Le musée Réattu propose une grande exposition autour du créateur et enfant de la ville d’Arles. Une exposition, intitulée Dessins, gribouillages et graffitis, qui propose de faire un pas de côté, pour se concentrer sur les dessins de cet ovni de la mode, en se déployant autour de quatre axes : Aux sources de l’iconographie : Arles ; la Provence et la Camargue ; Dessiner la mode ; Dessiner le costume et Les métamorphoses du dessin.
L’enfant prodige d’Arles
Vous connaissez sûrement ses costumes baroques extravagants, aux teintes flamboyantes, ou encore ses motifs papillon colorés. Autant de signatures du grand couturier mondialement connu Christian Lacroix. Et tout commença par le dessin. Né à Arles en 1951, issu d’un milieu cultivé, il dessine des scènes de son quotidien arlésien, comme sur un croquis datant de 1962 – il avait seulement 11 ans – représentant ses parents à la table à manger, d’un trait déjà étonnamment maîtrisé, à l’aquarelle.
Incontournable spectacle arlésien, les costumes des matadors, durant les corridas dans les arènes, inspirent le jeune Christian. Un amour du costume qui se retrouve dans toute son œuvre. La mémoire de Christian Lacroix passe par le vêtement, ils le marquent profondément. Ses visites au musée d’histoire Arlaten, les tenues traditionnelles arlésiennes et les tenues sobres et élégantes des hommes de sa famille marqueront toute son œuvre.
Paris, l’ascension
Passé par Montpellier, il arrive à Paris au début des années 1970. Il a alors vingt ans, provincial timide monté seul à Paris. C’est là qu’il rencontre Françoise, sa future épouse. Elle travaille dans le milieu de la mode et croit en son talent. Dans une interview pour l’émission « L’atelier de la mode » en 2005, elle se souvient de ses premiers mois avec le futur designer star. « Il griffonnait partout, sur les nappes au restaurant, sur n’importe quel bout de papier. Il avait toujours la tête baissée sur un dessin ! »
Le jeune homme, un peu perdu, sans travail, se focalise sur sa passion. Jusqu’à matérialiser ses traits en création, grâce à des rencontres providentielles, qui le mèneront au plus haut rang de la mode française. Sa proximité avec Bernard Arnault, qui lui permit de créer sa maison de couture en 1987, est souvent considérée comme un tournant vers une mode moins extravagante et davantage commerciale. Ce même Bernard Arnaud qui vendra sa marque à un groupe américain quelques années plus tard…
Christian Lacroix c’est un style, et des centaines de dessins qui l’ont façonné. Un destin tracé à la pointe de ses pinceaux, sans jamais suivre le courant de la mode. Au contraire, ses créations, très inspirées par ses origines arlésiennes, ont touché le public parisien dès ses débuts par son authenticité et continuent d’inspirer au-delà de la France. Le public prendra plaisir à découvrir son trait vif et son travail prolixe, témoignages visuels d’un esprit créatif hors du commun. Un certain regard sur le Sud de la France, joyeux et coloré, parfois considéré kitch mais devenu iconique.
MONA LOBERT
Dessins, gribouillages et graffitis
Jusqu’au 4 octobre
Musée Réattu, Arles
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