La Fileuse de nuit est une partition qui jongle avec les mots et leurs acceptions. La proposition se double d’un ravaudage mémoriel, au fil duquel une retoucheuse aussi intrépide qu’indécise, s’efforce de combler, voire de masquer, les trous et les béances qui mitent son récit familial.
Donc, on serait dans un conte, un tâtonnement erratique, qui s’amorce au fond d’une grotte. Une spéléologue tente de frayer dans l’obscurité. Plus avant, se devinent des portes qui ouvrent sur des placards à silence. Comme dans toute fable, l’héroïne croise des ogres, certains avec une longue barbe bleuâtre, d’autres perclus de croix gammées. Elle côtoie encore des monstres d’autant plus terribles qu’ils respirent l’ordinaire.
Le travail relève d’un rafistolage dramatique à la fois subtil et échevelé, brodé par une petite main qui finit par méditer en compagnie de Tchekhov. Le chroniqueur fataliste la pousse à admettre, qu’au-delà de les réparer, il est encore possible d’embrasser les vivants. En points universels, Elsa Rozenkop et son équipe reprisent le théâtre en une tapisserie artisanale, couturée en majesté.
M.F.
Du 4 au 25 juillet à 15h50
Relâche le dimanche
Artéphile Théâtre
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