Ce samedi matin-là, comme chaque samedi depuis le mois d’avril, des enfants de 18 mois à trois ans s’attroupent devant La Maison de la Vierge de Guillaume Dubufe. Ils lèvent les yeux vers cette grande image claire, presque théâtrale : une Vierge à l’Enfant, un escalier, des fleurs, une colombe, un paysage déjà ouvert vers la Méditerranée. Lors de la séance du 20 juin, Baby Mamma Mia ne propose pas une visite miniature, mais une traversée sensible de l’œuvre. On ne regarde pas seulement le tableau : on y entre.
Conçue avec L’air de dire, la proposition accompagne les tout-petits dans un récit très doux, fait de sons, d’odeurs, de gestes simples. Des fleurs à sentir, de petits jeux à manipuler, des bruits qui déplacent l’attention : tout ramène l’art à hauteur de corps, de mains, de nez, d’oreilles. La scène de Dubufe, empruntée au musée d’Orsay pour l’exposition Bonnes Mères, devient moins une image pieuse qu’une maison ouverte, un espace où parler de lien, de soin, de présence. Et de l’universalité de la Mère Méditerranée.
Le dispositif laisse les enfants éprouver avant de comprendre, et les adultes redécouvrir ce que le musée peut avoir d’intime lorsqu’il cesse d’être intimidant – même s’il dure peut-être un peu trop, ou pourrait s’étendre d’une œuvre à l’autre. La proposition prolonge avec justesse l’exposition Bonnes Mères, dont on avait salué la manière d’interroger la maternité entre mythe, corps et politique. Ici, le discours se fait murmure, jeu, sensation. Et l’on peut ensuite poursuivre la visite en famille, porté par cette première approche.
SUZANNE CANESSA
Baby Mamma Mia, visite contée pour les 18 mois-3 ans, au Mucem, dans le cadre de l’exposition Bonnes Mères.
Prochaines séances jusqu’au 29 août, selon calendrier du musée, réservation conseillée.
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