Le dernier jour d’août, la cour de l’Île recevra l’ultime double concert d’un été martégal complètement fada. L’occasion de réunir deux artistes féminines qui mêlent chacune dans leurs univers propres la puissance de leurs voix et auras.
Artiste marseillaise, la chanteuse et musicienne Jeanne Carrion, Liquid Jane à la scène, ne cesse d’affuter le talent brut que l’on avait joie à découvrir dans le duo rock féminin Claude Fernand. Se lançant il y a quelques années dans une carrière solo accompagnée de son frère, Jules Carrion, et de Théo Panchevre, l’artiste creuse avec son tout frais deuxième EP – On a passé le pire – un sillon néo-soul profond. Forte d’une voix remarquable par son coffre et sa maîtrise, Liquid Jane, accompagnée de sa guitare, étoffe ses compositions de textes nourris à l’expérience réaliste et cathartique de l’amour. Ainsi, les quatre titres de ce nouvel opus se savourent encore mieux en live, et développent l’impatience de découvrir la suite.
Dans un autre registre, la chanteuse d’origine réunionnaise Lwanbe invente une musique entre rap et chanson dans un kréol ilien qu’elle qualifie d’« imparfait et personnel ». L’artiste s’accompagne sur scène d’un kayamb – instrument de percussion idiophone (dont le son est produit par la matériau lui même) utilisé traditionnellement dans le maloya, et tisse des chansons – interprétées seule en scène ou en trio – profondément teintées du genre musical et enrobées de flow hip-hop, synthétiseurs et autres machines. Ainsi va la singularité de son style. Joies, rages, sujets politiques comme personnels nourrissent la prose de Lwanbe, dont la musique ne semble souffrir d’aucuns carcans.
LUCIE PONTHIEUX BERTRAM
31 août
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