Une irrévérence délicieuse que l’on retrouve dans la composition Des larmes de feu, tirée d’un conte pour enfant écrit par le psychiatre allemand Heinrich Hoffmann au XIXe siècle. Retranscription en volume d’une scène où deux chats pleurent abondamment devant un volcan en irruption. Placée à l’entrée du parcours, la saynète moralisatrice sonne comme un avertissement : ne croyez pas tout ce que l’on vous donne à voir, aller au-delà de la surface des choses… Plus du tout ludiques, Les Missiles réalisés à son retour d’Israël. Ou encore Défi : le feu avec une seule allumette !, gravée d’une danse du feu et d’une scène d’émeute qui fait s’interroger le commissaire d’exposition Stanislas Colodiet : « Cette allumette est-elle une métaphore de la création ? Les gestes les plus simples sont parfois réparateurs en vertu du potentiel d’imagination qu’ils véhiculent ». Ou enfin Le Vase triste avec l’inscription « Free Palestine » sur son renflement qui, lui aussi, dit le réel engagement de l’artiste.  

Dans ce labyrinthe éclectique mais totalement cohérent, l’artiste sème de petits cailloux destinés aux yeux experts. Là encore, patience et acuité sont nécessaires pour remarquer, dissimulés çà et là, trois spray parfaitement authentiques. En verre, évidemment ! On les croirait oubliés par une main distraite… 

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

* Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques, Marseille

Grillée, Tamar Hirschfeld
Jusqu’au 23 avril
Musée des Beaux-arts, Marseille
musées.marseille.fr

Budget de la culture en Région Sud : « Une baisse en trompe l’œil »

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Renaud Muselier © X-DR

Dans un communiqué de presse paru le 22 février, vous affirmez que la situation de Richard Martin est « inédite et unique ». Est-ce parce qu’il est le cofondateur du Théâtre Toursky et qu’il le dirige depuis plus de 50 ans ? Est-ce parce qu’il est au cœur d’un quartier populaire, ce qui est le cas de nombreux équipements marseillais ?

Renaud Muselier. La personnalité de Richard Martin est singulière en effet. Nous savons tous qu’il a « inventé » le Toursky, d’abord en le baptisant du nom d’un poète tout juste disparu, ce qui est un symbole fort et fixe un cap artistique exigeant, ensuite en faisant d’une salle de quartier en déshérence le cœur battant de Saint-Mauront. L’homme et son théâtre sont indissociables. Quand on touche au second, on atteint inévitablement le premier. Il n’y a plus beaucoup d’artistes en France et dans le monde qui ont fondé leur outil de travail et noué une relation aussi durable et fusionnelle avec leur public. On peut dire que Richard Martin excède, aux deux sens du terme : il dépasse et il outrepasse. Chacun le sait et nous devons accepter cette situation pour ce qu’elle est : une exception culturelle. J’ajoute que mon message du 22 février émane aussi du médecin que je suis : comment accepter sans réagir l’hospitalisation d’un homme de bientôt 80 ans qui décide de mettre sa vie en danger ?

Vous proposez votre médiation et reprochez à la Ville de Marseille une « baisse de subvention pénalisante » qui n’aurait pas été annoncée. De son côté, l’adjoint à la culture, Jean-Marc Coppola, affirme qu’il se trouve « face à un mur », et qu’il ne demande qu’une mise en conformité avec la loi : la Compagnie Richard Martin occupe le Théâtre Toursky sans convention d’occupation depuis 2014, et la commission de sécurité a émis un avis négatif . Que pourrait apporter votre médiation dans ce contexte ? Pensez-vous que la Région pourrait elle-même compenser la baisse de subvention de la Ville (80 000€), ainsi que celle du Département (15 000€) ?

La Ville de Marseille est propriétaire des murs du Toursky et son principal financeur. Il n’appartient donc pas à la Région Sud, qui apporte 220 000€ par an au théâtre et n’a pas l’intention de diminuer sa contribution, de se substituer à elle. C’est pourquoi j’ai simplement proposé une médiation. Dans cette affaire, il y a des éléments budgétaires et administratifs à reprendre et des réformes à entreprendre. Or le point d’achoppement actuel ne vient pas de ces nécessaires ajustements mais de la manière dont ils sont présentés. On parle d’occupation sans titre ou d’âge du capitaine : ces mots sont forts et blessants. Il me semble que garantir la pérennité du projet de Richard Martin est un préalable à toute discussion sur la mise en conformité de son lieu et de ses statuts, par ailleurs indispensable. Je propose de participer à un tour de table avec l’ensemble des collectivités et l’État pour redire l’importance que, tous, nous accordons à ce théâtre et à son fondateur, et pour fixer un calendrier de réformes et des modalités de mise en œuvre négociés et acceptés par tous.

« Richard Martin excède, aux deux sens du terme : il dépasse et il outrepasse »

Renaud Muselier

Depuis le début de votre mandature, vous avez apporté un soutien marqué aux acteurs et opérateurs culturels de la Région, en sauvant les Chorégies d’Orange, en maintenant le budget de la culture chaque année. Pourtant le budget primitif 2023 qui vient d’être voté accuse une baisse de près de 13% du budget de la culture, 62 millions en 2023 au lieu de 71,2 millions en 2022. Comment expliquez-vous ce recul ?

Tout budget se décompose entre fonctionnement et investissement. Celui de la culture n’échappe pas à cette règle. Si vous l’avez bien lu, vous aurez noté que le budget de fonctionnement 2023 est strictement identique à celui de 2022, soit 42 millions d’euros. La baisse dont vous parlez ne concerne que l’investissement (-9,2M€) et c’est tout à fait logique : d’une année sur l’autre, de grands équipements qui mobilisent d’importants crédits pluriannuels finissent par sortir de terre. En l’occurrence, nous avons ouvert Cosquer Méditerranée le 4 juin 2022 et mis un terme à un chantier ambitieux qui débouche sur l’un des plus grands succès scientifique, culturel et touristique que Marseille ait connu. Loin d’être un recul, ce chiffre en diminution est le symbole de l’achèvement d’une reconversion en tous points exemplaire, celle de la Villa Méditerranée transformée en centre d’interprétation archéologique ouvert à tous. L’année 2023 marque donc une pause dans nos investissements culturels mais c’est une baisse budgétaire en trompe l’œil : dès 2024 s’ouvrira le chantier de la transformation du Dock des Suds en Cité régionale et méditerranéenne du cinéma et nous réinjecterons d’importants crédits dans ce but.

D’autres collectivités territoriales, dont la Région Rhône-Alpes, accusent des baisses très importantes, expliquant que les collectivités territoriales sont privées de ressources fiscales et doivent faire des choix. Pourtant le budget global de la Région Sud est en hausse de plus de 17%, et la baisse du budget de la culture va à contresens de cette augmentation. Les opérateurs culturels vont-ils souffrir de cette baisse des investissements ?

Pour les théâtres, les scènes musicales, les centres d’art, les compagnies et ensembles artistiques indépendants, les producteurs de cinéma et d’audiovisuel, les libraires, les éditeurs, les festivals et manifestations culturelles de toutes tailles et de toutes disciplines artistiques, partout sur le territoire régional, c’est le fonctionnement qui prime. C’est pour cette raison que, malgré une crise énergétique qui n’a pas épargné la collectivité régionale (chauffer nos lycées par exemple nous coûtera 90 millions d’€ de plus que l’an dernier), j’ai décidé de sanctuariser le budget de création, de diffusion et d’accompagnement au quotidien, de toutes les filières culturelles. Cela n’exclut pas des choix qui entraînent une augmentation budgétaire pour les uns et une baisse pour les autres mais cela s’appelle de la politique et la grande majorité des acteurs verra le soutien de la Région reconduit. Je ne laisserai personne dire à nouveau que la culture n’est pas essentielle.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SUZANNE CANESSA

Qui parle d’âge du capitaine ?
Joint par téléphone, Jean-Marc Coppola déclare qu’il a annoncé à la Compagnie Richard Martin dès 2021 que la baisse de 80 000 euros opérée en 2022 était pérenne, et qu’il n’y a donc aucune surprise cette année. Par ailleurs, s’il a bien souligné que Richard Martin et sa compagnie ne possédaient pas le Théâtre Toursky et n’en avaient pas « les droits et les titres de propriété », il n’a jamais parlé d’« âge du capitaine » ni, comme on le lui reproche ailleurs, de « directeur vieillissant  ». Ces propos rapportés à tort lui sont attribués dès la déclaration constitutive du comité de soutien, présidé par Christian Poitevin. Jean-Marc Coppola nous précise que celui-ci s’est depuis retiré dudit comité en déclarant « L’Association des amis de Richard Martin et le comité se sont fait rouler dans la farine ». L’adjoint à la culture de Marseille indique également que le compositeur et mandoliniste Vincent Beer-Demander, un des rares artistes marseillais dont le Théâtre Toursky affiche le soutien, se déclare « furieux » et « très en colère » de voir son nom utilisé ainsi sans qu’il n’ait rien signé. Il demande depuis dix jours son retrait de la liste des soutiens, sans effet.
Dans un article paru le 25 février sur le site de presse Destimed, Richard Martin, remercie Renaud Muselier de « rétablir la vérité ». Il semblerait que cela ne soit pas le cas, au moins pour l’expression « l’âge du capitaine ».
S.C.