Se Sauver, Les Janettes
Une soirée qui commence à 20 heures par un « Pot de départ » : celui de Se sauver de la compagnie Les Janettes. Il s’agit de boire un dernier verre pour dire adieu à trois femmes, personnages de fiction, qui se sont infiltrées dans la vie quotidienne de Martigues (rues, places, jardins, commerces…) pendant les trois jours précédents ! Trois femmes, qui ont fui leur quotidien et se sont retrouvées sur les routes, avant de débarquer au bord de l’étang de Berre : « La première s’est échappée de son mariage. La deuxième a tellement rêvé d’aventure qu’elle a fini par se lancer. La troisième a déserté son bureau ».
De la fiction faisant effraction dans la réalité, et une série théâtrale en plusieurs épisodes (surprises), interrogeant le désir universel de fuir une situation devenue insupportable, de rompre avec un destin tracé ou de retrouver une liberté perdue. Créés par une compagnie qui oriente ses recherches autour de l’abolition des frontières entre spectateurs et interprètes.
Tuiles, compagnie Atoll K
À 21 heures, c’est Tuiles, spectacle emblématique de la compagnie Atoll K, créée par les jongleurs Paul Rozaire et Fred Teppe,l’une des références du cirque contemporain, dont le travail est régulièrement présenté en France et à travers l’Europe. Entre jonglage, théâtre visuel et poésie burlesque, Fred Teppe incarne dans ce spectacle un personnage aussi attachant qu’imprévisible : un gourmand compulsif, « chips’opathe », qui tente désespérément de faire bonne figure, irrésistiblement attiré par les fameuses chips-tuiles qu’il engloutit à longueur de spectacle. Tandis qu’autour de lui, les objets prennent progressivement leur autonomie : un tabouret semble vouloir s’échapper, un étendoir à linge mute en créature étrange et les boîtes de chips (aux contenus improbables) se transforment en orchestre ! L’espace domestique devient un terrain d’aventures, où l’absurde, source permanente d’émerveillement, prend ses aises, manipulé par un jongleur virtuose, dans un spectacle qui revendique l’héritage du cinéma burlesque, en particulier celui de Jacques Tati et de Pierre Étaix.
Sharouh
Enfin, à partir de 22h30, la DJ et productrice Sharouh,l’une des figures émergentes des scènes électroniques méditerranéennes, installée à Madrid,proposera aux festivaliers un voyage musical très dansant entre Orient, Méditerranée et cultures électroniques contemporaines. Une artiste qui construit depuis plusieurs années un univers musical en reliant les traditions du Moyen-Orient, du Maghreb, de la Grèce et de la Turquie, en s’intéressant tout particulièrement au rôle joué par les femmes dans cet héritage, mixées aux sonorités électroniques contemporaines.
Musiques arabes, judéo-arabes, berbères ou mizrahi, Sharouh déniche des pépites et les fait dialoguer avec de l’électro, de l’acid et parfois même du punk. Le tout traversé par des prises de parole féministes, intégrées sous forme de samples.
MARC VOIRY
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