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SOS Méditerranée, un soutien en musique

Plus de 700 personnes se sont réunis au Mucem, ce samedi 20 juin, pour célébrer les dix ans de SOS Méditerranée en musique, et en partage

« Si l’on ne peut pas faire de grandes choses, on peut faire de petites choses avec grandeur », confie Moussa, arrivé en France il y a dix ans après avoir été secouru par l’Aquarius de SOS Méditerranée, et présent ce soir sur la scène du fort Saint-Jean. Une maxime qui résonne avec l’esprit de cette soirée de concerts dont les bénéfices sont reversés à l’association européenne de sauvetage en mer.

Compagnon de route de SOS Méditerranée depuis 2015, le Mucem accueillait ce 20 juin un public nombreux pour célébrer les dix ans de l’ONG à travers un répertoire musical inspiré des cultures du bassin méditerranéen. La soirée conjugait le piano-voix inédit de Thomas de Pourquery, puis le chant occitan de Sam Karpienia avant le répertoire de Tarek Abdallah, composé autour d’un chant contestataire égyptien de Cheikh Imam, « Pourquoi la mer sourit-elle ? ». L’événement finit en danse avec Maryam Kaba puis le collectif Twerkistan et le DJ set de Matteo, co-fondateur du groupe Chinese Man.

Danse résistante

Ce sont des artistes engagés qui montent sur scène, comme Tarek Abdallah qui suit l’association depuis ses débuts. Artiste d’origine egyptienne installé à Marseille, il décrit le travail de l’association comme « une mission à la fois noble et essentielle de sauvetage ». Le compositeur, enseignant et interprète de oud proposait un trio avec ses élèves – la trompettiste Nicole Kolodziej et le chanteur-percussionniste Hassan Dakroub – sur un répertoire qui fait vibrer les mélodies du Liban à l’Egypte en passant par la Syrie. La voix envoutante de Hassan Dakroud transportait le public en Palestine, grâce au texte du poète Mahmoud Darwich, tandis que la trompettiste faisait résonner des effluves de notes en dialogue avec l’oud.

Une interlude magnifique, une ode à cette Méditerranée qui n’est « pas seulement une scène de drame mais aussi de circulation, d’échange et de partage », pointait Tarek Abdallah. Tout comme le répertoire de Sam Karpienia, artiste de folk provençal. Sa voix perçante et crue chantait avec émotion Terra de Crau, en rappelant que Marseille s’est bâti grâce aux populations qui viennent d’ailleurs.

En fin de soirée, place à la danse, comme une forme de résistance. Maryam Kaba emporte avec ses chorégraphies les centaines de personnes présentes dans le public. Un même sentiment de joie se retrouve lorsque l’équipage de l’Océan Viking monte sur scène pour témoigner de leurs actions. « On a beaucoup chanté en mer », souligne un membre de l’ONG. Au fort Saint-Jean, comme en mer, il prend son accordéon de manière improviste pour jouer le titre En pleine mer, de Karpatt. Un moment convivial où le public s’unit en chœur avec tout l’équipage, car en mer, comme face à la mer, la musique c’est une preuve de résiliance.

LAVINIA SCOTT

Concerts donnés le 20 juin au Mucem, Marseille.

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