Courts de cœur
Le 10 octobre s’est tenue à Rousset la 21e édition de Courts-Bouillon, la journée court métrage, proposée par les Films du delta
C’est habituel et réjouissant : la salle Emilien Ventre était comble pour toutes les séances ! Un programme varié pour jeunes et moins jeunes, avec 18 courts et 17 mini-courts des écoles d’animation française. Dont les excellents Et après et Le Stagiaire venus de MOPA, Chère fin des Gobelins ou À contre couture de l’École Méliès.
On a ri devant Coupe au bol de Tamara Vittoz où Suzie (incroyable Ambrine Trigo Ouaked) 7 ans, à qui son père a fait une coupe genre « Mireille Mathieu sous cocaïne », prend le contrôle de la dynamique familiale, voulant réconcilier ses parents séparés. Devant Saillie d’Aude Thuries on a assisté à la copulation de Pauline et de Magic, les chiens de Frédérique (Noémie Lvovsky) et Philippe (Guillaume Gallienne). Le dialogue entre eux est drôle et ambigu à souhait ; l’interprétation excellente. On compatit à ce qui arrive à Philippe Rebbot dans Fiction d’Ambroise Rateau. L’acteur qui joue son propre rôle arrive sur un tournage sans avoir lu le scenario. Il est pris dans un engrenage dont il ne maitrise pas les rouages, entrainant le spectateur dans une sorte de thriller teinté d’absurde, interrogeant la frontière entre le vrai et le faux, les tournages et le traitement des acteurs. Excellent !
Né d’histoires vraies, le thriller noir, Coyotes du Palestinien Said Zagha, nous interroge : que se passe t-il lorsque notre humanité est prise au piège ? « J’ai grandi en Palestine, sous une occupation israélienne brutale conçue pour armer nos vulnérabilités et éroder notre volonté. Par la violence, la surveillance, la coercition et la peur..» Sa réponse cnématographique, c’est Coyotes : Lubna, une chirurgienne palestinienne qui rentre chez elle après une garde de nuit, se retrouve en panne , sur une route déserte de Cisjordanie. Une atmosphère angoissante accentuée par la musique d’Amin Goudarzi.
Deux films forts questionnent les rapports humains contemporains. Dans Pentest de Tristan Lhomme et Benjamin Chevallier, Nabil, un jeune livreur se voit refuser l’accès aux bureaux d’une grande banque ; un vigile compatit et lui permet d’y accéder par une issue de secours, créat ainsi une faille de sécurité (pentest) dont il va payer le prix. Dans Rives une rencontre fortuite entre des jeunes que tout oppose met en relief la persistance des réflexes et des barrières de classe, montrant la cruauté des milieux privilégiés. Un peu comme dans les nouvelles de Maupassant, en dit son réalisateur, Arthur Cahn.
ANNIE GAVA
La 21 édition de Courts-Bouillon a eu lieu le 10 octobre à Rousset, salle Emilien Ventre
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