Les Presses universitaires Blaise Pascal, avec leur collection L’Opportune, se penchent sur les grands enjeux de société dans un format idéal : 64 pages pour faire un point synthétique sur la prison, la viande, la laïcité républicaine, l’économie de l’immigration, ou encore le posthumain. Un petit livre léger, qui se glisse dans une poche et se lit en moins d’une heure. Mais rédigé par des universitaires capables d’une bonne vulgarisation ; soit une mine d’informations à moins de 5 €, pour se faire sa propre idée sur tel ou tel sujet nécessitant l’implication des citoyens.
Deux biologistes, Christian Amblard et Stéphane Herbette, ont co-signé L’effondrement du vivant, paru en février 2026. La biodiversité est trop souvent négligée dans les médias, pour qui l’urgence environnementale se résume, quand elle est abordée, au climat. Or ce sont les différents aspects, articulés, d’un même bouleversement dû à notre civilisation thermo-industrielle, qui menace l’habitabilité de la Terre.
Constats et solutions
Les auteurs définissent les termes et apportent des chiffres, sans noyer le lecteur. Lequel apprend des notions fondamentales en toute simplicité : l’importance de la diversité dans les écosystèmes, pour garantir leur robustesse. Mais aussi celle, cruciale, des interactions, au sein et entre chaque milieu. Les zones humides, par exemple, qui disparaissent à vue d’œil, régulent les crues, filtrent la pollution, séquestrent le carbone… Toutes les espèces, végétales et animales, ont un rôle dans l’équilibre dynamique des biotopes. Or une extinction de masse est en cours : si nous poursuivons dans la voie colonisatrice qui est la notre, les scientifiques prévoient que la moitié aura disparu d’ici 2100.
Le dernier chapitre dessine des voies pour enrayer cet effondrement : stopper la destruction des habitats, l’artificialisation des terres, la surexploitation des mers et des forêts ; lutter contre le trafic d’animaux et plantes sauvages (3e plus gros commerce illégal dans le monde, après les armes et la drogue !) ; créer des réservoirs de biodiversité pour gagner du temps et permettre de repenser l’occupation des territoires. Il faudrait, écrivent Christian Amblard et Stéphane Herbette,massivement renforcer la coopération internationale, obliger les États à rendre compte de leur gestion. Des solutions existent pour nourrir tout le monde sans empoisonner les sols, l’eau et l’air, notamment l’agro-écologie.
GAËLLE CLOAREC
L'effondrement du vivant, Stéphane Herbette et Christian Amblard
Presses universitaires Blaise Pascal - 4,90 €
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