Marjoline est comme un castelet rechapé d’une brocante. Dans cette boîte à extravagances de la compagnie avignonnaise Deraïdenz, une étonnante épopée s’entreprend. Précisons qu’au départ, la Marjoline en question est plutôt sédentaire. Des accords de guitare sans lendemain, des lectures vite délaissées, rien ne résiste au carré de verre auquel elle accorde l’essentiel de son attention.
À tel point que survient l’inévitable : la gamine est si accaparée qu’elle finit absorbée de l’autre côté de l’écran. Dans ce nouveau pays des merveilles, la geek en herbe devient une figurine manipulée, face à des créatures plus ou moins avenantes.
Lewis Carroll côtoie le mythe de Narcisse dans cette fable picaresque, imaginée par ses interprètes. Marjorie Pagliai et Coline Agard dessinent et animent cette suite de mésaventures bigarrées. Les précipices de l’ignorance virtuelle, le désarroi de la solitude numérique se matérialisent au fil d’une odyssée bariolée d’illusions à vue et de fantasmagories bidouillées. Face à la froide bêtise algorithmique, Marjoline brandit une fantaisie artisanale, une inspiration iconoclaste, servies avec élégance, sans baisse de rythme et 100 % à la main.
MICHEL FLANDRIN
du 4 au 12 juillet à 10h
relâche le lundi
L’Éveilleur
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