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AccueilÀ la UneErmione de Rossini, un opéra rare et flamboyant

Ermione de Rossini, un opéra rare et flamboyant

Enea Scala, ténor italien habitué de la scène marseillaise revient chanterr une œuvre qui exige un cœur d'acier et une voix extraordinaire. Ermione, adapté d’Andromaque de Racine

Zébuline : Votre Pyrrhus est un tyran d’une violence rare. Comment explorez-vous la psychologie d’un homme prêt à sacrifier son trône et son honneur pour une femme qui le hait ?

Enea Scala : À l’opéra, les sentiments contradictoires sont fréquents. On peut être attiré par

une personne du camp adverse et n’oublions pas que chez Ermione, que Pirro (Pyrrhus) repousse, tout est motivé par la quête du pouvoir qui doit être atteint par tous les moyens.

Entre des graves abyssaux et une agilité extrême, comment adaptez-vous votre technique de baryton-ténor pour préserver l’éclat de vos aigus dans ce rôle athlétique ?

Il faut toujours être attentif, ne jamais alourdir les notes graves ni forcer les notes aiguës. Tout est question d’équilibre entre les différentes parties. Lorsque vous descendez, pensez à monter, et inversement, lorsque vous allez dans l’aigu, pensez à descendre, afin que le corps et la gorge ne se raidissent pas.

Chez Rossini, le chant virtuose n’est jamais une fin en soi. Comment transformez-vous ses vocalises en vecteurs purs de fureur et de rage sur scène ?

Plus vous donnez de sens aux coloratures extrêmes, plus elles deviennent fluides et naturelles, ou du moins, avec le juste équilibre d’effort et sans excès. Les coloratures de Pirro deviennent des flèches décochées sur ses adversaires. Ou parfois, comme dans le duo avec Andromaque, une ultime tentative pour la persuader de se marier.

Vous adorez cette scène, mais à l’opéra de Marseille vous l’interpréterez en version concert. Est-ce frustrant de ne pas pouvoir jouer les duels avec Ermione ?

Oui, bien sûr. J’adore le théâtre marseillais et j’ai déjà interprété trois opéras en version concert, dont Maria Stuarda, Donna del Lago et Armida. Pour Ermione, quand j’en aurai l’occasion, j’essaierai de jouer la comédie et d’ajouter quelques mouvements par rapport à un concert classique. Mais je déciderai pendant les répétitions, qui sont malheureusement moins nombreuses que pour une production scénique.

Pourquoi cette tragédie oubliée depuis longtemps semble-t-elle si actuelle et résonne-t-elle si fortement auprès du public en 2026 ?

Parce que, comme toutes les tragédies grecques, elle est le fondement de notre culture occidentale. Les personnages sont des archétypes aux attitudes attitudes contrastées qui s’affrontent dans des jeux de palais où pouvoir, amour, haine, oppression et vengeance se succèdent et révèlent leur personnalité. Tout cela est toujours présent dans la conscience humaine, à tous les niveaux.

Et pour les mois à venir ? Y a-t-il un défi ou un premier rôle que vous attendez avec impatience après cette interprétation de Pirro ?

Eh bien, je dirais que le défi le plus excitant et le plus riche en adrénaline sera Il Trovatore à Hambourg. Entre mars et avril.

DANIELLE DUFOUR-VERNA

Ermione

Version concert

les 22 et 24 février

Opéra de Marseille

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