lundi 27 juillet 2026
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Les Suds, à Arles : Girls, girls, girls 

Jeudi 16 juillet, les artistes féminines étaient à l'honneur à des Suds, à Arles, avec la promesse d’un voyage jusqu'au bout de la nuit

En début de cette chaude soirée d’été, le festival Les Suds, à Arles accueillait au Théâtre antique la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, avec en première partie la jeune chanteuse brésilienne Mari Froes, aux compos bossa et salsa pour faire se déhancher la foule. 

L’artiste de 23 ans, popularisée sur les réseaux sociaux au printemps avec son titre Vaitimbora, n’a laissé personne indifférent. Sur scène, le groupe, porté par la voix profonde et élégante de Mariana, dans la lignée de la Música Popular Brasileira, et l’énergie communicative du trompettiste Diogo Duque, ont réchauffé un peu plus l’atmosphère. Puis, place à la tête d’affiche de la soirée, Fatoumata Diawara. La chanteuse fait une arrivée sur scène magistrale, enfilant sa guitare électrique vêtue d’une impressionnante jupe en tulle blanche et un haut rouge aux larges épaulettes. La chanteuse entame un de ses titres phares. Sa voix puissante et son grain rauque caractéristique résonnent sur les remparts de pierres taillées, sur des rythmes maliens rock. Elle prend ensuite la parole et explique comment la musique l’a aidée à s’exprimer. « Parfois, il faut croire au destin pour avancer dans ce monde ». Le concert s’enchaîne avec des titres principalement issus de son dernier album, Massa, sorti en juin dernier, qui parle de sujets engagés contre les violences faites aux femmes, notamment sur la question du viol et de l’excision, ou encore en l’honneur des enfants atteints de handicap. Pour clôturer le concert, une reprise du titre Imagine de John Lennon, dans une version anglais-malien scandée par la foule, pour terminer sur une note émouvante d’espoir.  

Pile électrique 

En deuxième partie de soirée, place à l’énergie débordante d’Uzi Freyja, dans la cour de l’Archevêché. Une personnalité aussi indomptable que sensible, qui tient son nom du flow rapide d’une arme, Uzi, et de la déesse nordique de l’amour et de la guerre, Freyja. La chanteuse franco-camerounaise joue avec son public pour des moments d’interaction souvent très drôles, mais toujours porteurs de messages. Un véritable show en compagnie d’une des boss ladies de sa génération. 

Ses titres originaux abordent l’amour, la séparation, le racisme, le féminisme, dans un mélange cohérent et débordant de vérité. Uzi Freyja, c’est une authenticité sur scène, une envie de flirter avec les limites, de secouer les conventions. Et ça fait du bien. Pour finir en beauté, la DJ franco-mexicaine Sabor A Mi, passionnée par l’histoire des musiques latines et afro-descendantes, a mixé des sons incandescents pour faire se déhancher la foule. Quatre talents féminins aux styles variés, qui touchent à l’universel.

MONA LOBERT 

Découvrir les Suds 

À côté des têtes d’affiche, Les Suds, à Arles, c’est aussi une programmation gratuite qui met en lumière des groupes internationaux peu connus du grand public 

Au cœur de l’après-midi, sous la chaleur arlésienne, il est bon de s’installer sous un grand arbre pour écouter des live planant. La cour du cloître Saint-Césaire, c’est l’endroit choisi par le festival pour ces écoutes en accès libre, toutes en douceur. Des chaises longues sont installées en arc de cercle, mais les visiteurs, plus nombreux, s’installent à même le sol pour profiter de la programmation. À l’instar de cette belle découverte venue de Colombie : la chanteuse Tattiana Angel (en illustration), accompagnée par France Duclairoir à la contrebasse. Sur la petite scène à l’ombre du platane, avec en toile de fond d’anciennes fondations en pierre et des arbres fleuris, les deux artistes interprètent des morceaux originaux en espagnol. Des textes qui parlent de sororité, de féminité et de paix, entrecoupés de moments d’échanges, et d’anecdotes personnelles. C’est calme, trop calme ? Au loin, des bruits commencent à se faire entendre, allons y jeter un œil. 

Caliente ! 

De curieux personnages vêtus de bonnets à tentacules et maquillés de faux yeux entament un morceau endiablé en japonais, sur la scène de la place Voltaire. Les voix mélodieuses des deux chanteuses se mêlent aux cris stridents du contrebassiste, qui rappelle parfois une transe collective. Cet ovni musical, c’est le groupe Mitsune, basé à Berlin mais dont les membres sont originaires du Japon, de Grèce et d’Australie. Un joyeux mélange, qui donne un son inspiré de la folk-song japonaise, revisité sur des sons psychédéliques et électro. 

Les passants s’agglutinent autour de la scène, l’air aussi intrigué qu’interloqué. Sur l’estrade, deux instruments à cordes que l’on n’entend peu : des tsugaru, instrument traditionnel japonais à trois cordes qui ressemble à un luth et se joue avec une corne taillée pour faire office de mediator. 

Du Japon au Vénézuela, à Arles, il n’y a qu’un pas. Le lendemain, sur la même place Voltaire, une centaine de personne étaient réunies devant le concert de Raúl Monsalve y Los Forajidos, aux sonorités afro-vénézuéliennes, pour danser ensemble sur des chansons traditionnelles et des morceaux plus jazz, avec toujours le rythme des percussions pour garder le tempo. Une semaine aussi chaude que cette programmation électrisante. 

MONA LOBERT


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