Tessina est née à Santa Monica, d’une mère chanteuse iranienne qui a fui la révolution de 1979 et d’un père français. Bien que sa langue maternelle soit l’anglais, elle a grandi dans le Sud de la France, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Une enfance bercée par la musique, au milieu des bois. La nature et la musique sont ses lignes directrices. Elle apprend très jeune la guitare, le violoncelle, le oud… Mais surtout, elle chante. Ses compositions folk-rock, mêlées au jeu de batterie de Stella, sont d’une douceur sombre, puis s’emballent pour laisser apparaître une voix plus puissante, légèrement éraillée, comme dans weeping willow – dont elle a fait une session live tournée dans la forêt où elle a grandi. « J’ai commencé la musique par la folk se souvient-elle, mais j’ai toujours voulu faire du rock. Quand j’ai découvert la pédale de fuzz Big 9 [qui créé un son très gras, ndlr], je ne l’ai jamais lâchée ! », dit-elle en riant.
Une voix d’ange et des sons de guitare rock très assumés : c’est la dualité du projet, que Tessina décrit comme du « rock céleste », en rapport à son amour pour le Soleil et la Lune. La Lune, surtout, est son inspiration.« C’est ma muse. J’ai par exemple écrit la chanson The Shadering lorsqu’une nuit, j’ai été réveillée par la dispersion de la Lune derrière les arbres. Quand je la regarde, j’ai envie de lui écrire des chansons. »
Des paroles qui viennent du cœur, avec une pincée de mystère. C’est le cas de son magnifique titre The Believing qui raconte l’abandon d’une dévotion. « If it’s not him » répète-elle dans ce titre à fleur de peau, accompagné d’une guitare folk et d’un simple tambour. Il en faut peu au duo pour faire passer des émotions complexes, grâce à l’écriture évidente de Tessina. Ses inspirations vont de Kate Bush à Radiohead et ses paroles sont toujours écrites en anglais. « Pour moi, le français est plus analytique. L’anglais, lui, me permet plus de liberté pour exprimer des émotions. »
Du folk au rock
S’exprimer par la musique dans une scène rock très masculine, cela lui a demandé du temps. À Marseille, où elle a rencontré Stella, Tessina s’est révélée. « En tant que femme, on nous reproche souvent que notre rock est trop doux. Mais c’est dur de s’assumer sur scène, de parler fort, de crier. J’avais l’impression de déranger. Mais j’ai progressivement appris à montrer cette partie de moi. »Tessina vit aujourd’hui de la musique. Elle prépare une tournée d’été dans toute la France avec son nouvel EP, dont la sortie est prévue le 26 juin. À commencer par un passage au Festival Au Large à Marseille le 24 juin, suivi par sa date à Martigues dans le cadre des Fadas du Monde.« On va y jouer des nouveaux morceaux de notre EP que l’on a enregistré ces derniers mois en résidence à Cool Train Studio à Aubagne. » Le duo rock est à découvrir ou redécouvrir le 27 juillet sur la scène du Cour de l’Ile, et on y court !
MONA LOBERT
27 juillet - 21h 30
Cour de L'Ile
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