lundi 15 juin 2026
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[SAISON MÉDITERRANEE] La belle Saison

Après une grande séquence d’ouverture à Marseille, la Saison Méditerranée s’installe sur tout le territoire. Expositions, spectacles, concerts et rencontres sont à découvrir sur tout le territoire

« Ne quittez pas la Méditerranée sans lui dire que vous l’avez aimée », écrivait la poétesse Etel Adnan. Ces mots résonnent avec cette Saison Méditerranée lancée le 15 mai dernier. Voulue par Emmanuel Macron en 2023, le commissariat confié à Julie Kretzschmar, cette Saison déploie une panoplie d’événements et d’expositions en tout genre sur tout le territoire national. L’idée : célébrer les liens qui unissent les deux rives mais aussi offrir aux artistes un espace où proposer leur regard sur une Méditerranée plurielle, traversée par les questions de mémoire, d’identité et de transmission. Pendant toute la Saison, expositions, photographie, arts visuels, théâtre, musique et danse s’entremêlent dans le paysage culturel.

Des expositions à foison

Symbole de cette union entre les deux rives, c’est à Marseille que s’est ouverte la Saison Méditerranée. Du 15 au 24 mai, la Cité phocéenne vernissait plusieurs expositions, dont beaucoup sont encore à visiter cet été. À commencer par l’installation Mar Nostro, du collectif UV LAB, dans les jardins du Palais du Pharo. Conçue comme une « coquille poreuse », inspirée des circulations entre les continents, cette installation célèbre à la fois les échanges, les migrations et toutes les cultures qui façonnent la Méditerranée.

À quelques pas de là, La Citadelle : Résistance et désobéissance prend comme point de départ l’emprisonnement d’Habib Bourguiba à Marseille entre 1939 et 1942 pour interroger les mémoires coloniales franco-tunisiennes. À travers archives, créations sonores et recherches artistiques, l’exposition questionne les héritages de cette histoire commune et leurs résonances.

À la Friche Belle de Mai, plusieurs expositions prolongent ces réflexions. Avec Les rêves n’ont pas de titre, Zineb Sedira transforme l’espace en décor de cinéma. Entre souvenirs personnels, histoire familiale et mémoire postcoloniale de l’Algérie, l’artiste rend hommage au cinéma militant des années 1960. Plus loin, Abdessamad El Montassir propose avec Sur les ruines, les pierres fleurissent une plongée dans les mémoires enfouies du Sahara occidental, à travers films, photographies, créations sonores et sculptures.

De la photographie

La photographie occupe une place importante dans cette Saison Méditerranée. Au Centre Photographique de Marseille, Photo Kegham de Gaza : une archive inachevable retrace l’histoire du premier studio photographique professionnel de Gaza, fondé en 1944 par Kegham Djeghalian. À partir de négatifs et de souvenirs retrouvés par son petit-fils, l’exposition compose une histoire visuelle et sensible de Gaza. À la Bibliothèque de l’Alcazar, Photographier le Liban (1864-1970) réunit 77 photographies anciennes issues de la Bibliothèque orientale de Beyrouth. Un voyage dans l’histoire du Liban à travers plus d’un siècle d’images.

La Saison Méditerranée s’invite également aux Rencontres d’Arles (6 juillet- 4 octobre), à travers des expositions qui explorent les liens entre mémoire et héritage coloniaux. Avec Le Roman algérien, un nouveau chapitre, Katia Kameli poursuit le dialogue engagé par Assia Djebar autour de la mémoire algérienne. Dans Goudron : Tanger- Le Cap, Bruno Boudjelal propose une traversée photographique du continent africain qui flirte entre les promesses et les désillusions des indépendances. Plus contemplative, Anne-Lise Broyer mêle photographie, littérature et archéologie dans Méditerranée – est-ce là que l’on habitait ?

Mais aussi des arts vivants

La Saison Méditerranée se vit aussi sur scène. Au Festival d’Avignon, Ahmed El Attar présente Salma, mon amour (5-8, 17-24 juillet) et retrace l’histoire d’une riche famille égyptienne dont le quotidien bascule après les événements du 7-Octobre. Le metteur en scène interroge les conséquences intimes des bouleversements politiques. «Qui paie le prix de la violence et de l’inhumanité ? Que se passe-t-il après l’horreur, la destruction, le traumatisme ? »

À Arles, le festival Les Suds place sa 31e édition sous le signe de Madre Nostrum (13-17 juillet) et met les femmes méditerranéennes à l’honneur ! Chants de femmes du Maroc rural, créations inspirées des traditions arabes donnent à entendre la Méditerranée. Dans la continuité, le chanteur et poète égyptien Abdullah Miniawy (3 juillet) sera l’un des temps forts de Marseille Jazz des Cinq Continents avec Peacock Dreams. Entre poésie arabe, soufie et jazz contemporain, il promet une expérience musicale envoûtante. Enfin, côté danse, à Marseille, la comédienne et chorégraphe libanaise Nivine Kallas présente SāHO (27, 28 juin) à La Criée. Une danse qui parle de l’enfance et de l’école mais aussi de silence et de contrôle au Liban. La Saison Méditerranée ne fait que commencer et se poursuit tout l’été jusqu’à l’automne, dans toute la région.

CARLA LORANG

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