mardi 30 juin 2026
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DIASPORIK : Beyrouth, Jérusalem, Paris, un voyage métasporique

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© Alain Richard

La pièce de la comédienne et autrice franco palestinienne Lauren Houda Hussein et du metteur en scène israélien Ido Shaked offre un voyage émotionnel et historique profond, séquencé par les grandes chansons de Fairuz, la diva libanaise. Elle égraine les souvenirs d’une famille libanaise et de ses identités morcelées entre Occident et Orient, dressant une cartographie sensible et mettant en scène l’émancipation d’une mémoire piégée par le conflit israélo-palestinien. 

L’histoire commence à Beyrouth, lieu du premier tableau composant le triptyque de souvenirs. Alors que la jeune femme doit assister à un concert de Fairuz dans les historiques ruines de Baalbek, celui-ci est subitement annulé en raison de la seconde guerre israélo-libanaise. Ainsi débute la quête de ses origines. 

À Beyrouth, de mon cœur
Des baisers aux maisons et à la mer
Au rocher qui ressemble à un vieux marin 

Dans les années 1980, Li Beyrouth résonne en boucle, hommage poignant à la ville. Fairuz chante la douleur tout en soulignant la détermination de Beyrouth à surmonter les épreuves. Depuis, la chanson est devenue une sorte d’hymne de résistance et de solidarité pour les Libanais, surtout après le 4 août 2020 – jour où la ville, secouée par une explosion massive, a compté plus de 220 morts, 6 500 blessés, 300 000 sans-abris, entraînant de nouveaux exils et des répercussions socio-économiques profondes.

De Beyrouth à Jérusalem, sur les traces du poète Mahmoud Darwich, l’autrice nous rappelle que Celui qui impose son récit hérite la terre du récit… On croise des amours impossibles, à l’image de celui que le poète partage avec Rita, jeune juive israélienne. Al-Quds, ou Jérusalem en arabe, évoque la résilience des habitants. Le troisième tableau de la pièce nous conduit à Paris ou plutôt sa banlieue, où se croisent les exilés du monde entier, auxquels la pièce rend largement hommage. 

O fleur des cités, O Jérusalem ! 
Nos yeux, vers toi, s’élancent chaque jour 
Embrassent les antiques églises 
Et essuient la tristesse 
Sur les murs des mosquées 

Les chansons, un p·matrimoine métasporique

Ces chansons représentent de véritables hymnes « métasporiques ». Le concept, théorisé par l’écrivain québécois d’origine haïtienne Joël Des Rosiers, explore l’idée de la dispersion culturelle et identitaire. La Métaspora se réfère à un espace d’hybridité, où les identités multiples se nourrissent mutuellement. L’art y joue un rôle thérapeutique, et permet une réflexion profonde sur la manière dont les expériences d’exil enrichissent la compréhension des cultures : le pouvoir de l’héritage culturel réside dans la puissance narrative du récit. 

Un concept particulièrement d’actualité et pertinent dans le contexte de l’histoire palestinienne. 

SAMIA CHABANI

Les trois épisodes Beyrouth, Jérusalem, Paris ont été joués au Théâtre Joliette du 8 au 11 janvier. 

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Nos articles Diasporik, conçus en collaboration avec l’association Ancrages sont également disponible en intégralité sur leur site

MIRE 

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MIRE - création de la Cie Prototype Status, Jasmine Morand © Celine Michel

Avec son installation performative MIRE, la chorégraphe Jasmine Morand joue sur le regard du spectateur en le plaçant comme voyeur. Douze interprètes sont présent·e·s sur le plateau, toustes nu·e·s… mais invisibles : ils sont entourés par une cloison, et surplombés par un grand miroir. Le dispositif rend les spectateur·ice·s maîtres de leur point de vue. Ils peuvent choisir à leur guise de circuler, d’observer les danseur·euse·s à travers de petites meurtrières percées dans la cloison, ou de s’allonger pour contempler le reflet de leurs mouvements. Chacune de ces possibilités fait apparaître des tableaux singuliers mais fragmentés, qui font de cette pièce une expérience de spectateur unique et contemplative.

CHLOÉ MACAIRE 

17 et 18 janvier 
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

Kemia Party 

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Rabie Houti Band © X-DR

Depuis deux ans, l’association Cultur’all Massalia se donne pour mission de valoriser les cultures populaires à travers l’organisation d’événements artistiques et notamment de leurs Kemia Party dans divers lieux de la ville. Ces soirées qui tirent leur nom des assortiments de hors-d’œuvre maghrébins, célèbrent le brassage de culture du bassin méditerranéen. Pour cette première de l’année 2025, accueillie au Makeda, Cultur’all Massalia programme le Rabie Houti Band. Ce groupe montpelliérain, fondé par le violoniste oranais Rabie Houti, propose un rock arabo-andalous qui puise aussi dans les inspirations et les rythmes du blues, du swing ou de l’afrobeat. Leur concert sera suivi d’un DJ set amazigh grooves de Mehtoze, initiateur des Kemia Party, pour célébrer le Yennayer, le nouvel an berbère.

CHLOÉ MACAIRE

16 janvier
Makeda, Marseille 

Avignon : « Retrouver le chemin de la culture populaire »

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© A.F.

La bibliothèque Jean-Louis Barrault, située à la Rocade, quartier excentré qui aligne des tours et des centres commerciaux reliés par des voies rapides, est un îlot culturel depuis 1986. Fermée pendant près de trois ans pour une nécessaire rénovation, elle a rouvert ses portes le 9 novembre 2024, plus belle que jamais. Son esthétique béton années 1980 s’est complétée de bois chaleureux, sa ludothèque s’est considérablement agrandie, ses fonds sont augmentés et elle s’appelle désormais Renaud-Barrault, dans un hommage complet au couple célèbre qui n’oublie plus Madeleine. 

Le 11 janvier, Cécile Helle se réjouissait de lancer l’année Avignon, Terre de culture, dans cet équipement pour plusieurs raisons « fortement symboliques ». D’une part parce que c’est un équipement « extra-muros » dans une ville où « les patrimoines se complètent » et où le Palais de Papes cohabite avec les « architectures de béton » qui marquent la ville hors remparts. Aussi parce que la lecture publique est un axe fort de la politique culturelle avignonnaise qui se veut « généreuse et engagée » pour « retrouver le chemin de la culture populaire de Jean Vilar ». « Les bibliothèques sont au plus près des citoyens et des citoyennes, rappelle-t-elle, elles sont un lieu d’hybridation et permettent d’inventer les projets artistiques et culturels au plus près des besoins. Il y a 6, il y aura bientôt 7 bibliothèques à Avignon ». 

Un chiffre effectivement exceptionnel pour 90 000 habitants, d’autant que les collections sont diversifiées et conséquentes, la circulation entre les bibliothèques exemplaire, le prêt gratuit depuis 2021, et les activités artistiques, pour tous les âges, variées et nombreuses.

Une réussite ?

Depuis la réouverture, c’est à dire en sept semaines, l’équipement a reçu 11 000 visiteurs et 1 000 inscriptions supplémentaires ont été enregistrées dans le réseau municipal des bibliothèques. Une rénovation d’un coût de 9 millions « qui n’aurait pas été possible sans l’aide de l’État qui l’a financée à 70 %, ainsi que l’apport de la Région. » 

Le préfet de Vaucluse Thierry Suquet explique d’ailleurs que « trois axes forts de la politique de l’État sont mis en œuvre grâce à cet équipement : l’accès à la culture, la politique de la ville et la sécurité ». Et précise que « la réhabilitation de l’habitat des zones urbaines périphériques doit se poursuivre impérativement. Chaque jour nous traitons des problèmes de violence dans les quartiers, et je suis persuadé que les maîtres mots pour les traiter, avant le déploiement de la police, c’est l’éducation et la culture, les écoles et les bibliothèques. »

Un discours que Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie culturelle et artistique, complétait d’une histoire plus personnelle, liée à son enfance avignonnaise : il a vu ce « Beaubourg d’Avignon » s’édifier, il y a étudié et se réjouit que ce « pôle culturel de quartiers sud »  renoue avec « l’échange de savoirs, l’innovation et la solidarité » de ses origines. Une belle unanimité !

AGNÈS FRESCHEL


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Hamraaz

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Hamraaz © Carmen Reynolds

L’Iranienne Khorshid Dadbeh, joueuse de tar et de tambur, a grandi dans une famille d’artistes et a commencé sa carrière en jouant du setar avec son père avant d’aller d’étudier au Conservatoire de Téhéran puis à celui de Rotterdam en 2021. C’est là qu’elle rencontre la flûtiste et joueuse de duduk française Lucie Lelaurin. Ensemble elles créent Hamraaz, compagnon en persan. Leur répertoire puise dans les beautés et la richesse des musiques modales issues de leurs territoires de prédilection, et associe au souffle envoûtant du duduk le dynamisme de la flûte, la profusion rythmique des cordes du Tanbour et du tar. Ce voyage sonore et envoûtant est constitué de compositions originales ou de morceaux traditionnels d’Iran et d’Arménie.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

17 janvier 
Cité de la Musique, Marseille 

Prendre corps

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Prendre Corps © Simon Void

Avec un père, grand-père et arrière-grand-père restaurateurs, Solène Petit avait de qoi aimer la bonne nourriture. Logique donc, quand au moment de mener un projet personnel dans le cadre de ses études de comédienne, de partir faire un tour de France culinaire. Il faut dire qu’elle est aussi, au même moment, très perturbée par un deuil amoureux, l’amenant à se poser des questions sur les liens entre désir, féminité, nourriture, chair et chaire, patriarcat et entrecôte. De ces interrogations et de ce périple est né Prendre corps, spectacle performatif, où, accompagnée d’un musicien live, la comédienne propose l’histoire d’une femme, de radios et de chansons qui donnent faim, de métamorphoses émotionnelles, de deuil amoureux et de quête de soi.

MARC VOIRY

17 janvier
Théâtre d’Arles

La même chose mais…

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© Anne-Sophie Turion

Autrice, metteuse en scène et performeuse, créant des pièces aussi bien pour la scène que pour l’espace public, Anne-Sophie Turion a rejoint les artistes de la Bande du ZEF, scène nationale de Marseille, depuis septembre dernier. Ce 16 janvier, elle y propose, en sortie de résidence et dans le cadre de la semaine de clôture de Chroniques – Biennale des imaginaires numériques, la première étape de travail de sa nouvelle création La même chose mais pas tout à fait pareille, qui verra le jour en 2026. Un dispositif participatif et déambulatoire, dans lequel chacun·e est amené·e à expérimenter des situations d’interactions incongrues, et à tenter de reconquérir ses propres facultés d’attention, mises à mal quotidiennement par les effets d’un monde numérique omniprésent.

MARC VOIRY

16 janvier
Le Zef, scène nationale de Marseille

Incendies d’hiver

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Los Angeles brûle, Hollywood, emportant notre imaginaire largement colonisé par les marques, les sons, les séries américaines, si bien qu’on voit un peu de nous-mêmes partir en fumée dans un incendie d’hiver qui n’a plus de fin. Comme un Joker sortant de sa boite à ressort Trump parle de « canular climatique » et relance les énergies fossiles, alors que le vent attise les braises et que les nappes phréatiques sont à sec. 

L’incendie se propage plus vite encore dans les esprits que dans la cité des anges.  Zuckerberg rejoint Musk dans l’entreprise libertarienne, se préparant à étouffer les esprits plus sûrement que dans un sac plastique. La toile, lentement, enserre et anesthésie notre matière grise, pour lui injecter des overdoses de mensonge et de haine.

Défendre nos archipels

Plus loin dans l’Océan indien Mayotte se noie dans le déni. Le cyclone puis la tempête qui se sont abattus sur le département français sont directement dus au réchauffement de la surface marine, les tourbillons se rechargeant par l’évaporation d’une eau à plus de 30°. Peu importe, les responsables désignés sont les étrangers clandestins, les Comoriens des îles voisines, et non le changement climatique, ou les intérêts de la France dans le Canal du Mozambique qui l’ont amenée à garder la colonie, à faire une exception au droit du sol, à envoyer ses barbouzes (souvenez-vous de Bob Denard !) renverser les gouvernements des Comores libérées. Sans jamais construire les équipements minimaux à Mayotte, rebaptisé « l’archipel mahorais » pour mieux nier qu’elle appartient, géographiquement, historiquement, culturellement, à l’archipel comorien. 

Condamné à maintes reprises par l’ONU, la France a maintenu sa politique coloniale, et Bruno Retailleau, Manuel Valls, Estelle Youssoufa, Marine Le Pen trouvé leur prétexte lointain pour remettre en cause le principe même de la citoyenneté française, depuis une île déchirée. 

Opposer nos arts

C’est pourtant à partir des îles que s’est déployée la pensée archipélique, faite d’hybridation des cultures, des terres, des mers, des héritages. Faite « d ‘ambigu, de fragile, de dérivé » comme l’a théorisé Edouard Glissant. Grâce à elle, nous pouvons opposer à ces incendies la force de nos imaginaires et de nos luttes, la fraternité de notre devise, la liberté de créer sans le jugement truqué et tronqué des algorithmes, le pluralisme d’une presse indépendante des intérêts capitalistes, la beauté de la marge, de la germination, de l’intime. 

Rien de mieux, pour cela, qu’un tour à Avignon pour voir Catarina et la beauté de tuer des fascistes. Ou dans les bibliothèques marseillaises pour ressentir l’exil. Sur les scènes, partout. Et si l’incendie d’hiver les détruit, nous les reconstruirons.

AGNES FRESCHEL

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La chute des anges 

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La chute des anges © Pierre Planchenault

Artiste associée à la Biac 2025 [lire ici], Raphaëlle Boitel présente notamment La chute des anges, un spectacle d’anticipation dystopique sur fond de paysage en noir et blanc. Un monde orchestré par des machines, où les êtres de chair et d’os sont eux-mêmes devenus mécaniques, formatés, et sous surveillance. Sur scène, un groupe d’hommes et de femmes, interprété par sept circassien·e·s, survivants d’un monde sous silence, aux gestes et mouvements d’automates, parfois burlesques, se regardent sans se voir, s’accrochent la vie, et aspirent à s’envoler. Entre bras mécaniques articulés, mât chinois, et voltige, un spectacle qui fait référence à l’allégorie de la caverne de Platon. Conçu par une artiste dont les créations, d’une grande puissance visuelle, évoluent à la frontière du cirque, du théâtre, du cinéma et de la danse.

MARC VOIRY

Du 15 au 17 janvier 
La Criée, Théâtre national de Marseille

La Biac, un départ en beauté 

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BIAC Ouverture à la Friche © Pierre Gondard

C’est toujours un bonheur de constater combien le cirque remporte les suffrages, toutes générations confondues, avec une fréquentation record à chaque ouverture de la Biennale internationale des arts du cirque : près de 15 000 personnes ont bravé le froid polaire pour assister aux propositions gratuites sélectionnées par Archaos. Parmi les temps forts du week-end, la performance de Tatiana Mosio-Bongonga, une habituée du festival. Toujours des riffs noisy pour accompagner sa traversée sur un fil sonorisé, et quelques nouveautés – arpenter le fil en binôme, ou encore… la tête en bas. Autant de figures mettant en relief la spécialité de la compagnie Basinga : faire de l’ascension du funambule une prouesse participative, requérant la force motrice du public – l’action se voyant en temps réel sur la tension du fil, et donc l’élévation de l’acrobate ! Samedi, le mistral et les étourneaux étaient de la partie, créant de ces images éphémères à la fulgurante beauté, comme seuls savent le faire les propositions en espace public, à fortiori en hauteur. Autre complice de la BIAC, la Franco-Brésilienne Alice Rende livrait son irrésistible Passages – contorsions dans un tube de plexiglas géant – dans un nouvel écrin adapté : sous le dôme du GMEM. 

Poésie bruitiste 

Édition après édition, la Biac se fait aussi tête chercheuse, célébrant des esthétiques très différentes. Ôde à l’authenticité et à la sobriété, les acrobaties sur chaises de la Cie Allégorie reflétaient l’alchimie discrète et facétieuse régnant entre ses trois membres : deux acrobates et une chanteuse. Une parfaite maîtrise de la montée en tension, faisant frissonner de concert les premiers rangs ! Plus tard dans l’après-midi, l’acte avant-gardiste de Club optimiste se réservait aux plus âgés. Un « élan de musique et d’acrobatie, entre transe et performance exutoire » revendiquée par sa créatrice Fanny Alvarez. FEU : comme une décharge électrisante, une expérience radicale et bruitiste mettant parfois les nerfs à rude épreuve – les bouchons d’oreille n’étant pas superflus –, et réussissant son pari : célébrer l’ambivalence du feu, à la fois festif et menaçant, chaleureux et brûlant, rassembleur et clivant… Une manière encore inédite d’exploiter la verticalité minérale de la cour Jobin, suspendant sans distinction acrobate comme grosse caisse à l’imposant porte à faux de la Tour Panorama ! Quant aux acrobates de la Cie Rhizome, explorant un agrès inédit avec la nouvelle création Rouge Merveille, on les retrouvera dès le 9 février sur une monumentale spire haute de 6m, lors du final dominical Au bout la mer sur la Canebière. 

JULIE BORDENAVE

Quel cirque ! jouait les 11 et 12 janvier en ouverture de la Biac à la Friche Belle de Mai, Marseille.  

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