Dans un petit village du Sud, Dog et Mirales traînent et divaguent ensemble depuis l’enfance. Le premier, taiseux et doux, semble toujours s’excuser d’exister ; le second, bravache, logorrhéique, brillant et insupportable de mauvaise foi occupe tout l’espace pour ne pas laisser voir ce qui le ronge. L’arrivée d’Elsa, dont Dog tombe amoureux, vient fissurer cette amitié faite d’habitudes, de domination tendre et de cruautés ordinaires. On a beaucoup parlé, à la sortie du film, de la révélation Raphaël Quenard, et de son énergie comique, imprévisible, presque épuisante. Mais Chien de la casse vaut tout autant par le jeu plus secret d’Anthony Bajon et de Galatéa Bellugi : lui dans une timidité bouleversante, elle dans une douceur qui n’a rien de décoratif. Jean-Baptiste Durand filme ainsi la jeunesse des villages, l’ennui, les liens qui enferment autant qu’ils sauvent. Un premier film drôle, mélancolique, d’une grande justesse sur ces amitiés masculines qui ne savent pas toujours comment devenir de l’amour sans se charger de violence.
Vendredi 21 août
Place Mirabeau - L'Île
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