Installée dans la [mac]room depuis le 15 mai, AFRICA réunit des œuvres créées spécialement pour l’occasion et inspirées de l’Antiquité et des cultures berbère et numide. Son titre renvoie à Africa – Ifri ou Ifru –, déesse berbère, mais aussi à l’histoire plus vaste du nom donné au continent. Photographies, collages, arts plastiques et création sonore composent un parcours où se croisent Antiquité, mythologie amazighe, archives et récits personnels. Un bestiaire de figures guerrières, cavaliers, lions de Barbarie et chevaux Barbes dialogue avec des objets issus des collections des Musées de Marseille.
« J’ai voulu partager ma passion pour l’Antiquité méditerranéenne, africaine et algérienne », explique Louisa Babari. « Le collage, c’est une façon de figer un moment, dans une recomposition d’éléments visuels. Et le son, c’est une façon d’appréhender une absence. » Les lumières jouent avec les reflets du marbre, de la pierre et de la photographie sur bâche pour replonger le visiteur dans « une époque fantasmée », dont il n’existe aucune trace sonore.
Cette dimension se retrouve dans Vent lointain, composition électroacoustique de 25 minutes conçue avec les élèves du Conservatoire Pierre Barbizet de Marseille sous la direction de Jean-Luc Gergonne.
La poésie hors les murs
Depuis le 19 septembre, un second volet vient prolonger AFRICA. Avec Voix Publiques, Louisa Babari quitte la [mac]room pour investir le hall et les abords extérieurs du musée. Créée en 2018 et proposée ici sous une nouvelle forme, cette installation sonore destinée à l’espace public diffuse, autour de simples chaises en plastique et d’un haut-parleur, des textes poétiques interprétés par des artistes du continent africain et de ses diasporas.
Poètes, artistes lyriques, plasticiens, auteurs-compositeurs, comédiens ou amateurs composent cette œuvre collaborative, à la fois archive et mémoire vivante de la création poétique. Pour la Saison Méditerranée 2026, elle se concentre sur les pays africains de la Méditerranée, avec un focus sur la poésie algérienne : Kateb Yacine, Tahar Djaout, Samira Negrouche, Souad Labbize, Salah Badis, mais aussi Lamis Saidi ou Habiba Djahnine.
Déployée également à la Vieille Charité, au musée Cantini et au CIPM, Voix Publiques prolonge ainsi dans la ville les circulations entre mémoire, histoire et création ouvertes par AFRICA.
NEMO TURBANT
Jusqu’au 3 janvier
[mac] de Marseille








