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Garçon : L’adolescence sans jugement 

À L’Entrepôt, la compagnie marseillaise la Paloma explorait l’adolescence, le deuil, l’autodestruction mais aussi la découverte de l’amour dans Garçon, mis en scène par Thomas Fourneau

Dans un commissariat, un homme nerveux, raide comme un piquet, est auditionné par une gendarme. Quelque chose est arrivé à son fils, confié depuis quelques mois à sa sœur. « Avec mes horaires à l’hôpital, je n’avais pas le temps de m’en occuper » dit-il. 

Le commissariat s’efface, un salon apparaît sous les projecteurs. Les deux acteur·ices (Joseph Lemarignier et Sophie Claret) se lèvent, altèrent leurs costumes, deviennent le fils et sa tante, Camille. Tête baissée et bonnet rouge enfoncé jusqu’aux yeux, l’adolescent apparaît pour la première fois comme une caricature. Sa tante lui demande s’il se fait harceler au collège quand elle voit son visage tuméfié. Il dit que non, s’énerve. 

Spirale autodestructrice

Après cette entrée en matière, Garçon gagne en subtilité une fois le décor planté, et déroule dès lors l’histoire douce-amère de ce garçon – qui ne sera jamais appelé autrement que « Garçon » – dont on comprend qu’il vient de perdre sa mère. En plein deuil, il est pris d’accès de colère, de violence à l’égard de ses camarades, et s’essaye à la drogue et l’alcool. Il repousse toute forme d’attention, en particulier féminine, de la part de sa tante ou de sa camarade de classe qui lui apporte ses devoirs : elles ne sont pas sa mère, comme il le leur répète dès qu’elles cherchent à l’aider. 

La pièce suit, en parallèle, l’audition du père et le quotidien de Camille et son neveu, qui peu à peu s’ouvre aux autres, sort un peu la tête de l’eau. Puis replonge encore plus profond. La double narration, qui donne à la pièce un rythme enlevé, remet perpétuellement en question la version donnée par le père à la gendarme, et le père lui-même, qui est absent de la vie de son fils et plein d’idées reçues sur lui. Au contraire, l’affection entre le neveu et la tante éclot, délicate, au fur et à mesure que le garçon s’ouvre à Camille et l’accepte, non pas comme une nouvelle mère, mais comme une figure de confiance. 

CHLOÉ MACAIRE 

Garçon a été donné du 9 au 13 juillet au Théâtre l’Entrepôt, Avignon

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