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Relever la tête

Avec L’œil de la perdrix, Christian Astolfi restitue le parcours et l’amitié de deux femmes issues de milieux sociaux très différents. Dans des années très chargées en événements politiques

Depuis son entrée en littérature en 2007 avec Les tambours de pierre, Christian Astolfi n’a cessé de mettre en lumière les problèmes du monde ouvrier et des petites gens restées souvent dans l’ombre. Son dernier roman se situe à Toulon qu’il connaît bien, choisissant de faire parler une femme, Rose-Marie, née en Corse en 1903, abandonnée à la naissance, recueillie dans une famille, puis mariée à un paysan dès ses seize ans. Après la naissance de deux garçons, Rose accouche enfin de la fille désirée. En 1924 son mari vend son troupeau pour s’installer avec sa famille à Toulon et travailler à l’Arsenal, espérant une vie meilleure. Mais c’est une vie difficile, et sans amour qui attend Rose.

Les apprentissages et l’émancipation

Une cheville foulée va bouleverser sa vie quand elle est secourue par Farida qui habite le bidonville voisin. Tout d’abord très réservées, toutes deux s’apprécient et se retrouvent régulièrement. Un jour, Farida propose à Marie de suivre des cours d’alphabétisation. Cahier et Bic en mains, elle se lance, trop heureuse de pouvoir enfin acquérir ce dont on l’avait privée : la connaissance et le pouvoir des mots. Rose s’affirme, s’oppose à son mari et ses fils tandis que les événements politiques se précipitent avec le référendum de 1958, la guerre d’Algérie, ses violences et son racisme. Rose s’engage dans le militantisme, se sentant enfin utile et libre. Après la déclaration de l’indépendance de l’Algérie, Farida décide de rentrer au pays. C’est un déchirement pour toutes les deux. Devenue veuve, Rose continuera à s’occuper des autres. Christian Astolfi a su avec une grande sensibilité restituer le parcours de cette femme-courage dont on admire la prise de conscience.

CHRIS BOURGUE

L’œil de la perdrix de Christian Astolfi
Le bruit du monde - 21 €
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