mercredi 17 juin 2026
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Nightborn (YÖN LAPSI) : Lorsque l’enfant paraît

Avec son dernier film, la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm veut s’aventurer hors de nos zones de confort

 Saga (Seidi Haarla) et son mari Jon (Rupert Grint) arrivent par une route de terre à une maison abandonnée au cœur d’une forêt nordique : il est anglais, elle est finlandaise et enceinte. Fuck London ! ils ont décidé de fonder leur foyer là, en harmonie avec la nature. De construire une famille parfaite. Saga rêve d’avoir un enfant aussi adorable que sa nièce si blonde et si angélique. « Tu es trop romantique » ironisera la mère de Saga, aussi peu maternelle que possible et peu disposée à jouer la grand-mère.

Les désirs normés de Saga virent au cauchemar. Le bébé naît en la déchirant, se montre agressif, suce le sang de ses seins, produit des sons gutturaux, pleure à la lumière… Il est laid et poilu. La réalisatrice se garde longtemps de le montrer de face mais on perçoit la surprise gênée de la famille et des amis venus célébrer la naissance. Tous font comme si de rien n’était.

Pour expliquer le comportement de plus en plus étrange de Saga et de son fils, ils se réfèrent à la dépression postpartum – car « c’est toujours la faute de la mère ». Jon pourtant bienveillant craque. Le couple se défait. Et Saga se retrouve seule pour affronter la monstruosité de ce petit troll que la forêt environnante protège comme son fils.

 Né de la Nuit est un film de « mauvais genre » non dénué d’humour noir. Le sang gicle sur les visages, la viande se dévore crue. Le monde « civilisé » est pulvérisé par les forces occultes de la forêt. La maison, qui se transforme au fil des étapes du drame, et la chambre d’enfant « idéale », explosent. La peau de Saga se fait écorce. Les racines des arbres reprennent possession des lieux.

Horreur, gore et fantastique dynamitent les repères rationnels. Les contes de Grimm et d’Andersen ne sont jamais loin.

Mais Nightborn, c’est surtout une fable sur la maternité, sur la pression sociale que subit une néo-mère, sur la complexité de ses sentiments pour son bébé. Un être tiers qui déstabilise les relations du couple, un « étranger qui vient de l’intérieur », un être nouveau qui ne répond pas forcément aux attentes de ses parents et qu’on apprend peu à peu à connaître.

ELISE PADOVANI

Né de la nuit de Hanna Bergholm

En compétition officielle à la 76è Berlinale

En salle le 17 juin 2026

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