Esprit (de) Django es-tu là ? Le festival Jazz à Sète convie sur la scène du Théâtre de la Mer parmi les meilleurs praticiens du swing manouche pour une première soirée dédiée à l’incontournable Django Reinhardt. Des guitaristes évidemment (Angelo Debarre, les frères Rosenberg, Adrien Moignard…) mais aussi un saxophoniste – Baptiste Herbin, qui a décortiqué sur son instrument le phrasé du légendaire guitariste –, sans oublier l’impeccable Diego Imbert à la contrebasse.
Le plateau du lendemain aligne une première partie incendiaire avec The Getdown, trio issu d’un collectif parisien avec notamment le sémillant Laurent Coulondre aux claviers et le batteur aux inflexions gwoka Arnaud Dolmen. Puis, place à la nouvelle diva du jazz global : Samara Joy, dont les mélismes lyriques de contre-alto convoquent la tradition du gospel et l’héritage des légendaires Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Elle défendra un répertoire issu de son dernier album Portrait (Verve).
En ouverture le 17 juillet, la régionale de l’étape : Naïma Girou. Chanteuse et contrebassiste, elle a fondé un quartet à la complicité rare, au son collectif d’où résonne la joie d’être esnmble. Lui succèdera Selah Sue & The Gallands : la reine belge de la soul-pop s’est adjointe les services du batteur Stéphane Galland et de son claviériste-producteur de fils pour un set aux confins du sensible.
Journal de bord
Quatrième soir. Une première partie manouchisante, avec le duo Yeore Kim (harmonica)/Antoine Boyer (guitare) : des textures musicales originales au service d’une musique onirique. En tête d’affiche, une étoile du jazz mondial : Diana Krall, redoutable jazzwoman au swing sans faille, que ce soit au piano ou au chant.
Pour la cinquième soirée, ce sont des formations de blues électrique qui sont proposées. D’abord, Jessie Lee & The Alchemists, qui égrène ses riffs sur les scènes du monde depuis une bonne dizaine d’année. Ensuite, c’est le guitariste Robben Ford, légende vivante de l’instrument, qui a notamment travaillé avec Miles Davis ou George Harrisson, qui s’emparera de la scène.
Le 20 juillet, on attend des formations à la créativité exacerbée. La première partie Influences, Vol.2 livrera un set aux confins de la mélancolie et de la luminosité, grâce notamment aux entrelacs des deux vocalistes Mélina Tobiana et Sophie Darly avec la trompette de Stéphane Belmondo, le tout porté par une section rythmique impeccable. En seconde partie, la contre-diva Cécile McLorin Salvant, servie par le pianiste Sullivan Fortner, le contrebassiste Yasushi Nakamura et le batteur Kyle Poole, devrait ravir l’auditoire avec son art consommé du swing le plus évident, ses incursions dans la chanson française, voire l’occitan et ses expérimentations musicales issues de son désormais avant-dernier album Oh Snap (Nonesuch, 2025).
Pour terminer le voyage, le 21 juillet, la première partie a été confiée à la remarquable flûtiste Ludivine Issambourg, à la tête d’un sextet jazz-funk incandescent tandis que ce sera à la chanteuse et pianiste brésilienne Eliane Elias de clôturer l’édition 2026 du festival – son immense musicalité conjuguée à son art des pulsations cariocas devrait faire monter la température de quelques degrés.
Jazz à Sète, c’est aussi les concerts hors les murs à l’abbaye de Valmagne, au Musée Paul-Valery, à l’Espace Georges Brassens, au Domaine de Massane et Domaine du Grand Puy… Auxquels s’ajoutent les événements du Off avec des conférences-concerts, rencontres artistes, séances ciné autour du jazz, dans divers lieux autour du mont Saint-Clair.
LAURENT DUSSUTOUR
Jazz à Sète
Du 15 au 21 juillet
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