La Ciotat n’est certainement une ville comme les autres. Une ville de contraste, de lumière, d’un peuple vivant, travailleur, qui sait aussi apprécier l’oisiveté de la chaleur, le repos de la mer. Il n’en fallait pas plus pour attirer la curiosité naturelle de Bernard Plossu, illustre photographe dont on a la chance qu’il vive dans notre région, et qui a su en tirer, au cours de ses déambulations pédestres, son âme et sa beauté.
Voilà pourquoi l’éditeur arlésien Arnaud Bizalion a décidé de réunir des centaines de ces clichés ciotadens dans son ouvrage La Ciotat, récits du Golfe d’amour, tout juste paru. Des photos de Bernard Plossu, mais aussi des textes de Michel Cornille, Jean-Louis Tixier et Marie-Paule Viale, qui racontent les liens que plusieurs grands noms – auteurs, cinéastes, scientifiques – ont eu avec cette ville.
Comme un Fresson
Au gré des pages, on apprendra ainsi la vie mouvementée de Louis Marin, directeur de la librairie royale au XVIIIe siècle, né à La Ciotat, et qui passa quelques années réduit à l’esclavage, avant de devenir un des hommes de lettres les plus importants de son siècle. Les mots qu’a eu Ferdinand de Lesseps, ingénieur qui perça le canal de Suez, et qui inaugura aussi les chantiers navals de La Ciotat en 1869. Passent également par là Simone Veil, Georges Braque, Henry Miller et même Boby Lapointe.
Des grands noms, des petites histoires, qui se mêlent à la grande. Une gloriole qui contraste avec la poétique du rien de Bernard Plossu. Dans ses clichés, comme souvent, il saisit l’instant, son propre instant, donne de l’importance au banal, aux odeurs, aux sentiments, aux anonymes.
C’est d’ailleurs cela que l’on ressent sur les tirages exposés au premier étage de la librairie Maupetit. Des photos le plus souvent en couleur, sorties du légendaire atelier Fresson, dont le procédé de révélation des couleurs reste secret, et qui donne aux images une saturation unique, où l’on pourrait croire qu’il ne s’agit pas là de photo, mais de dessins au crayon gras. Une exposition visible gratuitement jusqu’au 9 mai, où l’on pourra également se procurer l’ouvrage.
NICOLAS SANTUCCI
La Ciotat, récits du Golfe d’amour
Arnaud Bizalion Éditeur – 45€





