L’ICC aime Les héritages infidèles, et a initié un cycle autour des films d’Ettore Scola qui travaillent, infidèlement, la mémoire de ses films.Le 21 mai, il était question du Bal. Jean-Claude Penchenat avait créé la pièce avec le Théâtre du Campagnol en 1981, Ettore Scola en a fait un film avec les mêmes acteurs en collaboration avec Penchenat en 1983, Ours d’argent à Cannes en 1984. Sans texte et en musique et chansons, sous la direction de Vladimir Cosma.
Le film présente près de 40 ans de l’histoire de notre pays depuis le Front populaire jusqu’aux années 70 en passant par la période de la guerre et l’Occupation, la Libération et l’arrivée des américains, la guerre d’Algérie et le racisme, puis mai 68 et le rock and roll. Les différentes séquences se passent dans une salle de bal où se rendent hommes et femmes en quête de rencontres amoureuses. Les comédiennes et comédiens sont exceptionnels, les situations cocasses ou dramatiques. Un vrai régal !
Autobiographie collective
Annie Ernaux, quand elle commençait l’écriture de Les années (2008), a vu le film en dvd. Elle y a senti une parenté avec son récit, qui s’attache à 60 ans de la vie française et a changé la notion d’autobiographie en la rendant collective. Lors de la rencontre, l’autrice évoque aussi d’autres héritages, sa proximité avec l’œuvre de Louis Guilloux, d’Edouard Louis et rend hommage à Pierre Bourdieu dont la lecture a été pour elle, qui était boursière, une révélation. La lecture du sociologue lui a permis de comprendre que son parcours et son histoire étaient aussi ceux de la société et de ses clivages. C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle explique qu’encore maintenant elle adopte le point de vue de ses parents, qui est leur seul héritage.
Puis elle réaffirme son amour de la littérature qui « brise la solitude dans laquelle nous sommes tous ».
CHRIS BOURGUE
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