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AccueilÀ la UneUne histoire d’éclosion

Une histoire d’éclosion

Le festival Impulsion invitait une petite semaine durant les artistes de rap Ekloz et Falzar à créer un live unique joué le 17 au soir à la salle aubagnaise l’Avant-Scène. L’occasion pour nos jeunes journalistes de découvrir en immersion le travail de scénographie, de jeu commun et d'imagination d’un show singulier. Outre ces coulisses de création, nos journalistes en herbe posaient des questions préparées en atelier à Ekloz, autour de son premier album 10 000 Heures et de son expérience télévisuelle récente

Les Chroniqu’Heureuses. Comment vous sentez-vous avant le concert de vendredi ?

Ekloz. Je me sens bien. C’est un concert un peu spécial car je prépare un live avec Falzar. On construit un set d’une heure tous les deux, c’est la première fois qu’on construit un show, j’ai hâte ! On travaille beaucoup, on a d’abord choisi les morceaux et maintenant on répète, on essaye de penser à la scénographie et au décor.

Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ?

J’étais jeune et je n’ai pas réfléchi ! [rires]. J’étais dans un lycée spé danse et j’ai découvert le rap à ce moment-là. Ça m’a pris aux tripes, ça a donné un sens à ma vie, je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. J’ai commencé à travailler et essayé de comprendre comment l’industrie marche. Dix ans plus tard, j’en suis là.

Pouvez-vous citer un artiste qui vous inspire encore aujourd’hui ?

Le cadre tombe bien, je crois que les personnes qui m’inspirent le plus sont mes amis ! Les gens avec qui je suis ou rappe. Ce sont ceux qui me challengent le plus, quand ils font quelque chose que j’admire, ça me pousse.

Composez-vous vous-même vos morceaux ? Quel est le processus de création ?

Je co-compose : je suis toujours avec les beatmakers lorsqu’on fait les morceaux. Je ne touche pas à la prod. Le processus dépend des projets, de l’argent qu’on peut y mettre, aussi, ça coûte très cher de payer plein de gens pour faire de la musique. Ces derniers temps, j’écris seule, j’ai le matériel pour m’enregistrer à la maison. Je fais des sons et des mélodies, j’essaye des trucs. Lorsque je trouve quelque-chose, j’extrais la ligne de voix et je la re-travaille avec des compositeurs.

Pourquoi appréciez-vous particulièrement l’autotune, très présent sur l’album 10 000 heures ?

Parce que je peux chanter alors que je ne suis pas chanteuse, et ça c’est trop bien ! [rires]. C’est vraiment une histoire de goûts, j’écoute des artistes qui modifient beaucoup leurs voix, ça me parle. J’accède aussi grâce à ça à toute une partie mélodique que je ne ferais pas sans autotune, je me contenterais de rapper.

Votre personnage de scène est assez « badass ». Reflète-t-il votre personnalité ?

Il y a un peu de ça. Ce que tu es, ce que tu deviens et ce que tu crées, ce sont des facettes exacerbées de toi-même, c’est tiré. Si je suis 10 % badass dans la vie, il faut que je le sois à 100% sur scène. Il faut qu’il y en ait un peu en moi, sinon ça devient de la comédie et je me suis trompée de métier.

Comment avez-vous vécu l’expérience de l’émission Netflix Nouvelle École ?

Oulala. C’était très stressant parce qu’il y a plein de paramètres que tu n’as pas : c’est une grosse production, c’est la télé, des épreuves, tu es coupé de toi même et des habitudes. tout ce qui t’est familier n’est pas là. Ce qui m’angoissait c’était de savoir que mon image allait être à disposition d’autres personnes, qui pouvaient en faire ce qu’elles voulaient. J’avais raison… Et en même temps, tu vis un rêve de petite fille, je rêvais devant The Voice quand j’avais huit ans, et je suis devenue une de ces personnes qui fait un concours de musique à la télé. C’est aussi stressant que génial.

Comment vit-on l’après d’un concours télévisé très populaire ?

Chacun le vit différemment, je pense. Moi, j’ai reçu beaucoup de haine et de harcèlement, ça a été compliqué. Il y a plein d’étapes, il y a le « vivre après » personnel, puis le professionnel et l’avancée ou non de la carrière… Je suis contente de l’avoir fait mais honnêtement je n’ai pas eu les répercussions que j’espérais en y allant. En gros, ça veut dire que je galère toujours à percer…

Comment vous projetez-vous artistiquement dans l’avenir ? Quels sont vos nouveaux projets ?

Bonne question ! Je ne sais pas, je suis en pleine réflexion sur la suite. J’aimerais continuer à faire des concerts mais la forme que prendra ma musique les prochains mois, je ne peux pas le dire. Je fais pas mal d’ateliers d’écriture avec des jeunes, j’aimerais reprendre ça, et composer des nouveaux morceaux. La vie continue, la musique continue.

Interview réalisée par Yamina, Rabea, Mam’Bousso, Jimmy, Himda, Ilias, Abdel-Aziz et Zineb et retranscrite par Lucie Ponthieux Bertram. Une action éducative imaginée par le Nomad’, avec les jeunes de l’association Because U Art

Quelques réactions et retours en atelier :

Jimmy : « J’ai trouvé le travail de résidence assez drôle, les artistes inventaient des sketchs pour le show à venir, ils étaient complices. »

Yamina : « Le décor de salon créé par les artistes donnait une impression familière, intimiste. »

Ilias : « Sur scène, les artistes étaient sûrs d’eux, confiants ! »

Rabea : « En voyant les photos de presse d’Ekloz, on pouvait s’attendre à une personne froide, mais en fait c’était une personne sympa et normale. »

Yamina : « Ekloz a pris le temps de nous répondre, elle était douce et accueillante, ça aide à être moins stressée. »

Jimmy : « Ses réponses sur Nouvelle École étaient étonnantes, il y a plus de négatif que ce que l’on pense. »

Rabea : « J’ai vu sur les réseaux sociaux qu’Ekloz se prend beaucoup de haine, derrière un écran les gens se sentent plus libres, ils ne lui diraient rien de tout ça directement ! C’est violent. »

Himda : « J’ai compris que l’image qu’on a donné d’Ekloz lui faisait peur, et que ça a créé beaucoup de haine sur les réseaux. »

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