mercredi 1 juillet 2026
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Molière, avec des matraques

Avec 1, 2, 3 Poquelin, les tg STAN font, après Poquelin et Poquelin II, le pari d’un troisième épisode constitué d’un montage de pièces de Molière. Huit interprètes jouant une quarantaine de personnages, et 4h30 de jeu à la carrière Boulbon. Interview de Damiaan de Schrijver, l’un des co-fondateurs du tg STAN

Zébuline : Qu’est-ce que jouer Molière pour le tg STAN ?

Damiaan de Schrijver : Pour nous c’est un des plus grands maîtres de la dérision envers les gens de pouvoir. Molière donne beaucoup d’exemples où les valets sont plus malins et les servantes plus malignes que leurs maîtres. Les patrons, les grandes figures, les rois, sont des gens qui font beaucoup de fautes. Molière a trouvé comment le dire avec sa plume : c’est politique.

Il était avant tout un comédien et un écrivain, qui était avec ses compères, et jouait lui-même les pièces avec eux. C’est pour nous un grand exemple : cette personne qui écrit, qui joue et qui dirige la compagnie, c’est un comédien.

À propos des textes, ça ne doit pas être facile de choisir des passages de Molière, d’en écarter d’autres. Comment avez-vous travaillé là-dessus ?

Le processus est collectif : les comédiens se sont mis autour de la table et ont fait leur choix. Les pièces qu’on va jouer, c’est Le Mariage forcé, L’Avare, Le Malade imaginaire, Le Médecin malgré lui, Les Égotistes, un montage des Femmes savantes, des Précieuses ridicules. Et deux textes, un que Molière a écrit pour expliquer au frère du roi pourquoi il divertit les gens, et l’autre, une lettre pour dire que monsieur Molière est mort après avoir joué Le Malade Imaginaire.

Et nous serons là avec des matraques. On va se frapper. On l’a toujours fait, on se frappe jusqu’à ce qu’on reçoive une conscience. Attaquer avec des mots, montrer que la vie est amusante, mais aussi très dure et très cruelle.

Quel va être le dispositif scénique à la carrière Boulbon ?

Il y aura des tréteaux avec des escaliers en bois et on sera en tri-frontal. On va jouer de trois côtés. Il y a un grand rideau. Et pour le reste, on va se débrouiller avec quelques chaises, quelques fauteuils, des matraques. Voilà, c’est tout. Un rideau. Tout dépend de la joie de jouer ensemble, de s’attaquer, et qu’il ne fasse pas trop chaud, qu’on puisse bien réfléchir

Quels costumes allez-vous utiliser ?

On ne va pas jouer dans des costumes du 17e siècle, mais ce sont des costumes qui reflètent cette période-là. Nous avons invité des stylistes à réfléchir avec nous. Ça fait penser aux costumes de l’époque, mais en même temps, avec un peu d’audace, on pourrait les mettre aujourd’hui. Des pantalons, des grandes chemises, des robes magnifiques, que des enfants auraient trouvés en ouvrant des coffres dans un grenier.

Est-ce qu’il va y avoir de la musique ?

Il y a de la musique pour marquer les nouvelles pièces. Il y a beaucoup de musique de Heinrich Ignaz Franz Von Biber, un autrichien, une musique très remarquable.

Et de la musique pendant l’entracte, parce qu’on a demandé à l’organisation d’Avignon que le public puisse sortir et venir quand il veut. J’espère que les gens seront assez audacieux pour le faire. Il y a des bars qui seront ouverts, on vient quand on veut et on part quand on veut. C’est un peu comme quand on est dans la rue, sur des places, lorsqu’on joue dehors. Ça doit être décontracté parce qu’on va jouer 4h, on va avoir des entractes, on va s’arrêter, on va recommencer. Il faut que ça bouge dans la salle.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARC VOIRY

1, 2, 3 Poquelin

Du 13 au 25 juillet

Carrière Boulbon

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