Top départ au Parc Longchamp ce 30 août. Les traditionnels chanteurs de jardins investissent les parcs de Marseille. Tout au long de la journée, différents chœurs feront résonner leurs chants, surgissant au détour d’une allée pour annoncer, en musique, l’ouverture de l’édition du festival De Vives Voix.
Quelques jours plus tard, le 3 septembre, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul accueille l’Ensemble vocal Gyptis, dirigé par Bénédicte Pereira, pour la Misatango du compositeur argentin Martin Palmeri. Calquée sur les mêmes mouvements qu’une messe en latin classique, à laquelle se mêlent les harmoniques et les rythmes syncopés d’un tango, elle est aujourd’hui l’une des œuvres vocales les plus jouées en Europe. Bandonéon, cordes et piano épousent les voix des vingt-quatre choristes amateurs de l’ensemble marseillais.
Voyage au Conservatoire
La cour du Conservatoire Pierre Barbizet sera l’écrin les 4, 5 et 6 septembre de propositions musicales voyageuses. Walid Ben Selim, chanteur né au Maroc et porte-voix de la poésie soufie de Rûmî ou Ibn Arabi fera dialoguer sa voix avec la harpe de Marie Marguerite Cano, dans le programme Here and Now, pont entre Orient et Occident. Le lendemain, Rebecca Roger Cruz, met à l’honneur la chanson latino-américaine, le flamenco et le rock psychédélique. Entourée de quatre musiciens, elle présentera son premier album, coproduit notamment par le festival Les Suds, à Arles, La Cité de la Musique de Marseille et le Théâtre Durance, Scène nationale. Le 6 septembre, toujours au Conservatoire, on pourra découvrir Anima Terrania. Le projet est né d’un coup de foudre artistique entre Letizia Giuntini, chanteuse corse formée au chant traditionnel et les violoncellistes de Moïta. Pour l’occasion, la formation sera renforcée par les élèves violoncellistes du Conservatoire Pierre Barbizet, sous la direction de Marine Rodallec.Escales à l’Archipel 49Une bonne partie de la seconde moitié du festival se déroulera à Archipel 49, la Maison du Chant, des Musiques et du Conte, un des fiefs de la pratique chorale marseillaise. Le lieu ouvrira sa saison avec une cantèra, moment convivial où chanteurs amateurs se réunissent pour entonner des airs a cappella. Entrée libre à quiconque veut chanter ou simplement écouter.
Le 22 septembre, le Duo Lavoà Lapò – Damien Toumi et Mànu Théron– y revisitera le répertoire occitan à deux voix et deux percussions, entre inventions facétieuses et transes polyrythmiques. Trois jours plus tard Eléonore Bovon montera sur scène pour Protest’ Song un spectacle parlé-chanté coécrit avec Philippe Nauze, où elle interroge son enfance de fille de pasteur à travers archives et souvenirs. Elle sera accompagnée par le chœur Passions, né de son travail de transmission des chants traditionnels italiens.
Le week-end suivant, le 26 septembre, c’est l’Ensemble Marani qui régale et nous fait découvrir cette tradition ancestrale géorgienne où le chant polyphonique est lié à la communauté dans tous les moments de la vie : cérémonies de mariage ou de funérailles, liturgie, travail, berceuses, danses ou banquets.
Femmes du sud
Le festival se conclura à la Cité de la Musique de Marseille par deux soirées consacrées aux voix féminines méditerranéennes. Le 9 octobre, le duo LEÏ – Laurène Barnel et Carine Habauzit – présentera Feu de vie, création pour voix et synthétiseurs puisant ses inspirations entre Méditerranée et Moyen-Orient, convoquant les figures de Sapphô ou Hildegard von Bingen. Le lendemain, ce sont les Dames de la Joliette – Sylvie Paz, Maura Guerrera, Kalliroi Raouzeou et Annie Maltinti – qui clôtureront la programmation avec Tamborradas de Amor, spectacle mêlant poésie, polyphonies et percussions traditionnelles, en hommage aux femmes du peuple qui, selon la légende, repoussèrent en 1524 les troupes de Charles Quint dans le quartier de la Joliette.
ANNE-MARIE THOMAZEAU
De Vives Voix
Du 30 août au 10 octobre
Divers lieux, Marseille





