mercredi 22 juillet 2026
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Bunker : Le choix du silence

Mathilde Siefert transforme le plateau de la FabricA en un Bunker, habité par un millionnaire mégalomane, et sa fille qui cherche à résister à sa domination

Dans un futur indistinct, Paul est un industriel qui a décidé de s’enfermer sous-terre, dans un bunker de luxe, avec sa fille Ami et son chirurgien personnel (qui fait aussi office de coach sportif et d’aumônier). Il apparait pour la première fois en voix off, alors que son chirurgien implante dans son cerveau des implants augmentés à l’intelligence artificielle. Sur scène, sa fille (Janice Bieleu) s’entraîne silencieusement aux arts martiaux. La vie que partage dans ce bunker ce père mégalomane et sa fille qui a décidé de ne plus parler est au centre de la création de Mathilde Siéfert et Matthieu Bareyre au Festival d’Avignon

On ne sait pas vraiment ce qu’il est advenu du monde, sinon son extrême pollution. Et plusieurs pistes narratives lancées puis rapidement abandonnées, comme l’infiltration dans le bunker d’une sorte de zombie ou l’écriture d’une lettre d’amour par Ami adressée à on-ne-sait-qui, renforce cette confusion. Mais la possibilité de sortir de la « maison » pour parler au voisin ou partir en vacances existe toujours : l’enfermement sous-terrain de Paul est donc complètement volontaire, motivé par sa propre paranoïa. 

L’immense plateau de la FabricA, complètement dépouillé à l’exception de quelques éléments de décor rouges et encadrés de portes blindées, alourdit le silence imposé par Ami, renforce l’impression d’isolement des personnages.

Fracture familiale 

Attablé devant d’immenses tentacules de poulpes, Paul cherche à rétablir un lien avec sa fille, dont il attend qu’elle signe un contrat pour son entreprise. Face au silence de sa fille, le pétrolier fait les questions et les réponses, et s’enrage tout seul. Ce très long monologue révèle tout son narcissisme et sa paranoïa, jusqu’à accuser sa fille de le vouloir mort pour son argent. 

Quand il sort de la pièce, Ami prend enfin la parole au plateau, pour expliquer son silence motivé par la mégalomanie de son père dont il vient de fournir la preuve dans sa logorrhée. Comme elle le dit, « je ne suis pas devenue silencieuse, j’ai juste arrêté de faire semblant de parler ». 

CHLOÉ MACAIRE 

Bunker 
Jusqu’au 25 juillet 
La FabricA, Avignon 

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