Déjà dix ans de découvertes et de danses. Au fil des éditions, toujours attentive aux chorégraphes de la région, l’ImpruDanse programme aussi bien des artistes émergents que de grandes figures de la scène chorégraphique, et les danseurs en formation supérieure. Né sur quatre jours, le festival se déploie désormais sur trois semaines. Cette année, la programmation s’étend sur seize spectacles et mêle danse contemporaine, flamenco, cirque, théâtre et musique, avec l’ambition de célébrer la danse sous ses formes les plus diverses, jusqu’au plus participatives et inclusives.
Luttes et danses urbaines
La compagnie Ayaghma présente Un grand récit, une pièce qui explore la mémoire, le temps et le vivre-ensemble. Sur scène, neuf danseur·euses racontent les histoires des gens ordinaires dans une utopie brute et sincère qui invite à imaginer d’autres récits possibles. Une œuvre qui célèbre l’art comme un espace de résistance. Dans le même registre sur fond de musique électro-acoustique de Romain Dubois, le chorégraphe Kader Attou (Marseille) propose Prélude. Sur la scène du Théâtre de l’Esplanade, une dizaine de danseurs hip-hop investissent la scène dans un élan presque vital qui revisite le parcours de l’artiste, de son enfance en banlieue lyonnaise et la découverte de la boxe.
Avec Tamjuntu, la compagnie Via Katlehong Dance (Johannesburg) et le chorégraphe brésilien hip-hop Paulo Azevedo font dialoguer l’Afrique du Sud et le Brésil. Sur des rythmes marqués, les styles se mélangent : passinho, samba, influences d’amapiano et de funk. La compagnie emblématique de l’Afrique du Sud défend notamment le Pantsula, danse née dans les townships pendant l’apartheid et devenue un symbole de résistance.
La musique donne le bal
Indissociable de la danse, la musique occupe une place centrale dans de nombreuses créations. Sandrine Lescourant propose Blossom, une performance participative, déjà créée à Cavaillon et à Marseille, réunissant les artistes de sa compagnie Kilaï et un groupe d’amateurs de chaque territoire. Guidés par la musique, ceux-ci mêlent voix et mouvements pour créer un moment de floraison commune.
À l’Auditorium Chabran, la musique est aussi de la partie. La flamenca marseillaise Ana Perez s’associe en musique au guitariste José Sanchez pour revisiter le Stabat Mater. Entre flamenco et musique sacrée, leur création tisse une toile sensible entre la danse et la guitare dans une relecture de ce texte liturgique. Les deux artistes présenteront également Stans dans la même soirée.
Avec Contre-Nature, Rachid Ouramdane (lire ici) livre une ode à l’impermanence. Dix danseurs évoluent entre sol et air dans un spectacle à la croisée de la danse et du cirque. Porté par la musique de Jean-Baptiste Julien et la scénographie de Sylvain Giraudeau, le spectacle compose des tableaux acrobatiques remplis de poésie.
CARLA LORANG
L’ImpruDanse 14 mars au 4 avril Théâtres en Dracénie,Draguignan
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